Matriarcat Garo (Inde, Meghalaya) : une grande société égalitaire, instruite, et libertine

700 000 individus

Les Garo sont un groupe ethnique habitant le Bangladesh (région des Chittagong Hill Tracts), où ils sont 102 000 (1997); et l’Inde (États du Meghalaya, de l’Assam, du Nagaland, du Tripura, du Bengale occidental), où sont au nombre de 575 000. Les Garos sont le deuxième plus important groupe ethnique au Meghalaya après les Khasis, un tiers de la population locale. les Garos du Meghalaya vinrent peut-être jadis du Tibet à travers la Birmanie. Leurs langues appartiennent en tout cas au groupe tibéto-birman. Au Bangladesh, on appelle les Garo « Tripura », nom d’un État de l’Inde. Au terme de l’accord de paix du 2 décembre 1997 qui a mis fin à plus de 20 années de conflit entre le gouvernement et les populations autochtones des Chittagong Hill Tracts, les Tripura seront représentés au « Chittagong Hill Tracts Regional Council » qui sera chargé de l’administration des 3 districts constituant la région.

Des coupeurs de tête

Les premiers écrits à propos de ce peuple remontent au 19èmesiècle, ils sont décrits comme : « des sauvages assoiffés de sang, habitant des collines couvertes d’une jungle impénétrable… ». Ils avaient la réputation d’être des chasseurs de têtes. Avec l’arrivée des anglais au 19ème siècle, les Garos se sont convertis au christianisme et le sont encore de nos jours en grande majorité, principalement baptiste et catholique romain, mais nous trouvons également d’autres confessions comme les anglicans.

Une société sans castes

Cependant, traditionnellement, les Garos étaient Hindu-animistes (en d’ autres termes, ils possédaient plusieurs dieux), et aujourd’hui, très peu d’entre eux suivent toujours ces croyances. A cela s’ajoutent des croyances en rapport avec leur environnement naturel et la faune. Pour les Garos, la vie est guidée par des esprits, bons et mauvais. Chaque esprit s’attache à un aspect particulier de leur existence. Le dieu créateur, Tantara Rabunga, les protège de la mort et des maladies. Il n’y a pas le système classique hindou de castes, toujours bien en usage de nos jours en Inde mais, au contraire, une société plus libérale et même matriarcale dans le sens où l’on retrouve la liberté sexuelle chez les femmes et ou ces dernières héritent directement de leur mère.

Une société matrilinéaire

Historiquement, les Garos sont venus du Tibet vers le Meghalaya, il y a environ 400 ans, traversant le Brahmapoutre, ils se sont peu à peu sédentarisés dans la vallée et aux abords du fleuve. C’est une société matrilinéaire. Les femmes sont les gardiennes des clans. La transmission des biens est féminine. Elles se transmettent les terres de mère en fille. Tout appartient aux femmes, sauf le pouvoir décisionnel.

Un peuple libertin

Comme chez les khasis, mari et femme se choisissent librement. Le mari prend le nom de sa femme. Lorsqu’une fille veut épouser un garçon, elle le fait enlever par des amis qui le gardent prisonnier jusqu’à ce qu’il accepte le mariage.
Mais le système est patrilocal, et la femme va habiter chez son mari. Après le mariage, le mari passe toutefois un mois chez ses beaux-parents afin de mieux faire connaissance.

La répartition des tâches est équilibrée entre les hommes et les femmes. Dans la société matrilinéaire Garo, les femmes sont propriétaires, elles font tout, elles peuvent choisir leurs maris et on les voit assurer des tâches de toutes sortes, dans les champs et à la maison, avec un air de liberté qui fait contraste avec la situation des femmes de la société musulmane majoritaire. Les femmes jouissent d’une grande liberté sexuelle.

Une société égalitaire

Tandis que les femmes musulmanes sont soumises à beaucoup de restrictions, les femmes Garo sont égales aux hommes. Elles fument et boivent avec eux. Elles ne se fâchent pas trop s’ils sont adultères. Les offenses peuvent être réglées de façon pacifique en échange de quelques cochons que tout le village mange dans une ambiance de fête.

Une niveau d’instruction élevé

L’on constate aussi que l’éducation au Meghalaya est plus importante que pour le reste de l’Inde et la grande majorité des enfants ont ainsi accès à la scolarité, même au sein des villages reculés où des pistes sont tracées et des bus disponibles. Cependant, un grand nombre d’entre eux reste très peu scolarisé voire pas du tout.

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