Matriarcat Aléoute (Inuit d’Alaska) : un peuple de chasseurs du grand nord

Les Aléoutes était un peuple très noble et respectueux de leurs valeurs. Les Aléoutes ont eu de nombreux chefs et étaient matriarcaux. Ils ne se laissaient diriger que par la femme qui était choisi ou descendante d’un ancien chef.

Malgré les influences extérieures, les Aléoutes ont conservé un mode de vie traditionnel jusqu’au début du XX ème siècle. Les Aléoutes habitaient des barabaras, de vastes maisons semi-souterraines. Lillie McGarvey, un chef Aléoute du 20 ème siècle, a écrit que ces habitations «gardaient les occupants à l’abri des pluies fréquentes, étaient tout le temps chaudes, et bien abritées des vents forts particuliers à cette zone».

Les Aléoutes pêchaient et chassaient les mammifères marins, tels que les loutres, les otaries et les baleines. La chasse était précédée de rites ancestraux trouvant leur source dans la mythologie aléoute. Les chasseurs se déplacaient en baïdarkas, les kayaks locaux, adaptés aux conditions de navigation très difficiles des îles Aléoutiennes. Ils utilisaient divers harpons garnis de flotteurs et parfois agrémentés d’un propulseur. Leur technique de chasse à la baleine les rendit célèbres : ils harponnaient l’animal depuis leurs baïdarkas et anticipaient son lieu d’échouage.

La fabrication d’armes, la construction de bateaux et le tissage font partie des arts traditionnels des Aléoutes. Les artisans du 19 ème siècle étaient connus pour leurs chapeaux en bois décoré en forme de cône asymétrique dotée d’une grande visière protégeant les yeux. Ces coiffes comportaient des dessins raffinés et colorés et pouvaient être ornés de moustaches d’otaries, de plumes et d’ivoire. Les couturières créaient des parkas imperméables finement cousues à partir de boyaux de phoques (kamleikas) ; certaines femmes maîtrisent encore l’art du tissage de paniers à partir de seigle et d’herbe poussant sur le rivage.
De nos jours, les Aléoutes vivent essentiellement de la pêche commerciale. Ils pratiquent également la chasse au phoque.

Tabou de l’inceste utérin : Le mythe du viol du Soleil

Malina est la déesse du soleil des Inuits qui habitent au Groenland. Le mot « Inuit » signifie  « personnes. » Malina et son frère, le dieu Anningan  vécurent  ensemble. Puis ils se sont  battus en un combat terrible et Malina a écarté son frère dont le visage était sale et noir de graisse. Par crainte, elle a couru dans la mesure où elle a pu dans le ciel et est devenue le soleil Anningan chassé  est devenue la lune.  Anningan oublie souvent de manger. Chaque mois, la lune disparaît pendant trois jours tandis qu’Anningan mange. Il repart alors  chasser sa soeur de nouveau.
Anningan chasse continuellement sa soeur, Malina, la déesse du soleil, à travers le ciel. Pendant cette chasse, il oublie de manger, et il devient beaucoup plus mince. Il est le  symbole des phases de la lune, en particulier  celui du  croissant. Pour satisfaire sa faim, il disparaît pendant trois jours chaque mois (nouvelle lune) et puis repart chasser sa soeur encore une fois. Malina veut rester loin de son mauvais frère. C’est pourquoi ils se lèvent et à différentes heures.

Les Inuits, ont une légende qui met en scène un dieu lunaire et une déesse solaire. Ils sont frère et sœur, et vivent ensemble depuis l’origine du monde, dans une entente qui à défaut d’être parfaite, est bonne. Ils se partagent le ciel, et il fut un temps où les heures des nuits et des jours, étaient à nombre égal. C’était avant le vent de folie qui souffla sur Anningan, qui perdit la raison et s’éprit violemment de sa sœur. Un jour, alors que la déesse solaire Malina s’y attend le moins, son frère, le dieu lunaire Anningan la viole. Alors, la déesse Malina s’enfuit, et commence une chasse et une course, qui n’en finissent plus, depuis. Elle n’a de cesse de fuit son horrible frère, qui la poursuite de ses incestueuses assiduités.

La nuit de l’attaque d’Anningan contre sa sœur Malina, à eu des répercussions importantes. Ils ne vécurent plus jamais en harmonie, et les jours et les nuits ensuite, n’eurent plus le même nombre d’heures en tout temps, toute saison. Anningan avait brisé le cœur de sa sœur, rompu leur lien de confiance et rompu l’harmonie des jours et des nuits. Malina cette nuit-là, n’avait pas subi les outrages de son frère sans se débattre farouchement, et d’ailleurs on raconte que durant le combat qu’elle mena pour sauvegarder sa vertu, une lampe pleine à ras bord d’huile de phoque, s’est renversée et à couvert les mains de Malina, de noir. De ses mains noircies, alors qu’il commettait son crime, la déesse du soleil parvint à repousser son frère échoué sur son corps et repu. Ce faisant, de ses mains sales, elle laissa sur son visage blanc, des taches noires. Ensuite, elle prit la fuite et courut le plus loin possible, pour ne plus jamais être rejointe et prise de force à nouveau, par son odieux frère. Les Inuits racontent que les taches sur la Lune, sont les traces noires laissées sur le visage d’Anningan, pas sa sœur Malina.

Anningan s’est lancé à la poursuite de Malina, et n’a de cesse depuis, de la poursuivre éternellement. Forcené, son éternelle poursuite fait de lui un être de plus en plus maigre et décharné, à chaque nuit qui passe. C’est ainsi que les Inuits explique que la Lune s’amincit de soir en soir chaque mois à partir de sa phase décroissante. À la fin du mois, quand Anningan disparaît soudain, réduit à une taille famélique indicible, les Inuits racontent qu’il quitte trois jours, chaque fois (chaque mois) pour aller se sustenter, manger et refaire ses forces, pour mieux revenir pourchasser sa sœur. Chaque nuit sans lune, il refait ses forces pour mieux reprendre sa terrible course.

Depuis le viol du soleil, la déesse solaire Malina se tient le plus loin possible de son frère, et c’est ce qui explique qu’ils se lèvent à des moments différents, marquants les jours et les nuits. C’est depuis ce temps aussi, que les saisons sont si marquées par une grande noirceur qui perdure des mois, et un soleil haut qui perdure des mois, à son tour, l’autre portion de l’année.

Source :
Inuit Mythology par Evelyn Wolfson (auteure) et William Sauts Bock (illustrateur)
Éditions Barnes and Noble

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