L’affaire Salman Rushdie : fatwa de mort contre les 3 déesses-mères pré-islamiques du Coran

 Les filles d’Allah ?

A l’origine, Mohammed, prophète de l’islam, aurait reconnu plusieurs déesses. Elles auraient un temps survécu dans l’Islam même, où on les aurait appelé dans le Coran les trois filles d’Allah, avant d’être effacées. Leurs noms sont cependant toujours là. Les déesses arabes dont les noms sont bien dans le Coran sont : Al-Lat (la Déesse), Uzza (Pouvoir), et Manat (Destinée ou Fatalitée). D’après le Coran, les Arabes païens ont adoré une triple déesse. Cette divine trinité féminine était adorée à la Mecque, dans la Kaaba. Lors de la révélation de la sourate LIII Mahomet aurait, selon Tabari, dans une première version, recommandé qu’on leur rende un culte. Ces versets prononcés puis abrogés sont appelés les « Versets Sataniques », expression qui a servi de titre au roman controversé de Salman Rushdie.

Lire Origines de l’islam : ses racines païennes matriarcales – les 3 déesses de la Kaaba

Le culte des déesses supprimé du Coran ?

Les Versets Sataniques, une œuvre de fiction, parle des trois déesses mentionnées dans ces versets (surtout Allat), et raconte comment elles auraient été retirées de l’islam par Mohammed, puis diabolisées, en les montrant du doigt comme des créatures de Satan. Allat n’est pas une déesse heureuse dans le bestseller de Salman Rushdie. À ce jour, ce dernier est forcé de vivre dans la clandestinité, car une fatwa de mort a été décrétée par le clergé islamiste chiite d’Iran (l’ayatollah Khomeini). Sa tête est chèrement mise à prix. Les inquisiteurs religieux veulent sa mise à mort pour avoir raconté cette histoire, même si celle-ci n’est qu’une fiction. Les islamistes le tueront, même s’il est musulman. Plusieurs de ses soutiens, dont des imams, sont déjà morts (poignardés) pour avoir tenté de le défendre. Les Versets Sataniques – comme Da Vinci Code – a utilisé un roman de fiction pour raconter l’histoire d’une déesse supprimée.

La sourate dans le Coran est la suivante : « L’Étoile », LIII
« Son regard ne dévia pas et ne fut pas abusé,
Il a vu les plus grands signes de son Seigneur,
Avez-vous considéré al-Lat et al-` Uzza, et l’autre, Manat, la troisième ?
Le mâle est-il pour vous, et pour lui la femelle ?
Quel partage inique ! Ce ne sont que des noms que vous et vos pères avez attribués.
Dieu ne leur a accordé aucun pouvoir. »

Il s’agit de l’histoire des versets 19 à 23 de la sourate 53, Ennajm (L’étoile). Tabarî (839-923), historien et commentateur sunnite, rapporte cette anecdote :

« Alors fut révélée au prophète la sourate de l’Étoile. Il se rendit au centre de la Mecque, où étaient réunis les Quraychites, et récita cette sourate. Lorsqu’il fut arrivé au verset 19 : Que croyez-vous de al-Lat, de `Uzza et de Manat, la troisième ? Est-il possible que Dieu ait des filles, et vous des garçons ? La belle répartition des tâches que ce serait là… « 

Iblîs (Satan) vint et mit dans sa bouche ces paroles :  » Ces idoles sont d’illustres divinités, dont l’intercession doit être espérée. « 
Les incrédules furent très heureux de ces paroles et dirent :  » il est arrivé à Mohammed de louer nos idoles et d’en dire du bien. »
Le prophète termina la sourate, ensuite il se prosterna, et les incrédules se prosternèrent à son exemple, à cause des paroles qu’il avait prononcées, par erreur, croyant qu’il avait loué leurs idoles. Le lendemain, Gabriel vint trouver le prophète et lui dit :  » Ô Mohammed, récite-moi la sourate de l’Étoile. « 
Quand Mohammed en répétait les termes, Gabriel dit :  » Ce n’est pas ainsi que je te l’ai transmise ?
J’ai dit : “Ce partage est injuste”. Tu l’as changée et tu as mis autre chose à la place de ce que je t’avais dit. « 
Le prophète, effrayé, retourna à la mosquée et récita la sourate de nouveau. Lorsqu’il prononça les paroles :  » Et ce partage est injuste « .
Les incrédules dirent :  » Muhammad s’est repenti d’avoir loué nos dieux « .

Le prophète fut très inquiet et s’abstint de manger et de boire pendant trois jours, craignant la colère de Dieu. Ensuite Gabriel lui transmit le verset suivant : « Nous n’avons pas envoyé avant toi un seul prophète ou envoyé sans que Satan n’ait jeté à travers dans ses vœux quelque désir coupable ; mais Dieu met au néant ce que Satan jette à travers, et il raffermit ses signes (ses versets).  »

Une manipulation du diable

Ainsi d’après al-Tabari, Satan aurait tenté de dicter des enseignements hérétiques à Mahomet. Cet incident aurait eu lieu à La Mecque, huit ans avant l’hégire, alors que Mahomet récitait la sourate de l’Étoile, dans laquelle sont mentionnées trois déesses considérées par les Koraïchites païens, comme des  » filles de Dieu « . D’après l’orientaliste Maxime Rodinson, al-Lat, al-`Uzzâ, et Manât étaient, des déesses pré islamiques appelées les « filles d’Allah ». Mahomet aurait, dans une première version, recommandé qu’on leur rendît un culte, ces versets prononcés puis abrogés, sont les fameux versets sataniques. D’après al-Tabari, Satan aurait contraint Mahomet à interpoler deux versets ce qui aurait créé un doute dans l’esprit des auditeurs de ce dernier. Or, du point de vue de la religion musulmane, Mahomet, en tant que messager du message divin, ne saurait avoir ni sa foi, ni sa sincérité remises en cause, ni même voir sa vie être ramenée à une vie banale où l’erreur est possible. De plus, Mahomet aurait demandé qu’il n’y ait pas d’image de lui pour ne pas devenir à son tour un objet d’adoration. C’est pour cela que, pour les autorités religieuses musulmanes, aucun livre, aucun film, aucune bande dessinée ne peut le faire apparaître en personne.

Publicités