Matriarcat Ngazidja (Grande Comore) : mariage ambulant matrilocal dans une société islamique

La Grande Comore est composé en 11 sultanats. Les sultanats ne sont pas transmis simplement de père en fils, dans la culture des Comores, la transmission du patrimoine est matrilinéaire. En suivant la Moyen-orientale, le transmission des noms et le titre de Charif, eux, sont patrilinéaires. Il existe deux principales lignées au Comores, celle d’Isandra et celle de Bambao. La matrilinéarité empêchant le véritable contrôle d’une lignée par une autre. La tradition ne permet pas au femme de gouverner, le trône revient donc souvent aux oncles maternelles.

La sultane des Comores

L’une des grandes reines de Ngazidja, Wabedja II marqua l’histoire de l’île par ses convictions et sa finesse d’esprit. Elle fut la première sultane de Ngazidja. Son règne fut une période florissante de prospérité multiforme et d’épanouissement général.

Une société matrilinéaire islamique bantou

Dans l’archipel des Comores, l’île de Ngazidja (Grande Comore) révèle des situations inédites où la matrilinéarité s’entremêle avec des principes contraires. La société est musulmane, les grandes fêtes de l’islam rythment le calendrier, le mariage est contracté devant le cadi. Et grâce au système d’âge d’origine africaine, les hommes s’organisent en une assemblée politique qui gouverne la cité.

La population des Comores, pour une grande part d’origine ethnique bantou, est essentiellement musulmane sunnite de rite chaféite. La religion structure en grande partie la société, mais de nombreuses coutumes et schémas sociaux propres aux peuples d’Afrique de l’Est (culture swahilie), sont profondément ancrés dans la vie de tous les jours :

  • Famille matrilinéaires et également matrilocales (la maison appartient à la femme)
  • Regroupement par classe d’âge et rites initiatiques ou de passages…
  • Chaque Comorien, possède un lien très fort avec son village d’origine (ethnie) et entretient des liens privilégiés avec les membres de son village.
  • La tradition de l’accueil et de l’hospitalité.

Mariage ambulant polygame

La société Comorienne est, au même titre que la population, un mélange de traditions musulmanes et africaines matriarcales. Ainsi, si la polygamie est autorisée et pratiquée, les femmes ne vivent pas toutes sous un même toit et chacune possède la maison qu’elle habite. C’est à l’homme de se déplacer s’il désire voir l’une ou l’autre de ses épouses. C’est également au père de construire la maison de sa fille. On verra ainsi beaucoup de maison Comorienne dont le toit est plat avec des barres de fer à béton dépassant, prêtes à être utilisées pour poursuivre la construction d’un second étage.

Auto-gestion communautaire

Le principe de filiation matrilinéaire étonnamment vivant à Ngazidja (la Grande Comore) se trouve combiné à d’autres caractéristiques, notamment à un système politique masculin fondé sur l’âge et la génération, qui produit dans chaque « cité » une assemblée gouvernant celle-ci de manière autonome. L’islam, la présence de patrilignages de descendants du Prophète, l’existence de trois divisions sociales constituent d’autres éléments pertinents de l’organisation sociale.