Matriarcat Ngada (Indonésie) : quand la paix coloniale dissout le patriarcat autochtone

Une société matrilinéaire et matrilocale

Les Ngada, encore appelés Rokka, sont un groupe ethnique habitant la côte sud de l’île de Florès en Indonésie. Ils vivent dans la région du volcan Inerie. Autrefois patriarcaux, les Ngada vivent dans une société de tradition matriarcale : la mère est la cheffe de famille, les terres sont hérités de mère en fille, après le mariage l’époux va dans le village de la mariée… Mais des variantes de cette règle peuvent se lire par les structures réduites surmontant les toits de chaume : les maisonnettes correspondent à la matrilinéarité, les personnages à la patrilinéarité.

Une économie agricole

Chaque village a sa propre langue, ils sont tous chrétiens mais font encore des rites animistes comme des sacrifies d’animaux pour porter chance. La majorité d’entre eux vivent de ce qu’ils cultivent et très peu ont des salaires réguliers. Les femmes s’occupent de la cueillette, ou du moins, elles s’occupent du séchage des différentes récoltes.

Une paix qui restaure le matriarcat

Pour les Ngada, l’égalité des sexes est une maxime incontestée. Les sociétés d’Asie du sud sont connues pour l’égalité des sexes dans leur systèmes symboliques. La position forte des femmes ainsi que la structure du genre plutôt égalitaire des Ngada sont l’effet à la fois de la structure matrifocale et de la disparition de la guerre. Les Ngada, en Indonésie orientale, ont glissé d’une société guerrière dominée par les hommes vers un système matrilinéaire. La société ngada précoloniale était une société de guerriers. La guerre était endémique, et les gens construisaient leurs villages au sommet des collines d’où ils se défendaient contre les tribus ennemies. La colonisation occidentale a mis fin aux guerres tribales, ce qui a eut pour conséquence d’engendrer une société matriarcale.

Vidéo : danse Téké des Ngada

Un état patrilinéaire qui dissout le matriarcat

On note que, de façon récurrente, les systèmes étatiques uniformisent ces sociétés au détriment des femmes. Les États coercitifs poussent vers une reconnaissance civile patrilinéaire, des droits à la propriété répartis entre hommes et femmes ou prioritairement aux hommes, et déstabilisent ainsi les équilibres par un transfert de pouvoirs.