La lune et le matriarcat : la femme maîtresse du foyer, fondatrice des premières civilisations sédentaires agricoles

Source : contre-informations.fr, le 21 juin 2011

Les phénomènes astronomiques guident l’humanité

Aujourd’hui 21 juin marque le solstice d’été dans l’hémisphère nord, la nuit la plus courte de l’année. C’est ce jour qui est choisi dans plusieurs pays, dont la France, comme début de la saison estivale (en vérité le 21 juin se situe en plein milieu de l’été astronomique).

Dans les premiers jours d’été, quand les plages sont encore relativement désertes, il est plaisant de se promener sur les bords de mer. Certes, de larges portions du littoral ont malheureusement été bétonnées par une spéculation immobilière irresponsable, illustration du recul de la nature engendré par le capitalisme qui met précisément en danger les populations, comme l’a montré le passage de la tempête Xynthia, notamment sur les côtes de la Vendée et de la Charente-Maritime.

Il demeure néanmoins des endroits préservés pour se poser et tranquillement admirer la mer. On peut alors observer le phénomène des marées. Sur les plages, la montée des eaux est d’ailleurs une source fréquente de jeu pour les enfants qui s’amusent à construire des « barrages » en sable, petit à petit balayés par les flots.

Cycles lunaires et cycles menstruels

Le phénomène de la marée s’explique par l’attraction du Soleil et de la Lune sur la Terre. Tout comme le Soleil, l’observation de la Lune a joué un rôle prépondérant dans l’histoire de l’humanité en quête de compréhension du monde. Le cycle de la lune a été logiquement associé au cycle menstruel de la femme en raison de leur ressemblance (dans les deux cas environ 28 jours).

La dimension naturelle de la société matriarcale

Au stade du communisme primitif, cette synchronicité est apparue comme une évidence justifiant la dimension naturelle de la société matriarcale. L’observation du cycle des saisons et de leurs effets sur la nature fondait le culte à la déesse mère associé à l’idée de vie et de fertilité.

La vénus lunaire

Une des représentations les plus connues du matriarcat est la « Vénus de Laussel », découverte en Dordogne. Cette sculpture vieille de 25 000 ans figure une femme enceinte selon les codes typiques du matriarcat consistant à accentuer les fesses, les seins, à présenter une vulve apparente et une main posée sur son ventre. Elle tient dans son autre main une corne où sont taillées 13 encoches. Ce nombre correspond à celui des cycles menstruels ou lunaires.

Le tabou des menstrues, le sang féminin impur

Les menstruations des femmes devaient alors être respectées et vénérées pour leur concordance avec les astres et la nature. Avec le patriarcat, les règles des femmes sont devenues honteuses et repoussantes car elles perdirent leur signification originelle de cycle naturel de la vie pour devenir le symbole d’un échec de la reproduction.

Femmes-médecine et femmes agricoles

Au cours du communisme primitif, l’observation des cycles de la nature, en accord avec les cycles lunaires, a contribué à la compréhension des principes basiques de l’agriculture et de la médecine, attributs traditionnels des femmes à l’époque du communisme primitif et du matriarcat.

Les conférences d’Alexandra Kollontai sont très instructives en la matière :

La femme inventa l’agriculture

C’est de la façon suivante que la femme conçut l’idée de l’agriculture : au moment de la chasse, les mères et leurs nourrissons furent laissés à l’arrière parce qu’ils étaient incapables de suivre le rythme des autres membres de la tribu et entravaient la poursuite du gibier. Il n’était alors guère facile de se procurer d’autres nourritures et la femme attendait souvent longtemps. Elle se vit contrainte de se procurer des aliments pour elle et ses enfants. Les chercheurs en ont tiré la conclusion que c’est très probablement la femme qui a commencé à travailler la terre.

La femme au foyer découvrit la germination

Quand les provisions s’épuisèrent à l’endroit où elle attendait le retour la tribu, elle se mit à la recherche d’herbes contenant des graines comestibles. Elle mangea ces graines et en nourrit ses enfants. Mais alors qu’elle les broyait entre ses dents – les premières meules – une partie des graines tomba sur le sol. Et quand la femme revint au bout de quelque temps au même endroit, elle découvrit que les graines avaient germé. Elle savait maintenant qu’il lui serait avantageux de revenir quand les herbes auraient repoussé et que la recherche d’une nourriture plus abondante lui coûterait moins d’efforts. C’est ainsi que les hommes apprirent que les graines tombant sur le sol se mettent à pousser.

Comment transmettre le savoir agricole aux hommes

L’expérience leur enseigna aussi que la récolte était meilleure quand ils avaient remué la terre au préalable. Cependant, cette expérience tomba encore souvent dans l’oubli, car le savoir individuel ne put devenir propriété de la tribu qu’à partir du moment où il fut communiqué à la collectivité. Il fallait qu’il soit transmis aux générations suivantes. Or, l’humanité dut fournir un travail de réflexion inimaginable avant de parvenir à saisir et à assimiler des choses apparemment si simples. Ce savoir ne s’ancra dans la conscience de la collectivité que lorsqu’il se traduisit par une pratique quotidienne.

Et la femme créa une religion sédentaire

La femme avait intérêt à ce que le clan ou la tribu revint à l’ancienne halte où poussait l’herbe qu’elle avait semée. Mais elle n’était pas en mesure de convaincre ses compagnons de la justesse de son plan d’organisation économique. Elle ne pouvait les convaincre verbalement. Au lieu de cela, elle favorisa certaines règles, habitudes et idées servant ses propres projets. C’est ainsi qu’apparut la coutume suivante, qui eut bientôt force de loi : si le clan avait laissé les mères et les enfants dans un terrain près d’un ruisseau pendant la pleine lune, les dieux ordonnaient à ses membres de retourner à ce même lieu quelques mois plus tard. Quiconque ne respectait pas cette loi était puni par les esprits. La tribu découvrant que les enfants mouraient plus vite lorsque cette règle n’était pas respectée, c’est-à-dire lorsqu’on ne revenait pas à « l’endroit où l’herbe pousse », en vint à respecter strictement ces coutumes et à croire à la « sagesse » des femmes.

La femme inventa la sédentarité

Comme la femme recherchait une production maximale pour un minimum de travail, elle fit bientôt la constatation suivante : plus le sol où elle semait était poreux, meilleure était la récolte. Accroupie, elle grava à l’aide de branches, de pointes et de pierres des sillons dans le premier champ. Une telle découverte se révéla fructueuse, car elle offrit à l’homme une plus grande sécurité que lors de ses incessantes pérégrinations à travers la forêt où il s’exposait constamment au danger d’être dévoré par les animaux.

La femme à l’origine des premières civilisations agricoles

Du fait de sa maternité, la femme occupa une position particulière parmi les membres de la tribu. C’est à la femme que l’humanité doit la découverte de l’agriculture, découverte extrêmement importante pour son évolution économique. Et ce fut cette découverte-là qui, pour une longue période, détermina le rôle de la femme dans la société et dans l’économie, la plaçant au sommet des peuplades pratiquant l’agriculture.

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Le culte à Mystères de Déméter Ce culte à mystères hellénique, consacré à la déesse qui a dévoilé la maitrise de l’agriculture aux hommes, est capitale dans la culture grecque, si bien qu’il survit après l’instauration du patriarcat.
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