Le National Socialisme Allemand aurait-il pu évoluer vers le matriarcat ?

L’imagerie du Troisième Reich met la femme en valeur : tantôt traditionnelle, mère et paysanne, tantôt sportive, le corps dévoilé, élancé, tonique et plein de vie. Le néo-paganisme hitlérien présente aussi la femme à l’égal de l’homme : les anciennes déesses trônent seules, ou aux côtés des anciens dieux. Qu’en est-il dans la réalité ? Bien qu’ayant mené une politique anti-féministe, certains éléments laissent penser qu’un revirement aurait pu être possible…

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Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité, pilier du patriarcat. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants sans père, et est donc violemment réprimée. Les mères célibataires et les enfants sans père sont bannis de la société. Les sociétés matriarcales sont par définition sans père ni mari : le mariage n’existe pas, et c’est donc l’oncle maternel qui élève naturellement l’enfant. C’est le système familial originel de l’humanité. Les religions matriarcales vénèrent des déesses-mères. Lors de l’avènement du patriarcat, ces cultes furent abolis, et ses pratiquants exterminés.

Les nazis anti-catholiques défendent les sorcières

« Le mouvement, l’idéologie ne peuvent perdurer que s’ils sont portés par les femmes, car l’homme conçoit tout par l’esprit tandis que la femme saisit toute chose par le sentiment (…) Les curés ont brûlé 5 000 à 6 000 femmes (pour sorcellerie) justement parce qu’elles préservaient émotionnellement l’ancien savoir et les anciens enseignements, et parce que, émotionnellement, elles ne s’en laissaient pas détacher, alors que l’homme, lui, s’y était rationnellement et logiquement disposé » – Heinrich Himmler, le 18 février 1937, à propos de la christianisation des peuples européens. Peter Longerich, Himmler, Paris, 2010, p. 230-231.

« Même si l’Inquisition n’a pu causer de trop grands dégâts en Allemagne – le pire promoteur d’autodafés, saint Conrad de Marbourg ayant été tué à temps par nos ancêtres – l’Eglise fut cependant à l’origine d’un autre grand malheur en Allemagne, qui fut pire, bien pire que l’autodafé : la chasse aux sorcières… » – L’Ordre SS, éthique et idéologie, Edwige Thibaut, page 278, cahier de la SS n°10.1936 par SS-Ostuf, Dr Walter Bohm.

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Le national-socialisme réhabilite les mères célibataires

 » En général, un paysan est loin d’être enchanté quand sa fille célibataire lui annonce la venue d’un enfant, chose qui cause une surprise fort légitime dans la famille : cependant dans les régions rurales, une saine manière de penser fait que, dans la plupart des cas, on résout beaucoup plus rapidement ce genre de chose que par exemple dans les villes. Dans diverses vallées du Tyrol, cela va même si loin que les jeunes filles qui n’ont aucun enfant illégitime trouvent difficilement un prétendant car on suppose qu’elles sont victimes de stérilité. On en est donc amené à conclure qu’à un niveau purement biologique et héréditaire, les enfants issus d’un mariage conclu légalement ne peuvent être considérés comme supérieurs aux enfants illégitimes. L’enfant illégitime n’est pas le seul à être méprisé par plus d’une classe ; c’est avant tout la mère illégitime qui est victime du dégoût de l’homme ordinaire borné. Le national-socialisme eut donc aussi la mission de donner à l’enfant illégitime la place qui lui revient dans la communauté populaire. » – L’Ordre SS, éthique et idéologie de Edwige Thibaut, pages 116 et 117.

