Matriarcat Gouin (Burkina Faso et Côte d’Ivoire) : de la chance d’être captif dans une société matrilinéaire

Gouins, Mbouins, Gwis, CiraÕbas : Société matrilinéaire vivant sur la frontière burkinabé-ivoirienne de près de 50 000 individus. Le statut social et les biens meubles se transmettent selon la logique matrilinéaire, les droits d’usage sur la terre et l’unité de résidence de père en fils. Le prêtre des rituels agraires, descendant en ligne agnatique de l’ancêtre fondateur du village, était la seule autorité vivante jusqu’à la création de chefferies à l’époque coloniale.

L’adoption des prisonniers de guerre

La société gouin est matrilinéaire et patrilocale : elle se compose de six matri-clans dispersés. Chaque individu reçoit son nom de sa mère. Dans la société gouin, lignagère, matrilinéaire et dysharmonique, les captifs étaient immédiatement intégrés au matrilignage de leur acquéreur et leurs conditions de vie étaient comparables à celles de leurs parents adoptifs. Les captives étaient mariées au sein du lignage et donnaient aux maîtres gouin des fils qui étaient en même temps des neveux, ce qui permettait de réunir dans les mêmes mains héritage foncier et biens monnayables. Les fils de captives étaient ainsi avantagés par rapport aux fils libres. Le captif pouvait remplacer son maître dans toutes les circonstances de la vie, ce qui lui a souvent permis de jouer des rôles rituels et politiques très importants.