Matriarcat Picte (pré-aryens d’Ecosse) : les guerrières bleues de Calédonie face à l’empire romain

Keira Knightley, guerrière matriarche Picte, dans Le Roi Arthur – 2003

Centurion - la guerrière picte Etain résiste à l'empire romain patricienLes Pictes étaient une confédération de tribus brittoniques vivant dans ce qui est devenu l’Écosse du nord et de l’est, présents avant la conquête de l’île de Bretagne par les Romains et jusqu’au xe siècle lorsqu’ils se réunirent avec les Gaëls. Les Pictes sont considérés comme étant les descendants des Caledonii et autres tribus identifiées par les Romains ou figurants sur la carte du monde de Ptolémée. Le territoire des Pictes, connu sous le nom de Pictavia, ou Pictland en anglais, se fondit progressivement avec le royaume gaélique de Dál Riata et forma le royaume d’Alba. Au xie siècle, l’identité des Pictes avait disparu au profit d’un amalgame de peuples identifiés comme « Scots ».

Les femmes bleues

Les Pictes sont un peuple de l’Ecosse antique. Peu de choses sont connues à leur sujet mis à part les chroniques romaines, et celles du moine anglo-saxon Bède le vénérable (VIIème siècle ap-JC). Appelés aussi Cruithnes, ils ont vécu jusqu’au nord de l’Irlande, et ont développé un sens graphique extraordinaire. Ils se tatouent le corps en bleu par incision d’aiguilles, d’où le nom donné par les Romains « Picte ». Leur société est basée sur un système matrilinéaire. Le pouvoir se transmet par les femmes. Le système de succession matrilinéaire en vigueur chez les Pictes facilitait les alliances. C’est ainsi, que Scot Kenneth Mac Alpin finit par unir les deux royaumes Picte et Scot. Ce régime de transmission matrilinéaire continue à fournir matière à d’abondantes discussions entre les ethnologues d’aujourd’hui.

Celtes ou peuple des mégalithes ?

Nous ignorons quelle langue ils parlaient – le missionnaire irlandais Columba, nous l’avons vu, avait besoin d’interprètes au VIe siècle pour se faire comprendre d’eux -, et les témoignages que nous possédons sur eux sont contradictoires. Celtes,  » proto-Celtes « , ou population autochtone préceltique, toutes les hypothèses ont été formulées, sans qu’aucune s’impose absolument. Nous ignorons à peu près tout des structures politiques, économiques et sociales des Pictes. On a émis l’hypothèse, assez vraisemblable, que l’ensemble de la population, agriculteurs et pêcheurs, était de souche préceltique, héritière directe de la culture néolithique, soumise à une classe guerrière descendant des envahisseurs celtes, exerçant le pouvoir et levant des impôts en nature.

D’oncle à neveux, le lien du sang

Dans les familles royales Celtes, comme chez les Pictes, et jusqu’à la 1ère dynastie d’Écosse (Kenneth Mac Alpin Ier, IXe siècle), bien souvent, le trône ne se transmettait pas de père en fils, mais d’oncle maternel à neveux. Cette transmission est dite avonculaire. On est sûr de la mère, mais pas du père. William Wallace Braveheart, chef de la résistance écossaise (13ème siècle) fut élevé par Argheim, son oncle maternel. Cette pratique courante chez les peuples matrilinéaires s’appelle le « forestage« .

Lire Le fosterage (celtes, germains) : l’initiation par l’oncle maternel, un vestige de matriarcat

Des guerrières face à Rome

Le mur d’hadrien, la conquête romaine de la Bretagne Picte

Lors de la colonisation romaine de la Britania, face à la résistance des guerrières et guerriers Pictes, invincibles et invaincus, les envahisseurs patriarcaux de l’empire romain érigèrent les murs d’Hadrien en 122 ap-JC (4,5 m de haut, 2,7 m de large, 117 km de long) et d’Antonin en 140 ap-JC (7 mètres de haut, 19 forts, 60 km de long), sans beaucoup de succès…

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