Matriarcat Yoruba-Nago (Niger, Nigéria, Bénin, Ghana, Togo) : la fête de la déesse-mère du Gèlèdé

Les Yorubas (Yorùbá) sont un grand groupe ethnique d’Afrique, surtout présent au Nigeria, sur la rive droite du fleuve Niger, mais également au Bénin, au Ghana et au Togo.

Le Gèlèdé est pratiqué par la communauté Yoruba-nago établie au Bénin, au Nigeria et au Togo. Depuis plus d’un siècle, cette cérémonie a pour but de rendre hommage à la mère primordiale, Iyà Nlà, et au rôle que jouent les femmes dans l’organisation sociale et le développement de la société Yoruba.

Vidéo : Le patrimoine oral Gèlèdé

La cérémonie assure la transmission d’un patrimoine oral mêlant poésie épique et lyrique, usant dironie, de dérision de masques satiriques. Des figures danimaux sont souvent utilisées, tels le serpent, symbole de pouvoir, ou l’oiseau, messager des « mères ». La communauté est organisée en groupes d’hommes et de femmes, respectivement dirigés par un et une responsable. Cest la seule société de masques connue à être également dirigée par des femmes. Bien que le Gèlèdé se soit adapté à la société plus patriarcale daujourdhui, son patrimoine oral et ses danses témoignent de l’ancien ordre matriarcal.

La mère-sirène dont les enfants sont comme les poissons

Dans la mythologie yoruba, Yemoja est une déesse mère ; elle est la divinité protectrice des femmes, et tout particulièrement des femmes enceintes. Yemaya a toujours existé et que toute vie est née d’elle. Son nom est la contraction des mots yoruba « Yeye emo eja », qui signifient « La mère dont les enfants sont comme les poissons », évoquant ainsi l’immensité de sa fécondité et de sa maternité, ainsi que son règne sur toute chose vivante. Elle est la reine du monde aquatique, parfois représentée comme une sirène, ou plus souvent comme une créature fabuleuse émergeant des flots.