Matriarcat Peul-Wodaabe (Niger) : les femmes Bororo choisissent leurs amants à la fête du Geerewol

Les Wodaabe (peul : Woɗaaɓe, singulier Boɗaaɗo) sont un sous-groupe du peuple peul (peul : Fulɓe; anglais : Fulani ou Fula). On les désigne parfois sous le nom de Bororos – à ne pas confondre avec les Bororos d’Amazonie – ou Mbororo, et le choix de l’ethnonyme ne fait pas l’unanimité. Les Bororo sont traditionnellement des éleveurs nomades et des marchands, dont les migrations les mènent du sud du Niger, au nord du Nigeria, dans le nord-est du Cameroun, au sud-ouest du Tchad et les régions occidentales de la République centrafricaine. Depuis quelques années ils pénètrent également au Congo-Kinshasa dans les régions du Bas-Uele et du Haut-Uele, frontalières de la Centrafrique et du Soudan.

Un peuples esthétique

Les Wodaabe du Niger sont réputés pour leur beauté (aussi bien les hommes que les femmes), leur artisanat élaboré et leurs riches cérémonies. Comparativement à d’autres populations africaines, ils ont été abondamment décrits, photographiés et filmés. On note chez eux des survivances de l’ancien matriarcat malgré l’islam. L’héritage est utérin (matrilinéaire). Chez les Peuls Bororos, lors du worso « fêtes du Printemps », les hommes dansent le Geerewol où les femmes, même mariées, peuvent choisir un amant ou un fiancé. Les femmes mariées qui assistent aux cérémonies de la Geerewol font parfois preuve d’une grande liberté de choix et il leur arrive de disparaître avec un beau danseur.

Commettre l’erreur du mariage

Les Wodaabe (autre nom des Bororos) sont des monogames « successifs » avec nombreux divorces ou séparations. Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un teegal « épousailles ». Chez les Wodaabes, la mariée reste avec son mari jusqu’à ce qu’elle soit enceinte, retournant alors chez sa mère, où elle reste pendant 3 à 4 années. Elle donne naissance à l’enfant chez sa mère et devient alors une boofeydo ce qui signifie littéralement, « quelqu’un qui a fait une erreur ».

Mariage le temps d’une nuit

Concrètement, il n’y a pas réellement de mariage. Les anthropologues orthodoxes voient un mariage là où il n’y a que concubinage ou coucherie le temps d’une nuit. L’enfant appartient au clan de la mère, et les femmes choisissent leur amant lors des fêtes villageoises où les hommes exhibent leur beauté.