Matriarcat Anasazi (Sud-Ouest des États-Unis) : des cités Pueblos égalitaires, où règnent les mères et les oncles

Les Anasazis sont des Amérindiens du sud-ouest de l’Amérique du Nord qui étaient répartis en plusieurs groupes dans les États actuels du Colorado, de l’Utah, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Ils seraient apparus vers le VIIIe siècle ap-JC, et seraient disparus avant l’arrivée des européens. Actuellement, les descendants des Anasazis, les Zuñis et les Hopis de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, perpétuent certaines de leurs traditions.

La mère possède les enfants, le foyer, et la terre

La société devait probablement ressembler à celle des Pueblos actuels. La société des Anasazis s’organise selon un système matrilocal (le couple s’installe sur le lieu de résidence de la mère de l’épouse) et matrilinéaire. Ce sont les femmes qui possèdent le patrimoine familial, maison et champs. Le mari doit intégrer le clan de sa femme. La femme peut divorcer. Les archéologues ne sont pas certains que les Anasazis vivaient en clans. Ils penchent plutôt pour une organisation égalitaire, sans groupes sociaux hiérarchisés.

Une société sexiste matriarcale

Bien que les hommes soient les seuls à pénétrer dans la kiva, édifice en partie souterrain où se pratiquent les rites sacrés, la société des Anasazis s’organise selon un système matriarcal (le couple s’installe sur le lieu de résidence de la mère de l’épouse) et matrilinéaire. Ce sont les femmes qui possèdent le patrimoine familial, maison et champs, où sont cultivés la courge, le maïs et le haricot importé de la Méso-Amérique, dont l’influence a toujours été essentielle dans l’évolution matérielle des Anasazis.

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Le mari inférieur à l’oncle maternel

Les règles matrilocales des Indiens Pueblo établissent une autre ligne de parenté, combinée avec la possession de la maison par les femmes. Le noyau de la maison se compose de la grand-mère maternelle, de la mère et des tantes maternelles, des frères célibataires de la mère et de tous les enfants des femmes adultes. Le mari vit dans la maison de sa femme, mais sans droits de résidence bien établis; en cas de divorce, il doit s’en aller et retourner à sa maison natale que possède sa mère ou l’une de ses soeurs. Un homme, même après son mariage, continue donc à regarder la maison de sa mère, plutôt que celle de sa femme, comme la sienne propre. De cette manière, dans toute famille, les enfants sont en rapports constants avec leurs oncles maternels dont le statut est admirablement décrit par l’anthropologue Melle Freire-Marreco : « Ils prennent tout naturellement place au repas, amènent des invités, se comportant comme les seigneurs et maîtres de la maison, et cela quoiqu’ils ne contribuent nullement (s’ils sont mariés) à l’entretien matériel du ménage, car ils ont à fournir en maïs, viande et bois les maisons de leurs propres femmes. » Ils gardent leurs instruments et ornements sous le toit maternel et peuvent adresser des reproches aux enfants de leurs soeurs dont ils sont en droit d’exiger obéissance.