Matriarcat Bororo (Brésil) : la liberté sexuelle à l’épreuve des missionnaires chrétiens

Les Bororos sont un peuple amérindien présent dans l’État du Mato Grosso (Brésil). Ils appartiennent au tronc linguistique Macro-Jê. Les Bororos se nomment eux-mêmes boe. L’ethnonyme « Bororo » désigne la « cours » du village, le lieu où se déroulent les cérémonies qui rassemblent toute la société. D’autres noms ont parfois été utilisés pour désigner certains groupes spécifiques : CoxiponéAraripoconéAraésCuiabáCoroadosPorrudos.

Plan exogamique matrilinéaire du village

Lévi-Strauss (1936) a décrit la société Bororo, à partir de son expérience ethnographique dans le village de Kejara (aujourd’hui disparu). Les maisons sont disposées en cercle. Au centre de celui-ci, se situe une maison plus grande : la maison des hommes baitemannanage. À partir de la terminologie des maisons, C. Levi-Strauss observe comment deux phratries se font face, en formant deux demi-cercles séparés par une frontière immatérielle : la phratrie Tugare et la phratrie Cera. Chacune de ces moitiés est exogamique et divisée en différents clans de filiation matrilinéaire, régis par une règle de résidence matrilocale.

Mariage temporaire matrilocal

Ainsi les hommes Bororos doivent se marier avec une femme de l’autre phratrie et donc aller habiter dans une maison de l’autre moitié. La maison des hommes devient alors un lieu privilégié pour les hommes mariés puisqu’elle s’ouvre à la fois sur le clan de son enfance et le clan auquel son mariage le fait appartenir. Chacune des deux portes de la maison des hommes se voit donnée le nom de la phratrie opposée à celle à laquelle elle fait face.

Les chrétiens essayent d’abolir ces moeurs païennes

Les missionnaires salésiens ont bien compris l’importance du plan de village. Ils ont découragé le plan de village traditionnel au profit d’un plan à l’européenne, tout en tolérant le maintien de certaines traditions et en luttant encore pour qu’on protègele système de subsistance bororo qui leur permet de consacrer 50 à 75 % de leur temps à se décorer de peintures, de plumes, de crocs de jaguars, d’ongles de grands tatou pour chanter, danser des heures durant.

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