Matriarcat Guanche (îles Canaries) : une mystérieuse civilisation paléo-berbère dédiée à la Grande Déesse

Une civilisation mystérieuse

 Les Guanches (berbère Igwanciyen) sont les premiers habitants connus des îles Canaries. Leur culture a disparu en tant que telle, mais a laissé quelques vestiges. Ils cultivaient le blé et vivaient dans des villes. Ils possédaient un système d’écriture et leur alphabet ressemblerait au phénicien. Ils avaient des rois, des prêtres et une noblesse, ils adoraient une divinité féminine, édifiaient des pyramides et embaumaient leurs morts. Ils étaient blonds aux yeux bleus et très grands. Les Guanches étaient des hommes de plus de deux mètres, à la peau claire, vivant de l’élevage et de l’agriculture avant la venue des colons espagnols.

Exterminés par les espagnols

L’absence de toute trace d’une pénétration de l’islam parmi les populations qui vivaient là à l’arrivée des Espagnols laisse penser qu’il s’agirait de la plus lointaine migration vers l’ouest de Berbères survenue entre l’époque de Pline l’Ancien et la conquête musulmane du Maghreb du VIIe au IXe siècle. Ils savaient manier avec adresse leurs armés et s’avérer de terribles guerriers en cas d’agression. Les Espagnols l’ont appris à leurs dépens. Malgré leur supériorité militaire écrasante, ils n’ont réussi à les soumettre qu’avec beaucoup de peine. Bien que redoutables guerriers, la quasi totalité des Guanches périrent massacrés en résistant à la conquête espagnole, la plupart des survivants furent vendus comme esclaves, beaucoup aussi embrassèrent de force la foi catholique et s’unirent par mariage aux conquérants. Les différents peuples Guanches disparurent, ainsi que leurs langues et leur culture.

Une société libertine

La société guanche serait de type matriarcal. Quant à l’organisation politique, elle variait d’une île à l’autre, le chef (Aguellid) était soit intronisé par hérédité soit nommé par un conseil collégial. La chasteté monogamique n’y était point une vertu. La femme était au contraire honorée d’après le nombre de ses amants, qui se succédaient à jours fixes, ou qui cohabitaient avec elle pendant une révolution lunaire. La polyandrie était courante autrefois chez les Guanches aux îles Canaries.

Une religion de la Déesse-Mère

Les Guanches prenaient un grand soin de leurs morts qu’ils embaumaient avec une étonnante habileté mais on sait peu de choses sur leurs croyances païennes, leurs dieux et déesses. Les femmes adoraient une déesse nommée Moneiba. Traditionnellement, les dieux et déesses vivaient au sommet des montagnes d’où ils descendaient pour écouter les prières des fidèles. Dans les autres îles, les habitants vénéraient le Soleil, la Lune, la Terre et les étoiles. Leurs principales fêtes et rites étaient orientés vers la déesse-mère Chaxiraxi (celle qui porte celui qui possède le monde), et à l’esprit suprême et créatif. La déesse guanche a ensuite été christianisée et renommée Vierge de la Chandeleur. Ses prêtresses gardent le Feu Sacré, dans les cérémonies publiques elles portent les offrandes dédiées à la Déesse, elles effectuent le baptême des filles, elles veillent sur les patients, les prisonniers, les affligés et les marginaux de la communauté ou du territoire. Chaque Communauté ou Temple est dirigé par une Grande prêtresse. Les Kankus, sont des prêtres qui veillent sur le culte de la Déesse-Mère sous la forme de Magec, la Déesse-Soleil.

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