Matriarcat animal : bonobos, hyènes, éléphants, baleines… l’origine femelle de la vie

L’origine du monde

La femme est à l’origine de l’homme, et non l’inverse comme nous l’enseigne les religions patriarcales, et ce dernier n’est qu’une production récente de la nature. Les premiers êtres vivants asexués étaient plus féminins que masculins. L’embryon humain ne devient masculin que par « déféminisation », lors du déroulement de l’ontogénèse. L’ADN humain est soi XX (féminin), soit XY (masculin), mais jamais YY, cela n’existe pas. Un garçon XX existe, c’est une anomalie génétique qui entraîne la stérilité totale. S’il y a présence d’un chromosome Y masculin, lui-même n’est qu’une version amoindrie du chromosome X féminin originel. Seule une petite proportion du chromosome Y modifie la physionomie pour construire le sexe mâle. Même le codage de la testostérone est situé sur le chromosome X, et c’est l’existence d’organes testiculaires qui produit la différence de quantité de cette hormone « mâle ».

Lignée maternelle par l’ADN

Mitochondries maternelles

L’ADN mitochondrial est 100% issu de la mère, or les mitochondries sont les centrales énergétiques des cellules. Elles sont à la base élémentaire de la vie. L’ADN mitochondrial est transmis aux enfants par leur mère. Tous les enfants de la même mère ont le même ADN mitochondrial. Le test de l’ADN mitochondrial nous permettra de connaître les ancêtres de notre mère. Le test ADNmt n’indique pas seulement l’origine de nos ancêtres maternels, mais aussi notre parenté du côté maternel. Nous pourrons utiliser les résultats de notre Test d’ADN mitochondrial autant pour la recherche mondiale de parents que pour un projet régional. Une analyse de l’ADN mitochondrial (ADNmt) nous permettra de connaître l’histoire de notre famille en lignée maternelle. Un test d’ADN mitochondrial indique notre haplogroupe (votre tribu primitive) et votre peuple d’origine dans l’antiquité (Celtes, Vikings, Juifs, etc.).

Les Sept Filles d’Ève

Les Sept Filles d’Ève (titre original : en anglais The Seven Daughters of Eve) est un essai du biologiste anglais Bryan Sykes. Les mitochondries, centrales énergétiques de nos cellules, et composantes primordiales des origines de la vie, ne se transmettent que par la mère. Chez les européens, les mitochondries remontent à 7 femmes-ancêtres primordiales, 7 clans matrilinéaires originels.

La contribution du spermatozoïde est moindre

L’embryon est issue de la rencontre d’un gamète femelle, l’ovocyte, et d’un gamète mâle, le spermatozoïde, mais les mitochondries de la cellule-œuf proviennent exclusivement de l’ovocyte. Le spermatozoïde n’apporte en effet que son matériel génétique nucléaire, ses propres mitochondries étant détruites au moment de la fécondation. La transmission de l’ADN mitochondrial se fait donc uniquement de mère à enfant. La transmission mitochondriale ne suit ainsi pas les règles classiques de transmission mendélienne.

Le mâle, un simple visiteur

« Chez presque toutes les espèces » écrit la féministe Sarah Hardy, les « femelles sont les résidentes permanentes au sein des groupes sociaux, les mâles ne sont que de simples visiteurs de passage. » Il s’agit-là de modèle reproducteur commun chez tous les mammifères supérieurs. Jusqu’à une époque récente, il s’agissait également du modèle de reproduction retenu par la race humaine. Le fondement biologique de cet arrangement est impressionnant – l’anthropologue américaine Margaret Mead s’y référait en invoquant le rôle de la femme comme étant un « fait biologique ». On a pu observer des sociétés matriarcales chez de nombreuses espèces animales, notamment les lions, les éléphants, et surtout les hyènes, chez lesquelles on peut observer une hiérarchie basée sur la femelle dominante et sa descendance. Le mode social des bonobos, un de nos proches cousins, est matriarcal.

Le libertinage des bonobos, un progrès de l’évolution

Les bonobos vivent en groupes qui peuvent compter jusqu’à une centaine d’individus dans les forêts équatoriales de la République démocratique du Congo entre le fleuve Congo et la rivière Kasaï.

Takayoshi Kano, de l’Institut de primatologie de Kyoto, a commencé, en 1973, à étudier les bonobos dans leur milieu. Dans son livre, The Last Ape (Le Dernier Grand Singe), il oppose sans cesse le chimpanzé brutal et jaloux au bonobo pacifique et libertin. Selon lui, la société humaine serait née d’une liberté sexuelle comparable, et non de l’agression, comme le soutient Konrad Lorenz. De même, de Waal parle d’une espèce qui « fait l’amour, pas la guerre ». En milieu naturel, les mâles et les femelles cherchent la nourriture ensemble, mais ce sont les femelles qui décident de la répartition. Par ailleurs, des orphelins peuvent se faire adopter par des adultes.

