Matriarcat Navajo : totems et déesses, le cordon ombilical et le placenta relient à la Terre-Mère

Les Navajos (ou Navahos) constituent un peuple amérindien d’Amérique du Nord de la famille linguistique athapascane et de la zone culturelle du sud-ouest. Les Navajos vivent aux États-Unis, dans des réserves du nord-est de l’Arizona et des régions contigües du Nouveau-Mexique et de l’Utah. Ils sont étroitement apparentés aux Apaches.

Une langue secrète

Ils rejettent le nom de Navajo pour celui de Dineh ou Tinneh. Famille linguistique athapascane, zone culturelle du Sud-ouest. Langue très complexe, parlée par la plus importante population amérindienne actuelle. Elle fut utilisée comme code secret des transmissions militaires américaines pendant la seconde guerre mondiale. Chef célèbre : Natani.

Territoire et subsistance

Les Navajos vivent aux Etats-Unis, dans des réserves du Nord-est de l’Arizona et des régions contiguës du Nouveau-Mexique et de l’Utah. Ils sont étroitement apparentés aux Apaches. Les Navajos, eux, vivaient dans une zone plus aride et leur mode de vie était légèrement différent : bien que semi-nomades (de façon saisonnière), ils pratiquaient l’agriculture. On pense qu’ils venaient du nord et se sont installés dans le Sud-ouest des Etats-Unis au cours du XVIe siècle. Au XVIIe siècle, les Navajos, influencés par la civilisation des pueblos, étaient devenus un peuple pastoral, avec une économie fondée en grande partie sur l’élevage et la chasse.

Lire Permaculture matriarcale universelle : les trois sœurs – les femmes gardiennes des semences

Premiers contacts avec les européens

Ils entrèrent en conflit avec les colons espagnols et les Mexicains au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Leur contact avec les Espagnols fut limité mais important ; ces derniers introduisirent les chevaux, les moutons et les chèvres, qui devinrent des éléments vitaux de l’économie navajo.

Matrilinéaire et sexuellement tolérante

Toute la vie sociale de la tribu est agencée autour des femmes, dans lequel titres, noms et propriété sont transmis par lignage féminin. Leurs sociétés étaient « matrilinéaires » (l’appartenance au clan était déterminé par la mère), et « matrilocatives » (un homme habitait avec la famille de sa femme). Les femmes étaient celles qui possédaient les habitations et les terres.

Une société clanique exogamique

L’unité sociale de base est une famille élargie dont les membres ont une gamme complète de responsabilités. Les Navajos se divisent en plus de cinquante groupes, et leur mode de filiation est transmis par les femmes (clans matrilinéaires). Les Navajos ne doivent ni se marier ni même sortir avec un membre de leur propre clan : cette obligation constitue un véritable tabou. Une femme du groupe ne peut pas épouser un membre de son clan mais doit rejoindre l’un des cinquante groupes navajos dispersés dans la vaste réserve. On trouve de véritables unions homosexuelles masculines chez les Navajo.

Des maisons traditionnelles utérines

Les maisons comme les enfants appartiennent aux femmes. Les hommes ne sont que des invités. Bien qu’il existe des logements modernes dans la réserve, de nombreux Navajos continuent à construire les hogans traditionnels et à y vivre. Il s’agit de maisons coniques faites d’une armature de bois et recouvertes de terre, pourvues d’un trou pour la fumée au sommet et d’un passage étroit et couvert servant d’entrée. Ces habitations, appelées « hogan », étaient typiques de la région : en forme de dôme, elles étaient constituées d’une structure de bois recouverte de terre et de sable qui conservaient la fraîcheur. La forme circulaire et arrondie du hogan évoque une certaine conception du monde chez les Navajos, dont l’importance de la femme (enceinte) dans cette culture matrilinéaire.

Une religion animiste polythéiste matriarcale

Les Navajos croient que les humains descendent d’un ancêtre féminin. La religion navajo est fondée sur le culte des vents et des cours d’eau, et fait appel à un certain nombre de dieux qui interviennent occasionnellement dans les affaires humaines. Ces dieux sont fréquemment invoqués ; des offrandes leur sont faites et des danses cérémonielles sont exécutées dans lesquelles ils sont représentés par des hommes peints et masqués. Les chansons, les incantations, les prières et les peintures de sable font aussi partie de rituels religieux complexes, et il existe une vaste mythologie.

Le cordon ombilical et le placenta relient à la Terre-Mère

La religion Navajo considère la planète comme une mère spirituelle. Les familles spirituelles sont composées non seulement des humains mais aussi des animaux et des divinités appelées peuple saint. Les interrelations entre les êtres humains et la nature sont essentielles à la culture Navajo, comme le sont les relations entre les gens et les lieux spécifiques. La relation d’une personne à la ville natale et de la terre commence après la naissance, lorsque le cordon ombilical et le placenta sont enterrés sur cette terre. Les Navajo éprouvent un profond sentiment d’appartenance vis-à-vis de l’endroit où leurs cordons ombilicaux sont enterrés.

Des déesses créatrices et initiatrices

Des aiguilles jumelles dressées dans le canyon de Chelly, en Arizona, ont une grande importance pour le peuple Navajo, car c’est ici qu’habiterait une de leurs principales divinités, la Femme Araignée. Selon la légende, celle-ci aurait transmis son art du tissage à la Femme qui Change. Cette autre divinité à l’origine, elle, de la création des Navajos aurait filé une toile d’arcs-en-ciel entre les deux pics et les parois qui les entourent. Il existe également une vaste mythologie décrivant l’origine des êtres humains par le dieu Coyote créateur du premier homme et de la première femme à partir d’épis de maïs.

Estsanatlehi «La femme qui change» est la déesse des Indiens Navajo. Elle est considérée dans cette tribu, comme la créatrice des humains. Parfois appelée une déesse de la Terre, mais c’est plutôt divinité des saisons. A l’instar des déesses de la fertilité dans de nombreuses mythologies, elle est vieille en hiver et retrouve une certaine jeunesse au printemps. C’est la divinité la plus respectée des Indiens Navajo. Elle est aussi la femme du dieu soleil Tsohanoï.

Publicités