Matriarcat sabéen (Yémen & Ethiopie) : une reine fille de la déesse soleil qui a émerveillé les hébreux

Un grand royaume

La reine de Saba (en arabe : ملكة سبأ ; en Ge’ez : ንግሥተ ሳባ, Nigiste de Dely Ibrahim (Nəgəstä Saba); en arabe Keri, malika-t Sabaʾ), est un personnage que l’on retrouve dans plusieurs récits et qui aurait régné sur le royaume de Saba, situé au Yémen ou en Éthiopie. Saba ou Sheba, est un royaume légendaire qui aurait existé entre le Yémen et l’Éthiopie vers le XIIIe siècle avant JC, et dirigé par une grande reine. Les traditions éthiopiennes l’appellent Makéda, celles du Yémen Balqama, et celles de l’islam Balqis ou Bilqis (du grec ancien pallax, pallakis : concubine). Dans la Bible, on l’appelle « Reine de Midi ». Certains la dénomment également Cassiopée, l’associant à la reine éthiopienne du même nom dans la mythologie grecque.

La fille de la déesse soleil

La légende arabe attribue la naissance de Balqis d’une mère djinn nommée Umeira. L’histoire existe aussi chez les Perses, pour qui elle est la fille d’un roi chinois et d’une péri (un type d’être surnaturel). Pour le Coran, Sourate 27, versets 23 à 442, la reine n’était pas fidèle à Dieu et son peuple se prosternait devant le Soleil. Les sabéens vénéraient la déesse du soleil dont le culte était gardé par des prêtresses. C’est pour cela que Salomon l’avait invitée. Puis elle s’est convertie à « la foi dans le Dieu unique.

Une femme libre, donc diabolique

Les nombreux récits relatent sa visite auprès du roi Salomon. Elle est décrite comme une femme sublime, d’une profonde sagesse et d’une haute intelligence par certains (matriarcaux ?), et comme une magicienne tentatrice par d’autres (patriarcaux ?). On raconte qu’elle avait des sabots de bouc ou d’âne, probablement diabolisée ainsi parce qu’elle était femme dirigeante, et païenne (elle vénérait le soleil et les étoiles), mais aussi parce qu’elle n’était pas mariée, et qu’elle devait probablement avoir des amants. Pour le vérifier, le roi Salomon la testa, en la faisant entrer par une porte de son palais faite de verre et de marbre bleu. Le sol imitait si bien l’eau que la reine fut trompée, et pour passer l’eau factice elle remonta sa robe, dévoilant ses jambes…

La fondatrice de la monarchie éthiopienne

On raconte qu’elle était si belle que Salomon lui proposa de l’épouser, ce qu’elle refusa. Par une ruse, le roi la contraint à partager sa couche. Elle resta auprès de lui pendant 6 mois avant de rejoindre son royaume. Elle y mit au monde un fils, né de son union avec Salomon, Ménélik (ou Ibn el Hakim), fondateur de la dynastie éthiopienne des Salomonides, dont se réclame le dernier empereur d’Éthiopie, Hailé Sélassié (1930 – 1974).

Le temple de la reine de Saba

Lors de fouilles dans le désert au nord du Yémen, un temple vieux de 3 000 ans, nommé Mahram Bilqis a été découvert. Selon les archéologues, il s’agit d’un site sacré utilisé par les pèlerins entre -1200 et 550. Le temple est situé près de l’ancienne ville de Marib, capitale du Royaume de Saba selon la Bible et la tradition musulmane, et pourrait constituer une preuve de l’existence de la reine de Saba.

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