Le plus intelligent des primates

Sa bipédie plus fréquente lui donne une apparence plus proche de l’être humain que le chimpanzé commun. En pratique, le bonobo se tient deux fois plus souvent sur ses jambes que le chimpanzé. Son potentiel intellectuel est donc supérieur à celui des autres primates. Une psychologue américaine a fait apprendre, à un bonobo mâle de 26 ans dans l’Iowa, l’utilisation de 348 symboles d’un clavier. Les symboles se réfèrent aux objets familiers (le yaourt, la clé, le ventre, la boule,…), des activités favorites (la poursuite, les chatouilles,…) et même quelques concepts considérés assez abstraits (le présent, ce qui est mal…).

Faites  l’amour, pas la guerre

Chez les bonobos, les relations sexuelles, feintes ou réelles, sont plus souvent utilisées comme mode de résolution des conflits, à côté des mécanismes de domination. Les études suggèrent que les 3/4 des rapports sexuels entre bonobos n’ont pas des fins reproductives, mais sociales, et que presque tous les bonobos sont bisexuels. Des scientifiques ont appelé cette méthode d’accouplement le « sexe convivial ».

Pour réduire les tensions sociales

Par exemple, il est courant qu’un membre du groupe pratique des actes sexuels dans le but de plaire à un autre membre ou pour réduire les tensions sociales (par exemple, un individu subordonné peut utiliser des actes sexuels pour calmer un autre individu plus fort ou plus agressif). Mais si la fréquence des rapports est exceptionnelle dans le règne animal, et supérieure à celle de tous les primates, les accouplements sont rapides et furtifs, sans aucun geste préparatoire, et ne durent en moyenne qu’une quinzaine de secondes. Leur seul tabou sexuel serait l’inceste, bien que les relations sexuelles incluent également les juvéniles.

Missionnaire et sexualités variées

À côté des pratiques sexuelles variées, dont la sexualité orale, le baiser avec la langue et les rapports homosexuels (le primatologue Frans de Waal préfère d’ailleurs parler de « pansexualité » et non pas d’homosexualité, pour insister sur le fait que la sexualité du bonobo est totalement ouverte à toutes les relations, et n’est pas orientée vers un seul sexe, un seul genre), le bonobo serait l’un des seuls à pratiquer, comme l’homme, le coït ventro-ventral (face à face). La femelle met un petit au monde environ tous les cinq ans, comme chez les chimpanzés.

Les hippies de la Création

Le primatologue allemand Gottfried Hohmann a souhaité mettre en évidence, par un exemple, que le pacifisme n’était pas une conduite immuable à laquelle le bonobo se conformait sans faille. Le bonobo est selon lui un cousin un peu plus pacifique de l’homme, mais cette théorie reste à vérifier. Même chez les pacifiques Bonobos, l’agressivité des femelles peut être sévère, souvent à travers des coalitions provisoires.

Chez les singes araignées

L’atèle noir est un singe du genre atèle vivant en Amérique du Sud. Il est également appelé atèle coaïta, kwata (Guyane) ou singe araignée. Il vit et se déplace en groupes matriarcaux de quelques individus (5 en moyenne), atteignant parfois une vingtaine de membres, conduit par des femelles expérimentées, évoluant sur de vastes territoires forestiers. Les mâles sont en général à l’écart. Pour défendre leur territoire, ils peuvent casser des branches et les jeter sur les animaux ou humains qui sont au sol. Les groupes sont perturbés par la perte d’une femelle dominante expérimentée (mort naturelle, ou liée à la chasse par l’homme)

La gynarchie des hyènes : des mères phalliques

En Tanzanie, les hyènes vivent selon un système matriarcal structuré et complexe. Les femelles sont les individus dominants, et le rang hiérarchique se transmet de mère en fille. Elles sont plus agressives que les mâles. Les femelles ont un pouvoir absolu sur leur groupe. Cette société matriarcale très hiérarchisée est dominée par une ou deux femelles qui ont su montrer leur valeur au cours de combats ritualisés. Même la femelle située au plus bas de la hiérarchie sera dominante sur le mâle au plus haut statut. Les hyènes manifestent ainsi une gynocratie parfaitement autoritaire où les mâles du groupe subissent la domination des femelles. Les hyènes chassent, se nourrissent, migrent, prennent soin de leurs petits ou encore se reproduisent selon des règles sociales strictes, chaque membre ayant un rôle prédéfini au sein du groupe. Les petits font l’objet des meilleurs soins. On n’a jamais observé d’infanticide chez les hyènes, même si cependant, les frères s’entretuent fréquemment à la naissance.

