Matriarcat Palao, Nauru et Chuuk (Micronésie) : quand les chefs sont élus par les femmes

Cet État de l’archipel des îles Carolines comporte 26 îles et 300 îlots sur 487 km². Il est composé de 20 000 habitants. Sa capitale est Koror. Les îlots sont entièrement recouverts d’une épaisse forêt et sont entourés de récifs coralliens. République indépendante, associée aux États-Unis, Palaos est constitué d’une société matriarcale. La société est traditionnellement matrilinéaire.

Géographie des Palaos

La République des Palaos constitue le groupe le plus occidental des îles Carolines en Micronésie, à égale distance (800 kilomètres) des Philippines, à l’ouest, et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, au sud. L’île de Guam est située à 1 300 kilomètres au nord-est. Les Palaos sont composées de 340 îles d’une superficie terrestre totale de 486 kilomètres carrés environ. Babeldaob, la plus grande, s’étend sur 334 kilomètres carrés. Elle est entourée au nord par les atolls de Ngaruangel et de Kayangel, et reliée au sud par un pont aux îles de Koror, Meyuns et Malakal, centres de la vie administrative et commerciale où résident près de 70 % des 17 225 habitants des Palaos (recensement de 1995).

Origines des Palaos et premiers contacts européens

La population autochtone de Palau a vécu sur les îles des milliers d’années, même si leur date d’arrivée original est actuellement une question de spéculation. Génétiquement, les Palaosiens sont liés aux indigènes d’Australie et d’Asie austronésienne. La datation au carbone 14 montre que les Rocks Islands (archipel des Palaos) ont été peuplé au moins 1000 ans avant JC. La structure sociale était matriarcale, matrilinéaire et clanique. Les villages avaient habituellement entre 7 et 10 clans. Les premiers contacts significatifs avec les Européens ont eu lieu en 1783, quand le capitaine anglais Henry Wilson fit naufrage à Ulong Island. Mais ces contacts ont été plutôt négatifs, les autochtones utilisant les armes données par les marchands britanniques dans leurs guerres tribales.

Économie, subsistance, et chefferies traditionnelles

Le système économique de subsistance et la culture des sociétés insulaires des États fédérés de Micronésie sont caractérisés essentiellement par le partage, le travail collectif et le tribut aux chefs traditionnels. L’unité économique de base est le ménage, qui correspond le plus souvent à une famille élargie. Quant aux groupes sociaux plus larges, il s’agit sur la plupart des îles de clans matrilinéaires. Les systèmes d’organisation politique traditionnels, tels que le système de Nanmwarki à Pohnpei et le Conseil de Pilung à Yap, continuent à jouer un rôle important dans la vie des habitants des Etats fédérés.

Une société matrilinéaire et avunculaire

Le système en vigueur aux Palaos est matrilinéaire, c’est-à-dire que les terres proviennent de la mère, le frère de la mère (c’est-à-dire l’oncle de l’enfant) faisant office de chef de clan et jouissant à ce titre de davantage de prérogatives que le père, notamment pour tout ce qui a trait à l’éducation de l’enfant. a Micronésie était principalement matrilinéaire (à l’exception de Yap et des Îles Gilbert), mais l’art, la magie et les rites secrets étaient du domaine des hommes qui se rassemblaient dans ces maisons pour hommes nommées « bai ». Les terres et la filiation traditionnelle se transmettent de façon matrilinéaire ; les femmes occupent des postes importants au sein du système traditionnel.

Une société segmentaire utérine

Aux Palaos, l’unité sociale de base est un groupe d’individus de même ascendance composé de la mère et de ses enfants. Plusieurs de ces unités de base unies selon un mode matrilinéaire forment une famille, les familles apparentées constituant un clan. En règle générale, l’unité sociale et politique que représente le village est composée de dix clans.

Les chefs élus par les femmes

L’homme qui sera nommé chef du clan est choisi par les femmes les plus haut placées dans la hiérarchie du clan et fera partie, avec les autres chefs de clan, du conseil du village. Le conseil des femmes, distinct mais bénéficiant d’un statut égal, est composé des femmes les plus influentes. Les clans sont hiérarchisés et le chef du clan ayant le rang le plus élevé assume les fonctions de chef du village.

