Le couple tue plus que la route, le cancer, et la guerre… et on ne fait rien ?!

La sexualité provoque des dommages considérables ; la criminalité sexuelle est ravageuse ; ses victimes innombrables. Le couple tue, plus que le cancer, plus que la route, et plus que la guerre, selon un rapport du Conseil de l’Europe. Et on ne fait rien ? Le mariage (fidélité) a été inventé dans l’unique but de garantir la reconnaissance de paternité. On est toujours sûr de la mère, jamais du père. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants sans père, laissant ces mères dans la solitude et la précarité. C’est pourquoi dans toute société patriarcale, le sexe hors mariage est strictement interdit et violemment réprimé.

Viol et violence légales

  • Dans l’antiquité romain, le “pater familias” (père de famille), dispose de la “patria potestas” (puissance paternelle). Il a droit de vie ou de mort sur toute sa maisonnée (épouse, enfants, esclaves…). Ils sont, selon la dure formule romaine, ”dans sa main, in manu”. Caton l’Ancien (homme d’état romain, 2e Siècle av-JC.) formule ainsi le code conjugal  : “Le mari est juge de la femme ; son pouvoir n’a pas de limites ; il peut ce qu’il veut. Si elle a commis quelque faute, il la punit ; si elle a bu du vin, il la condamne ; si elle a eu commerce avec un autre homme, il la tue.”
  • La juridiction gréco-romaine ne fait aucune différence entre le viol et la séduction.
  • Au moyen âge, les châtiments physiques entre époux sont acceptés, ce qui explique une grande tolérance de la société d’alors pour la violence conjugale. Le mari est même autorisé à tuer sa femme en cas d’adultère.
  • 1832 Jusque là délit, le viol est désormais un crime, mais c’est le père ou le mari qui est considéré comme lésé.
  • Au mois de janvier 1886, le tribunal civil de la Seine déboutait une femme de sa demande en séparation et reconnaissait que le mari a droit de battre sa femme “quand la correction est motivée par des écarts de conduite qui ont excité sa légitime indignation”.
  • 1910 le « devoir conjugal » est une obligation, il n’existe pas de viol entre époux.
  • 1990 Arrêt de la Cour de cassation condamnant le viol entre époux.

Le crime d’honneur : pour laver la réputation sexuelle de la famille

Le meurtre pour l’honneur est une pratique courante dans certains pays du Moyen-Orient, notamment au Pakistan, en Égypte, en Jordanie ou encore en Turquie. Selon la Commission des droits de l’homme du Pakistan (HRCP), 636 femmes sont mortes d’un crime d’honneur en 2007. Au moins 288 femmes ont péri en Turquie entre 2001 et 2008 victimes de crimes d’honneur, selon une étude universitaire menée par l’université Inönü de Malatya. Les « meurtres traditionnels » décrits par l’étude sont plus répandus dans l’est de la Turquie. Le gouvernement et les associations ont accru leurs efforts au cours des dernières années pour éradiquer les crimes d’honneur.

L’ONG Human Rights Watch donne la définition suivante des meurtres pour l’honneur :

« Les crimes d’honneur sont des actes de violence, le plus souvent des meurtres, commis par les membres masculins d’une famille à l’encontre de ses membres féminins, lorsqu’ils sont perçus comme cause de déshonneur pour la famille tout entière. Une femme peut être la cible d’individus au sein de sa propre famille pour des motifs divers, comprenant : le refus de participer à un mariage arrangé, le refus des faveurs sexuelles, la tentative de divorce — que ce soit dans le cadre de la violence conjugale exercée par son mari ou dans un contexte avéré d’adultère. La simple interprétation selon laquelle son comportement a « déshonoré » sa famille est suffisante pour enclencher une représailles. » — Source : Integration of the human rights of women and the gender perspective: Violence Against Women and « Honor » Crimes

Ça commence toujours par « Je t’aime »

Le rapport du Conseil de l’Europe mentionne que« la violence conjugale serait la principale cause de décès et d’invalidité des femmes de 16 à 44 ans, avant le cancer, les accidents de la route et la guerre ». Une étude, menée par la délégation aux victimes du ministère de l’intérieur et rendue public en 2008 par le secrétariat d’État à la solidarité, dénombre, pour l’année 2007, que 192 homicides ont été commis au sein du couple. Cette étude a mis en exergue que:

  • En 2007 l’incidence de l’homicide conjugal sur la population générale en France a été de l’ordre de 0,0005 % pour une femme et de l’ordre de 0,0001 % pour un homme
  • la majorité des homicides ont lieu dans les couples dont la situation matrimoniale est établie.
  • la séparation est le mobile principal du passage à l’acte (35 %).
  • cette violence s’exerçant dans le cadre familial entraîne des victimes collatérales, en général les enfants.

