Matriarcat Tchokwé et Ovambos (Congo, Namibie, Angola) : l’ancêtre féminin initiatique

Les Tchokwés (ou Tschokwe ou Chokwe) sont un peuple bantou d’Afrique centrale et australe, surtout présent en République démocratique du Congo et en Angola, et à un moindre degré en Zambie. Quelques milliers vivent aussi en Namibie.

Ethnie la plus importante de l’Angola oriental; ils sont aussi au Congo et en Zambie. Se mêlant aux Lunda, la société Tshokwe évolua rapidement au cour des XIX et XIX ème siècle. Peuple bantou, matrilinéaire, leurs danses les plus connues sont celles de Mikishi. Elles s’exécutent avec différents masques. Le peuple chokwé ont leur dieu nommé kalunga qui symbolise la création et la puissance extrême. Certains esprits du peuple chokwé appartiennent à l’individu, à la famille ou a tout le village.

Le mukanda : rite de passage d’initiation du jeune garçon par lequel il entre dans la vie adulte est une des célèbres institutions des Tshokwe. La danse commence dans le maquis «des tundanji», jeunes initiés et circoncis ; ensuite la chorégraphie descend au village à la fin de leur «formation» pour faire cette grande danse de retour des mingandji dans le village. Si au début de la fête-cérémonie les danseurs protagonistes sont masqués, à la fin ils sont à visages découverts dans le grand cercle de la fête au village, symbolisant ainsi leur réintégration dans la société et la continuité des traditions.

Le masque Pwo, l’ancêtre féminin

« Le masque Pwo, qui signifie femme, fait revivre le premier ancêtre féminin dans une société Tschokwé matrilinéaire. Lorsqu’un danseur demande à un sculpteur de lui réaliser un masque Pwo, il lui présente symboliquement un anneau de cuivre, prix de la « fiancée ». Il conclut ainsi une sorte de mariage mystique avec le masque. Dans l’isolement d’une retraite, l’artiste exécutera la sculpture du masque. Le costume, d’un lourd macramé de cordelettes végétales, est enrichi de parures et comporte de faux seins. Sur ce masque une scarification médiane, appelée Kangongo, divise le visage. Les larmes traditionnelles s’inscrivent sur les joues. […] La danse féminisée nécessite comme accessoire un chasse-mouches ou une crécelle. Ce masque intervient dans les rites d’initiation des garçons qui portent le nom de Mukanda. » (« L’âme de l’Afrique » de Serge Diakonoff publié par Les Éditions de l’Amateur / Georges Naef)

Matriarcat OvambosLes Ovambos sont un peuple bantou d’Afrique australe établi en Namibie et en Angola. Le peuple Ovambo compte approximativement 1 000 000 d’individus. Originaires des régions supérieures du Zambèze, les Ovambos sont de la famille des Bantous et n’ont immigré vers l’actuelle Namibie que vers 1550. L’Ovamboland était un bantoustan autonome situé au Nord de l’actuelle Namibie entre 1973 et 1989. Il regroupait des Africains de l’ethnie Ovambo.

La filiation est matrilinéaire et l’on pratique la polygynie. Les Ovambo sont nombreux à avoir adopté le christianisme dont le dieu unique s’est substitué au leur, Kalunga. Ils n’en conservent pas moins certains traits de la religion traditionnelle des ancêtres marquée par la croyance en l’intervention de ces derniers dans la vie quotidienne.

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