Une chefferie consensuelle et démocratique reconnue par l’état

Il ne gouverne pas seul et doit faire preuve de diplomatie et de persuasion pour s’assurer l’appui de ses administrés. Si sa façon de gouverner se révèle insatisfaisante, des moyens sont prévus pour le remplacer. Parallèlement, un Conseil des Chefs, qui compte 16 membres, exerce une fonction consultative auprès du Président pour les questions relatives à la coutume et aux traditions. A l’intérieur de chaque État, les chefs traditionnels exercent un contrôle important sur la propriété de la terre. En outre, une puissante tradition matrilinéaire, qui assure aux femmes la haute main sur le domaine foncier, leur permet d’exercer un rôle majeur au sein de société palaoise.

La femme palaosienne contemporaine

La société palaosienne est une société matrilinéaire dans laquelle la terre et les titres sont généralement hérités à travers la mère. Dans la société traditionnelle, les rôles et les responsabilités des hommes et des femmes étaient différents; ces différences ne signifiaient pas pour autant qu’il y avait une relation de dominant à subordonné entre les sexes; il y avait plutôt une dualité, chaque sexe ayant un rôle défini et aucun d’eux ne pouvait progresser sans l’appui et la coopération de l’autre. Toutefois, sachant que bien qu’étant un statut d’égalité avec les hommes, le statut de la femme était exercé « derrière la scène », il y a des obstacles culturels subtiles qui empêchent les femmes d’assumer ouvertement un rôle de dirigeant, en particulier dans le domaine politique. Bien qu’elles aient en moyenne un salaire inférieur de 25 % à celui des hommes et qu’elles aient plus tendance à être économiquement dépendantes d’un autre membre de la famille, les femmes dépassent à présent les hommes quant au niveau d’instruction, et le nombre de celles qui.rejoignent la population active travaillant dans le secteur moderne atteint un niveau record. Le rythme rapide de ces changements donne à penser que les disparités économiques fondées sur le sexe disparaîtront bientôt. Rien n’indique dans les données concernant les enfants ventilées par sexe que les filles souffrent d’un handicap systématique.

Matriarcat Nauru : une culture dénaturée par le christianisme

Nauru, [nauru], en forme longue République de Nauru, en nauruan Naoero et Ripublik Naoero, en anglais Republic of Nauru, est un État insulaire d’Océanie situé en Micronésie peuplé de 9 267 habitants en juillet 2010. On connaît mal le peuplement de l’île de Nauru. Il s’agit vraisemblablement à l’origine de naufragés provenant de différentes îles du Pacifique. Ceci expliquerait la langue, distincte de toutes les autres, sans doute un mélange de toutes. Même du point de vue ethnique, on trouve des types et des morphologies différentes (texture des cheveux par exemple) selon les différentes parties de l’île. La population était répartie en douze tribus matrilinéaires dont deux ont disparu au début du XXème siècle, chacune parlant son dialecte. A l’arrivée des missionnaires, la langue la plus parlée fut choisie pour traduire la bible et les autres ont disparu petit à petit.

Une religion féminine

La mythologie nauruane est issue de l’ancienne religion totémique pratiquée sur l’île de Nauru par les Nauruans. La religion totémique nauruane reposait sur un système de croyances mythologiques et de rituels apparenté au culte des ancêtres. Les deux principales divinités sont Eijebong, la déesse de la féminité, et Buitani, l’île des esprits déifiée. Cette religion ne possède plus que de rares croyants à cause de l’occidentalisation et de l’évangélisation de la population depuis la fin du XIXe siècle.

Matriarcat Chuuk, le marteau du plaisir

À Chuuk, archipel des îles Carolines, la perfection des lèvres fait la beauté d’une fille. Les lèvres oui, mais vaginales ! Les garçons de cette petite île micronésienne se glissent en cachette, à la nuit tombée à l’intérieur de la maison des femmes endormies, et soulèvent leurs jupes afin de comparer leurs différents attributs. C’est un jeu auquel les filles se prêtent de bonne grâce en faisant semblant de dormir. Les coutumes sexuelles à Chuuk sont aussi centrées autour d’un autre détail anatomique féminin. Pratique bien connue dans tout te Pacifique Sud, le « marteau chuukais » consiste à frapper le pénis de l’homme contre le clitoris de la femme. Cette activité, parfois une fin en soi, permet à ces dames polynésiennes d’atteindre le septième ciel. Et, plus surprenant, à l’homme aussi !