Matriarcat Lunda (Afrique centrale, Congo) : le rôle de l’impératrice dans la transmission du pouvoir

Le peuple Lunda

Les Lundas (ou BaLunda, le préfixe ba étant la marque du pluriel) sont un peuple d’Afrique centrale et australe, présent dans le sud de la République démocratique du Congo (Katanga), dans le nord de la Zambie et dans l’est de l’Angola. D’un point de vue culturel et linguistique, ils sont proches de leurs voisins Lubas qui les ont longtemps dominés politiquement. Au 16e et 17e siècles, leur royaume était l’un des plus puissants d’Afrique centrale. Il s’est étendu au siècle suivant grâce au commerce du sel, de l’ivoire, du cuivre et des esclaves, mais son déclin s’est amorcé au XIXe siècle. C’est un peuple d’agriculteurs bantous. Comme leurs voisins Lubas, ils cultivent le maïs et le mil, mais travaillent aussi dans les mines et les industries du Katanga.

Un empire matrilinéaire

Le royaume Lunda ou empire Lunda est un empire africain occupant l’actuel Katanga, l’Angola oriental et le nord de la Zambie. Ils étaient dirigés par un empereur ou une impératrice (une numi) désigné(e) par un conseil. Le peuple Lunda réside sur le territoire de l’ancien empire. On distingue parmi eux les Lundas de Kazembe, appelés Lundas de l’est, qui parlent une langue différente, proche de celle de leurs voisins Bembas.

Les 2 mères du roi

Malgré l’influence patrilinéaire luba, le régime royal lunda a toujours gardé une composante matrilinéaire, comme en témoigne le rôle de l’impératrice dans la transmission du pouvoir. Le roi avait traditionnellement deux mères, la Swan Murund (mère du côté droit), mère symbolique de la société perpétuant le rôle de Ruej, stérile, et la Rukonkesh (mère du côté gauche), reine-mère chargée d’élever les enfants et perpétuant le rôle de Kamonga. Avec la première et la deuxième épouses, nommées respectivement Muadi et Temena, elles constituaient les quatre dignitaires femmes les plus importantes de la Cour. L’influence patriarcale se manifeste aussi par la pratique de l’excision des jeunes filles, visant à préserver leur chasteté dans le mariage.

Un système de lignage non unifié

Chez les Lunda, le système de descendance n’est pas unifié ; au sud, à cause du voisinage des Tchokwe matrilinéaires, la famille de la mère joue un rôle privilégié ; au nord, la proximité des Luba fait préférer la famille du père. Ces deux influences engendrent dans la capitale Musumba un système bilatéral, les parentés agnatique et utérine ayant une même importance sociale et politique. L’enfant appartient aux deux parentèles et peut choisir de résider dans l’une ou l’autre. Il en résulte une moindre importance des clans, nécessairement unilatéraux.

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