Selon l’Étude nationale sur les décès au sein du couple, menée par la délégation aux victimes du ministère de l’intérieur, 146 femmes et 28 hommes ont été tués en 2010 par leur compagnon ou compagne. Ainsi:

  • 18 % de toutes les morts violentes recensées en France et dans lesquelles l’auteur a été identifié ont eu lieu dans le cadre du couple.
  • 35 % des crimes conjugaux sont liés à la séparation (commission par des « ex » ou séparation en cours)
  • 34 % des auteurs d’homicides, uniquement masculins, se sont suicidés après leur acte.
  • En France une femme a une probabilité de mourir sous les coups de son compagnon de l’ordre de 0,0005 %, soit un décès tous les 2.5 jours.
  • En France un homme a une probabilité de mourir sous les coups de sa compagne de l’ordre de 0,0001 % soit un décès tous les 13 jours.
Tableau récapitulatif des enquêtes de l’ONDRP concernant le sexe des victimes
 % d’hommes victimes sur l’ensemble de la pop° masc.  % de femmes victimes sur l’ensemble de la pop° fem. Équivalent population hommes Équivalent population femmes
2005-2006 0,7 1,8 120 000 450 000
2009 0,4 0,9 78 000 208 000

En ce qui concerne les homicides les décès touchent les femmes dans 86 % des cas, et les hommes dans 14 % des cas selon l’enquête BVA/L’Express

Le crime passionnel, la tolérance du crime d’honneur

Le crime passionnel désigne un meurtre ou une tentative de meurtre dont le mobile est la passion ou la jalousie amoureuse. La victime en est généralement un être aimé du tueur et l’ayant trompé, ou bien son amant(e). Le schéma le plus classique est celui du triangle amoureux : deux personnes qui en aiment une troisième et se jalousent. Le crime passionnel fait souvent l’objet de législation particulière, car il est considéré que la passion amoureuse fait perdre le contrôle de soi-même dans les cas extrêmes, notamment de jalousie. Il est donc souvent moins sévèrement puni que les autres types de meurtre, que ce soit dans la loi (lois d’exceptions) ou seulement dans les faits (circonstances jugées atténuantes). En France, par exemple, il est une des formes d’homicide les moins sévèrement punis. Le crime passionnel a beaucoup inspiré la littérature policière.

Beauté et violences conjugales

Quand une relation se tisse entre une belle femme et son élu, celui-ci après avoir été  »tout-sucre-tout-miel » deviens très vite jaloux, possessif et paranoïaque, pleinement conscient de la convoitise qu’elle suscite auprès des autres hommes. Mini jupes, décolletés, sorties entre amies deviennent le moindre sujet de dispute. Commencent alors les violences psychiques… puis physiques. C’est pour cela que beaucoup d’hommes préfèrent finalement des filles moins jolies, moins convoitées donc moins risquées.

Deux tiers des meurtres

Entre 2000 et 2009, le nombre des meurtres et assassinats a baissé de plus de 35%. En revanche, seul le crime passionnel, qui représente les deux tiers des affaires, ne disparaît pas. Selon une enquête du ministère de la Justice, réalisée en 1994, 1.759 crimes, commis entre 1986 et 1990, pourraient être identifiés comme des crimes passionnels, soit 350 par an.

80 % des crimes passionnels sont commis par des hommes.
65 % des victimes de crimes passionnels sont des femmes.

Adultère : 70 % des femmes et 72 % des hommes

Il est difficile d’avoir des statistiques précises sur le pourcentage d’hommes et de femmes adultères. En effet, lors des sondages, les hommes ont tendance à exagérer et les femmes à minimiser le nombre de leurs relations adultérines. En France, en moyenne, les hommes revendiquent 11,3 partenaires dans leur vie, et pour les femmes 3,4. Un sondage réalisé en 2005 établissait que 39 % des hommes et 25 % des femmes avaient trompé leur partenaire. Le célèbre rapport Hite indique qu’aux États-Unis, 70 % des femmes ayant plus de cinq ans de mariage déclarent avoir été infidèles au moins une fois, et 72 % des hommes.

20% d’enfants illégitimes à l’insu du père légal

Selon des études sur les groupes sanguins, confirmées par des tests de paternité résultant de l’étude de l’ADN, on estime qu’environ 4 % des enfants ne sont pas ceux du père de famille. La féministe Évelyne Sullerot donne une estimation qui se monte au double.

Noëlle Lenoir, en 1991, dans son rapport au premier Ministre qui servit de base au projet de loi sur la bioéthique déposé au Parlement affirme: « Il n’existe pas d’étude sérieuse sur le nombre d’enfants adultérins, mais les chiffres de 10 à 20% d’enfants présumés légitimes, et en réalité adultérins, sont parfois avancés. On imagine les effets redoutables que pourrait entraîner le libre accès aux techniques d’empreintes génétiques, si elles étaient demain à la portée de n’importe quel laboratoire. Il faut donc encadrer cet accès ».

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