Matriarcat Zuñi (Nouveau-Mexique & Arizona) : une civilisation pacifique et tolérante dédiée à la fertilité

Les Indiens zuñi sont l’une des tribus qui occupaient autrefois le Nouveau-Mexique et l’Arizona. Ils vivent aujourd’hui sur une réserve indienne, Zuni Indian Reservation, 56 km au sud de Gallup (Nouveau-Mexique) sur leurs terres ancestrales. On dit que les Indiens zuñi proviennent d’un peuple qui vivait au même endroit il y a plus de 1000 ans, avant la venue des Européens. Ce peuple, les Anasazis, était une grande société qui détenait de larges territoires et de nombreuses richesses, et rassemblait des civilisations et des cultures distinctes. Les Zuñi seraient les descendants directs des Anasazis. Ils savent se protéger en ne prenant pas parti aux problèmes qui ne les concernaient pas. Grâce à cette neutralité dans les guerres et les conflits, ils restent autonomes et résistent aux changements qui s’opèrent autour d’eux.

La mère possède la terre, le foyer et les enfants

La société zuni est composée de treize clans matrilinéaires ; dans cette société, les femmes possèdent les maisons et les réserves de blé et les hommes ont la haute main sur tout ce qui a trait aux donnés cérémoniels et religieux. Ils s’occupent surtout de la culture du maïs, mais certains d’entre eux se sont spécialisés dans l’orfèvrerie et le travail des turquoises. Les femmes se spécialisent dans la vannerie et la poterie. Les femmes sont considérées comme la vie de la tribu. Les hommes chassent, construisent, pourvoient aux besoins de première nécessité, mais le tout appartient aux femmes. Ce sont elles qui commercent et qui s’occupent des finances.

Une religion pacifique dédiée à la fertilité

Comme tous les Indiens Pueblo, les Zuni sont en général paisibles, et animés d’un profond sentiment religieux. Toute l’activité cérémonielle tend à assurer la venue de la pluie, ainsi que la fertilité et la fécondité des femmes. La société zuni est une théocratie où le Conseil suprême est formé par les chefs des confréries religieuses. De nombreuses cérémonies font intervenir les katchinas : costumés et masqués, les hommes membres des confréries religieuses figurent ces personnages de nature divine, dispensateurs de pluie et gardiens de la bonne conduite des enfants, auxquels ils distribuent, selon les cas, punitions et friandises. Devenus adolescents, les jeunes garçons sont initiés au culte katchina ; ils sont fouettés rituellement, et on leur révèle, sous le sceau du secret, que les katchina ne sont que des hommes déguisés. Ils deviennent alors acteurs à leur tour.

La femme reste toujours propriétaire de la maison

Certaines incompatibilités entre un homme et les parents de sa femme peuvent parfois pousser les maris Zuñi à braver la règle traditionnelle et à emmener leur femme chez leur mère à eux. Il arrive que cette migration ait d’étranges conséquences, car, si le mari n’a pas de soeurs ou, s’il en a et que celles-ci n’aient pas d’enfants, la maison, qui est toujours la propriété des femmes, passera ainsi en la possession d’une autre famille.

Gestion des terres

Les champs n’appartiennent pas aux clans et les Zuñi affirment que tel ne fut jamais le cas. La propriété communale existe, dans le sens que la terre inutilisée, les chemins et les puits sont à la disposition de tous les Zuñi. Mais les champs, les enclos à bétail, les maisons et les biens mobiliers sont la possession des individus et des groupes de parents. Une simple appropriation et le travail du sol donnent droit au titre de propriété et la terre est inaliénable. Les petits jardins dont s’occupent les femmes se transmettent, de mère en fille. Les terrains de chasse passent de père en fils.