Matriarcat Malicut (îles Maldives) : un paradis bouddhiste menacé par l’islam

Minicoy, en divehi, Maliku ou Malicut, atoll de l’Inde, situé dans l’océan Indien, dans le sud des îles Lakshadweep. La superficie de l’atoll est d’environ 4,4km2 pour une population de 6000habitants. Minicoy est situé à 180km au sud-est de l’Inde, sur une ligne de hauts fonds qui se poursuit vers le sud jusqu’aux îles Maldives. Le climat y est tropical et Minicoy est soumis à la mousson de juin à novembre. L’économie de l’île est entièrement tournée vers la pêche.

L’histoire de Minicoy est mal connue. L’atoll fut vraisemblablement peuplé par des pêcheurs venus de la côte des Malabars, visité par le voyageur marocain Ibn Battuta au XVe siècle, occupé ensuite par les Portugais en 1498, avant de sombrer dans un oubli qui a sauvegardé une société insulaire très particulière.

La langue parlée est la même qu’aux îles Maldives, le devali; les insulaires sont restés bouddhistes et la société est matrilinéaire: les héritages se transmettent par les femmes, les hommes mariés portent le nom de leur épouse et vivent chez elle, ce qui est exceptionnel en Inde. Aujourd’hui, la charia islamique appliquée aux Maldives toutes proches menace cette société matriarcale.

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L’origine du peuple et de la langue de ces petites îles se trouve dans le Kerala. La population est à l’origine hindoue, mais elle s’est islamisée depuis de nombreux siècles. La descendance est tracée par la mère, et la propriété est divisée en parts égales entre les enfants d’une femme. Le matrilignage est exogame. Une naissance donne à un membre un droit de part de la propriété, composée généralement de terre, d’arbres, de bateaux et de bâtiments. Ce droit passe par les membres féminins, un membre masculin n’a que des droits d’usufruit sur les biens. Le motif de résidence est duolocal : le mari fait pendant la nuit des visites à sa femme.

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