Matriarcat Yao (Malawi) : une société matrilinéaire métissée et islamisée

On compte environ 1,9 million de Yao dans les années 2000, répartis entre le sud du Malawi (où ils constituent 10% de la population totale), le sud de la Tanzanie et la région comprise entre les fleuves Rovuma et Lugenda au Mozambique (3  p. 100 de la population). Ils n’ont pas d’autre unité que culturelle et linguistique. Divisés en nombreux lignages, ils sont dirigés par des chefs dont les fonctions étaient à l’origine militaires et commerciales. Tout au long du XIXe siècle, ils se sont, en effet, livrés au pillage et au commerce des esclaves. En relation étroite, depuis le XIIIe siècle, avec les commerçants arabes, les Yao se sont en majorité convertis à l’islam. Le métissage avec les esclaves razziés, d’une part, et les Arabes, d’autre part, fait des Yao une population physiquement très hétérogène.

La filiation est matrilinéaire et le mari va vivre dans le village de sa femme. Malgré la conversion à l’islam, le fond animiste reste important. L’agriculture sur brûlis est assez médiocre. L’élevage se limite aux animaux de basse-cour et à quelques chèvres. La pêche, dans le lac Nyassa, et la chasse jouent un rôle essentiel pour l’équilibre alimentaire. Très indépendants, les Yao du Malawi et de Tanzanie ont été soumis tardivement à l’autorité anglaise et allemande. Quant aux Portugais, ils n’ont pu établir un semblant de domination sur le nord du Mozambique qu’à partir de 1912. Les Yao participèrent activement à la lutte armée pour l’indépendance lancée en 1964. Ils bénéficièrent du soutien actif de leurs congénères de Tanzanie et du Malawi.

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