Matriarcat Lahu et Kucong (Laos, Thaïlande, Birmanie, Chine, Viêt Nam) : des cousins des Moso du Sichuan

Les Lahu (Chinois : 拉祜族 Lāhùzú ; ou : Ladhulsi ou Kawzhawd) sont un groupe ethnique. Ils constituent l’un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la République populaire de Chine, où ils vivent dans la province du Yunnan. Ils étaient environ 450 000 à la fin du XXe siècle. D’autres populations Lahu vivent au Laos, en Birmanie et au Viêt Nam. Il y a environ 80 000 Lahu en Thaïlande, une ethnie parmi les vingt ethnies des montagnes. Leur langue est très proche des langues yi de la famille des langues tibéto-birmanes. Elle est écrite avec l’alphabet latin.

Une société matriarcale, bilinéaire et matrilocale

La société Lahu est matriarcale et monogame. La famille de base est le couple et ses enfants. Chez les Lahu, le lignage est bilinéaire. Ils pratiquent généralement la résidence matrilocale. Les Lahu ont pour dieu principal « Geusha «  (G’ui sha). Il est le créateur des cieux et son épouse « A E ma » a créé la Terre. Les esprits (Ne), bons ou mauvais, ont aussi beaucoup d’importance et reçoivent régulièrement des offrandes.

Les couleurs Lahu

Le Lahu se divisent en un certain nombre de sous-groupes, tels que le Na Lahu (Lahu Noir), les Lahu Nyi (Red Lahu), les Lahu HPU (Blanc Lahu), les Lahu Shi (jaune Lahu) et le Shehleh Lahu. Si un nom de sous-groupe se réfère à une couleur, il se réfère à la couleur traditionnelle de leur robe. Ces groupes ne fonctionnent pas comme des tribus ou des clans – il n’y a pas de groupes de parenté au dessus de celui de la famille.

Les mêmes origines que les Moso du Sichuan

Les Lahu sont issus des anciens peuples Qiang. Au cours de leur histoire, ils ont migré des hauts plateaux tibétains vers le Sud. Aux alentours du début de notre ère, ils ont un premier contact avec les Han qui leur donnent le nom de Kun ou Kunming. L’historien Sima Qian les décrit dans le Shiji (Annales historiques) comme des pasteurs de montagne, les tribus n’étant pas regroupées par des systèmes d’alliances et n’ayant pas de structure villageoise fixe. L’unité structurelle de leur société est le ka, groupe de parents liés par consanguinité. Les légendes de leur migration montrent qu’existait alors une forme de matriarcat. Lors de la migration du lac Erhai vers Lincang, ils se divisent en quatre-vingt-dix-neuf clans sœurs et trente-trois clans-frères. En raison des impératifs de la chasse, les clans-sœurs émigrent séparément vers le Sud et aujourd’hui encore dans le district de Lincang, les noms de lieu conservent le souvenir de femmes au destin célèbre.

Matriarcat Kucong : mariage matrilocal adelphique (panuléen)

Les Kucong (en chinois: 苦 聪 人) sont un groupe ethnique de Chine et du Laos. Plus de 3000 Kucong habitent au moins 16 villages du nord du Laos. Un sous-groupe des Kucong au Laos sont appelés Lahu Aga (Gourde Tordue Lahu ) parce qu’ils portent traditionnellement une gourde courbe autour de leur cou. Le Kucong sont l’un des groupes les plus primitifs au Laos et ils ont peu de contacts avec d’autres groupes ethniques.

Le système matrimonial des Kucong est le mariage monogame, exogamique (hors du clan). Chaque clan ayant fixé des alliances matrimoniales avec un ou deux autres clans. On trouve souvent par exemple un groupe de frères mariés avec un groupe de sœurs (mariage adelphique ou panuléen). Le garçon qui veut prendre épouse doit aller travailler chez ses beaux-parents pendant cinq à dix ans. C’est une sorte de rétribution de l’épouse. Depuis une période récente, le remplacement du travail par de l’argent a fait son apparition. A Zhenyuan et Xinping, les hommes Kucong ont conservé la coutume de s’installer chez leurs beaux-parents (mariage matrilocal), mais une évolution apparaît là aussi et certains jeunes gens préfèrent leur offrir une somme d’argent assez importante. Une évolution se manifeste aussi quant à la demande en mariage. Pour décider d’un mariage, on consulte un devin. A Zhenyuan, la mariée est emmenée à cheval ou en palanquin, la tête recouverte d’un voile rouge, selon l’ancienne tradition des Han.