Matriarcat Tchouktche (Sibérie) : matrilignage et chamanisme – la Déesse-Mère et le Serpent-Totem

Les ethnographes ont décelé chez de nombreux peuples du Nord, à un degré variable, des traces de la famille maternelle et des survivances du mariage matrilocal. Contrairement aux opinions fréquemment émises sur l’absence de traces de totémisme en Sibérie, des survivances de ce trait culturel ont été découvertes chez presque tous les peuples de l’Extrême-Nord.

Les documents importants recueillis par les ethnographes soviétiques sur les fêtes des Tchouktches, des Esquimaux, des Even, des Nénetz et des Nganasan, sur le culte chaman, sur les particularités de l’ancienne structure sociale des peuples de l’Extrême-Nord sont publiés d’une manière systématique dans la revue Ethnographie soviétique, dans les recueils sibériens, dans ceux du Musée d’anthropologie et d’ethnographie, dans de brefs communiqués de l’Institut d’ethnographie ainsi que dans d’autres publications. – Bulletin international des sciences sociales, Cultures en voie de disparition, UNESCO

Les Tchouktches (en russe : чукчи, tchouktchi, au pluriel et чукча, tchouktcha, au singulier) sont un peuple paléo-sibérien habitant le nord de l’Extrême-Orient russe sur les rives de l’océan Arctique et de la mer de Béring. Ce pays étrange, bâti sur la glace, semble « pendu » sur les cartes de géographie, au bout de la Sibérie entre la mer d’Okhotsk et de Béring. Dans ce royaume de steppe et de glace, une partie décisive du jeu politique se joue. En face de l’Amérique, les volcans du tchoukotka surveillent un océan stratégique. En Extrême-Orient, l’ultime frontière russe est balafrée par deux chaînes de montagnes volcaniques dont l’activité est permanente. Les habitants indigènes sont des pêcheurs (saumon, phoque, baleine blanche), organisés en clans matrilinéaires et chamanistes (culte des forces de la nature). Ce peuple, au nom de rêves et de froid, a longtemps été oublié par l’histoire.

La plaque de Mal’Ta et ses spirales

Un calendrier luni-solaire

Cette plaque en ivoire de mammouth date du paléolithique supérieur. Elle fut trouvée à Mal’ta près d’Irkutsk en Sibérie orientale. Elle présente des symboles typiques de la préhistoire. Selon certains spécialistes, les spirales pourraient être ici un calendrier luni-solaire. D’autres exemples sibériens viennent démontrer ce genre de supposition. Chez le peuple sibérien des Yakoutes, fut trouvée une plaque en bois gravée de deux spirales qui fut utilisée jusqu’au 19è siècle. Une grande spirale formée de 365 trous représentait l’année solaire, tandis qu’une petite spirale formée de 7 trous représentait la semaine.

Le serpent, compagnon de la Terre-Mère

Au dos de la plaque de Mal’ta se trouvent trois serpents. Le serpent est lui aussi un symbole très courant pour les périodes paléolithique et néolithique. De plus, dans le même secteur, furent trouvées plusieurs statuettes représentant la Terre-Mère. Ces éléments nous renvoient aux cultes de fertilité et fécondité de la haute préhistoire.

Source: « Los símbolos de la prehistoria, mitos y creencias del paleolítico superior y del megalitismo europeo »