Un clitoris surdimensionné

Les femelles ont un clitoris très développé ressemblant à un pénis. Chez la hyène tachetée (Crocuta crocuta), toutes les femelles sont pourvues d’un clitoris surdimensionné, un organe aussi gros que le pénis des mâles, qui leur sert à s’accoupler et à mettre bas. Cette particularité anatomique et l’organisation matriarcale des hyènes sont déterminantes d’un conflit sexuel dont les femelles sortiraient gagnantes. Il est impossible de discerner par la simple observation un mâle hyène d’une femelle tant l’une et l’autre se ressemblent. C’est en prélevant un poil d’hyène et en l’analysant que l’on peut déterminer son sexe. Elle est plus grosse que le mâle, cas unique chez les mammifères. La femelle est 15 p. 100 plus lourde que le mâle et pèse entre 56 et 75 kg (entre 123 et 165 lb) environ.

Des clans matrilinéaires

Les hyènes vivent en clans, chaque clan étant composé de quatre ou cinq lignées matrilinéaires. A la puberté, les femelles restent, et les mâles quittent le groupe. Les derniers à partir sont les fils des femelles dominantes, sans doute parce qu’ils ont une vie très confortable. Mais le plus remarquable, c’est que toutes les femelles dominent tous les mâles, situation unique chez les mammifères. Dans la nature, on voit les femelles installées au centre avec leurs petits. Les mâles rôdent autour. Tout le temps sur le qui-vive. Ils surveillent les femelles à distance prudente, partagés entre le désir de s’accoupler et la peur de prendre un mauvais coup. Seul moment de répit dans cette vie: lorsqu’une femelle est en chaleur. A ce moment-là, son agressivité disparaît, et elle est toujours suivie de quelques mâles qui la bousculent ou lui montrent les crocs sans oser vraiment l’attaquer. Mais si les femelles dominent les mâles, leurs relations entre elles n’ont rien d’égalitaire. La hiérarchie est très stricte et parfaitement héréditaire. Un héritage qui ne passe pas par les gènes, mais par l’apprentissage social. Les petits regardent leur mère, et sont fortement encouragés à l’imiter quand elle remet quelqu’un à sa place. A huit mois, un petit connaît son rang.

Les vieilles matriarches éléphant

Les éléphants vivent dans une société matriarcale. Cette structure matriarcale existe depuis plus de sept millions d’années, des empreintes d’une harde d’éléphants de cette époque ayant été découvertes sur une surface de 5 hectares sur le site de Mleisa dans les Émirats arabes unis, faisant de cette piste de mammifères fossile la plus vieille de ce type et probablement la plus longue piste préservée dans le monde. Les troupeaux sont composés d’une femelle et de sa descendance, une dizaine d’éléphantes et de jeunes éléphanteaux. La femelle qui dirige la troupe a souvent une cinquantaine d’années.

Les éléphants confient aux femelles l’organisation du groupe et la régulation des conflits qui restent rares et d’ampleur généralement limitée. Cependant, le pouvoir matriarcal des éléphants consiste le plus souvent à prendre des décisions de déplacement mais repose principalement sur l’organisation solitaire des grands mâles reproducteurs.

Chez l’éléphant d’Afrique, les troupes, composées de femelles et de jeunes, sont menées par une femelle âgée. Chez l’éléphant d’Asie, cette structure comprend en outre un grand mâle. Dans les deux espèces, les jeunes mâles, dès qu’ils sont capables de se reproduire (entre 11 et 18 ans), s’organisent en troupes de célibataires. Ils errent jusqu’à ce qu’ils fassent alliance avec d’autres jeunes mâles. Les vieux mâles vivent en solitaires. Les mâles sont connus pour leur tempérament indépendant, forgeant parfois une alliance provisoire avec un autre individu ou intégrant une bande de manière informelle, tandis que les femelles entretiennent des liens familiaux étroits et solides.

Les baleines, reines des océans

La société des baleines est matriarcale. Une fois que les mâles atteignent l’adolescence, ils sont mis à l’écart du groupe et doivent voyager jusqu’à ce qu’ils soient capables de se reproduire. Les femelles s’organisent seules: certaines femelles iront en plongée tandis que d’autres garderont les petits. «Elles sont nomades, donc les choses les plus importantes dans leurs vies sont les autres», explique Hal Whitehead pour Science Daily. Chez les cachalots, généralement, les clans sont constitués d’une douzaine de femelles avec quelques jeunes. Les jeunes mâles quittent le clan matriarcal pour rejoindre un groupe de mâles pour quelques années avant d’évoluer en solitaire à travers les océans.[Marine Mammal Science, Planet Earth]

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