De l’art de l’attachement : la supériorité physiologique du lien mère-enfant, carences et séquelles

Si le lien physiologique mère-enfant est si vital, en quoi le lien biologique paternel serait-il supérieur et légitime ?

Publié le 8 novembre 2012 surMatern’ Moi ♥ Autant que tu m’aimeras ♥

« Laisse le pleurer », « Arrête de le porter, il va finir capricieux », « Encore collé à ton sein ? », « Mais laisse le dormir dans son lit dans sa chambre ! » (toute la journée comme ça, t’as plus de bébé tant qu’à faire…), autant d’absurdités entendues de par l’entourage des parents « maternants ».

La société voudrait que l’on se détache très vite de cet enfant qui vient de naître. Est-ce vraiment juste ? Ce petit être qui a grandis en nous depuis 9 mois et se retrouve, du jour au lendemain, propulsé à l’extérieur avec toutes ces lumières, toute cette agitation…

Comment peut-il s’habituer à cet univers loin (très loin) de sa mère qui était son seul point de repère jusque-là ?
Après 9 mois de gestation, on ne peut pas lâcher ce petit dans la nature…

9 mois pour le faire… 9 mois pour s’en défaire disaient-ils !

Et la crise des 8/9 mois n’existe pas pour rien: Bébé comprend que sa mère et lui sont deux personnes distinctes et il s’angoisse… de se séparer !

L’étape est nécessaire et c’est la toute première dans le cheminement vers le « détachement » et l’autonomie.
Il n’est pas correct de penser que le petit homme doit s’élever seul et être autonome (dans le sommeil, dans les angoisses, bref dans ce monde) dès les premiers jours.

Profitez donc de ses premiers mois, il n’a besoin que d’amour, de câlins, de tétées, d’être rassuré, vous ne risquez pas d’en faire un capricieux, un « enfant dans les jupes de sa mère », bien au contraire…

Les tout petits qu’on a rassuré les premiers temps sont des enfants plus autonomes que la moyenne et ont une confiance en eux plus élevée.

Selon le Dr G. Wootan, l’enfant qui décide de se sevrer [pour exemple, il en sera de même, sans doute, avec tous les éléments du « détachement »] est plus indépendant, car le choix de s’éloigner de sa mère vient de lui.

A contrario, les bébés angoissés (qu’on a laissé pleurer tous seuls par exemple) le restent à vie, même s’il se sont résignés à ne pas appeler leurs parents et que ceux-ci sont « tranquilles », qu’en sera-t-il dans le futur ?

Selon les études Hofer (1983) et Coe (1985), un petit qui dort avec ses parents libère moins de cortisol, hormone du stress, et les mères également (tant qu’à faire…)

Selon John Bowlby, pédiatre et psychanalyste anglais, l’attachement fait partie des besoins primaires du bébé ; tout comme un jeune enfant doit s’alimenter pour grandir, il doit aussi créer un lien privilégié avec l’adulte pour trouver sécurité et réconfort et se développer au mieux.

Il serait d’ailleurs question du fait que le nouveau-né naisse encore « en cours de fabrication ». En effet, l’être humain atteignant ses limites physiques quant au maintien du bébé dans l’utérus, le bébé naîtrait sans avoir terminé son processus de développement.

Ainsi, jusqu’à l’âge de la marche, il serait admis que le petit homme aurait pu être encore en gestation Et donc, physiologiquement, aurait encore besoin d’être porté et bien couvé par maman.

Dépression, violence, toxicomanie, anomalies du système immunitaire

Quelques extraits de « the science of mother love : is science catching up to mother’s wisdom ? » pour illustrer :

« Une carence en contacts physiques induits la sécrétion d’hormones de stress, qui pourront endommager définitivement certaines structures cérébrales et induire dépression, violence, toxicomanie, anomalies du système immunitaire. »

« L’augmentation importante de la taille du cerveau chez le bébé serait la raison pour laquelle le petit humain naît aussi immature, à un moment où sa tête peut encore passer par le canal vaginal. Ashley Montagu estime que la gestation humaine est d’environ 18 mois : 9 mois dans l’utérus et 9 mois en « extérogestation ».

Pendant ces 9 mois hors de l’utérus, le petit a un besoin vital de contact physique. Toutes les femelles mammifères lèchent vigoureusement et régulièrement leurs petits, afin de les stimuler. »

Carences d’endorphines maternelles vers la drogue et l’alcool

« Nos sociétés occidentales valorisent l’indépendance, et ont oublié que l’interdépendance joue un rôle important dans notre physiologie. Tout particulièrement chez les enfants. Ces derniers ont besoin d’une période de dépendance. Mais notre culture déprécie les relations interpersonnelles et ne reconnaît pas l’importance et la valeur du lien mère-enfant. La capacité de la mère d’être en symbiose avec son bébé est plus vieille que l’espèce humaine et elle est essentielle à notre survie, à notre santé et à notre bonheur. Ce contact étroit génère la sécrétion d’endorphines, qui renforcent l’amour réciproque. Si l’enfant n’obtient pas auprès de sa famille les relations étroites dont il a besoin, son cerveau sera « en manque d’endorphines » et il sera tenté de compenser ce manque par l’alcool ou les drogues. Plus nous en apprenons sur l’amour, et plus l’importance du lien mère-enfant et la nécessité de le protéger et de le favoriser deviennent évidentes. »

Profitez bien de ces moments de proximité, nos petits grandissent si vite et vont avoir soif d’indépendance d’eux même tellement rapidement… S’attacher… Pour mieux se séparer !