Matriarcat Todas (Inde) : une société anarchiste et pacifique confrontée à la modernité

Les Todas ne sont plus à proprement parlé matriarcaux. Mais de nombreux vestiges subsistent.

Polyandrie adelphique

Les Todas forment une petite communauté ethnique établie sur le plateau des Nilgiris, en Inde du Sud. De tradition pastorale, le peuple toda est aujourd’hui composé d’environ 1 000 individus. Les Todas vivent traditionnellement dans des petites colonies de trois à sept petites maisons aux toits de chaume, de forme semi-cylindrique et réparties sur les pentes des montagnes. Éleveurs, ils échangent traditionnellement leurs produits laitiers avec les autres peuplades des Nilgiris. Leur religion est d’ailleurs centrée sur la figure du buffle et leurs rites accompagnent toutes les activités liées à la collecte et la transformation du lait. La pratique de la polyandrie fraternelle était autrefois commune chez les Todas mais elle a aujourd’hui largement disparu.

Totem du buffle et couple primordial utérin

Selon les Todas, la déesse Teikirshy et son frère, ont d’abord créé le buffle sacré, puis le premier homme Toda. La première femme Toda a été créé à partir de la côte droite du premier homme Toda (un apport du christianisme ?). La religion leur interdit également de marcher sur les ponts, les rivières doivent être franchies à pied ou à la nage.

Une société collectiviste, anarchiste et pacifique

Les Todas pratiquent l’amour libre et vénèrent une déesse-mère. Leur animal totémique est le buffle. Ils sont végétariens. Ils vivent dans de vastes maisons claniques similaires à celles des iroquois du Canada. La propriété du sol est collective au clan, et ne peut donc être vendue. Les todas n’ont jamais fait la guerre, et n’ont jamais porté d’armes. Ils n’ont pas de lois, pas de chefs, et pas de hiérarchie. Comme les iroquois, leur société est organisée en confédérations claniques, où la justice est rendue par des conseils tribaux d’anciens.

Convertis au patriarcat ?

Bien que matriarcaux, les todas connaissent désormais le mariage (polyandrique-adelphique), où le frère aîné est désigné comme le père légal. Mais puisque la liberté sexuelle est totale, ce mariage et ce « père » ne sont que de façade, et ce, probablement pour bien paraître aux yeux des conquérants aryens patriarcaux alentours. Les femmes semblent tout de même soumises, par le salut de leur tête au contact des pieds des hommes . S’agit-il d’une importation aryenne? D’autre part, seuls les hommes peuvent être prêtre-gardiens du totem. Malgré tout, les Todas sont une société presque idéale, en voie de disparition face à la modernité et la mondialisation.

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