Matriarcat Bribri (Costa Rica) : les mères prêtresses de la déesse Cacao des menstrues sacrées

Une majorité ethnique influente

Le Bribri sont un peuple autochtone des montagnes et des îles du sud du Costa Rica et du nord du Panama, à la fois sur les réserves et les zones non protégées. Ils vivent dans le canton du Talamanca, dans la province de Limón. Ils parlent la langue Bribri et espagnol. Il existe différentes estimations de la population de cette tribu. Selon un recensement par le Ministerio de Salud, il y a 11500 Bribri vivant dans le seul district de la Clinique Hone Creek. Ils sont une majorité des voix dans la région de Puerto Viejo de Talamanca. D’autres estimations de cette population tribale au Costa Rica sont beaucoup plus élevées, atteignant 35000.

La déesse cacao, et la fête des menstrues sacrées

Le cacao, comme dans la plupart des groupes autochtones dans le sud du Costa Rica et du nord de Panama, a une signification particulière dans la culture Bribri. Pour eux, le cacaoyer était une femme, la déesse Sibu, et se transforma en arbre. Les branches de cacao ne sont jamais utilisées comme bois de chauffage et seules les femmes sont autorisées à préparer et servir la boisson sacrée. Le cacao est utilisé dans des occasions spéciales, des cérémonies et des rites de passage tels que lorsque les jeunes filles ont leur première menstruation. Actuellement, il existe plusieurs associations de femmes Bribri qui fabriquent des produits biologiques, comme le chocolat fait main, qui les aide dans leurs moyens de subsistance.

Les mères prêtresses du cacao sacré

La structure sociale Bribri est organisée en clans. Les Bribis s’organisent en clans matrilinéaires. Un clan est un groupe de parents liés par des ascendants maternels. Chaque clan est composé d’une famille élargie. Le système des clans est matrilinéaire, le clan de l’enfant est déterminé par le clan de sa mère. Un membre du clan ne peut se marier à l’intérieur de son clan ni dans le clan de l’autre moitié de sa parenté. Cela donne aux femmes une place très importante dans la société Bribri, car elles sont les seules qui peuvent hériter de la terre et préparer le cacao, boisson sacrée (Theobroma cacao) ce qui est essentiel pour leurs rituels. Les rôles des hommes sont définis par leur clan, et sont souvent exclusifs pour les hommes. Des exemples de ces rôles sont les « awa » ou shaman, et les « oko », la seule personne autorisée à toucher les restes des morts, les chants funéraires, et de préparer les aliments consommés lors des funérailles.

Les mères propriétaires des enfants et des terres

Les anciens sont respectés. Les grands-mères ont un rôle très important dans la transmission des coutumes, des traditions et des histoires. Dans la culture Bribi, la femme dispose de liberté d’autorité dans les affaires privées. S’il y a séparation, c’est elle qui décide de la garde des enfants. Elles cultivent leurs propres terres et tout ce qui y est produit leur appartient.

Mandataire d’oncle à neveux utérins

La consanguinité par la lignée féminine constitue la base de la parenté, et détermine que la succession du cacique (chef) ne revienne pas au fils mais au neveu, fils d’une de ses sœurs. Le cacique n’est pas concerné par les questions de production ou d’économie, et il n’existe pas d’institutions politiques qui institutionnalisent le pouvoir. Le cacique représente plutôt une force qui donne de la cohérence au groupe et incarne les obligations des lois de la parenté, au service de la communauté.