==> Lire Exclusion des filles mères, mères célibataires, mères seules : avortement et abandon des enfants sans père

L’émancipation des femmes, une invention juive

Ainsi Hitler déclare-t-il en septembre 1934, devant les déléguées des « Femmes allemandes » réunies pendant le Congrès du parti à Nuremberg:

« L’émancipation des femmes est une expression inventée par l’intellect juif, et son contenu porte la trace de cet esprit. La femme allemande n’a jamais eu besoin, aux époques vraiment heureuses de la vie allemande, de s’émanciper […] Si l’on dit que le monde de l’homme, c’est l’État, le monde de l’homme, c’est la lutte, l’engagement pour la communauté, alors on pourrait peut-être dire que le monde de la femme est plus petit. Car son monde, c’est l’homme, sa famille, ses enfants et sa maison ».

En 1941, le maréchal Pétain instaure la fête nationale des mères

Bien que le régime de Vichy ai pris des mesures résolument anti féministes (interdiction de travailler pour les femmes mariées, restriction du divorce…), il semble qu’il ai eut une certaine intuition matriarcale de la maternité. Il instaura le carnet de chèque pour les femmes (une autorisation supprimée à la Libération…), et la fin des bagnes pour enfants au profit des maisons de redressement.

Le 25 mai 1941, le maréchal Pétain célèbre la mère  » maîtresse du foyer « . Dans le patriarcat, c’est le père qui est le maître absolu du foyer (patria potesta du pater familias).

« Le droit des familles est antérieur et supérieur à celui de l’état, comme à celui des individus. La famille est la cellule essentielle, elle est l’assise même de l’édifice social. C’est sur elle qu’il faut bâtir. Si elle fléchit, tout est perdu; tant qu’elle tient, tout peut être sauvé. C’est donc à elle que nous devons nos premiers soins. »

  • 1941 Vichy – Le divorce est interdit pendant les trois première années suivant le mariage; ensuite aussi, sauf en cas de sévices graves et répétés.
  • 1942 Vichy – L’avortement, qui était un délit devient un crime contre la sûreté de l’État ; il est puni de la peine de mort.
  • 1942 Vichy – L’épouse peut gérer ses biens propres. Fin des interdictions concernant le travail des femmes mariées.
  • 1943 – Vichy. Marie-Louise Giraud, une « avorteuse », est guillotinée.

Les germains antiques, une société matriarcale

« Chez les Germains, dit Tacite, l’enfant d’une sœur est aussi cher à son oncle qu’à son père. Quelques-uns même estiment ce degré de consanguinité plus saint et plus étroit ; et en recevant des otages, ils préfèrent des neveux, comme inspirant un attachement plus fort et intéressant davantage la famille ».

Cependant les Germains que décrit l’historien latin étaient déjà entrés dans la forme familiale paternelle, puisque les enfants héritaient de leur père ; mais ils conservaient encore les sentiments et certains usages de la famille maternelle. Ne dit-on pas « cousins germains » pour désigner les cousins de lignée maternelle?

Les germains antiques vénèrent les déesses-mères

Nerthus, par Emil Doepler« Ils répugnaient à présenter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable à la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir — esprits de la terre) à cette réalité mystérieuse que leur seule piété leur fait voir » « Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu’ils ont un culte commun pour Nerthus c’est-à-dire la Terre Mère, croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples » Tacite, Germania IX, 3

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La barbarie pour sauver la civilisation

« S’ils révolutionnèrent la forme antique de la monogamie, s’ils adoucirent la domination de l’homme dans la famille, s’ils donnèrent à la femme une situation plus élevée que n’en avait jamais connu le monde classique, qu’est-ce qui les rendait capables de le faire, sinon leur barbarie, leurs coutumes gentilices, les legs encore vivants de l’époque du droit maternel ? 

Tout ce que les Germains inoculèrent au monde romain de force vitale et de ferment vivifiant était barbarie. En fait, seuls des barbares sont capables de rajeunir un monde qui souffre de civilisation agonisante. Et le stade supérieur de la barbarie, vers lequel et dans lequel avaient évolué les Germains avant les grandes invasions, était justement le plus favorable à ce processus. Cela explique tout. »

L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat – Friedrich Engels
La formation de l’État chez les germains