Le viol est-il prouvable ? Lacunes scientifiques, victimisation, et honneur patriarcal de la chasteté dans le mariage

Analyse par Pendragon Dendera, conseiller du Mouvement Matricien

C’est le mariage consanguin qui est interdit, pas l’inceste

Dans le matriarcat (société sans père ni mari, mais pas sans oncles maternels), le sommet de la pyramide répressive est occupé par l’interdit de l’inceste qui est passible de mort, y compris pour l’inceste frère-soeur. Dans le patriarcat, y compris dans le patriarcat libéral contemporain, l’inceste est dépénalisé. Dans la mesure où, par exemple, la fille est majeure et consentante, elle peut coucher avec son père. C’est le mariage qui est interdit, pas le sexe. Ce qui est puni dans le patriarcat n’est donc pas, de fait, l’inceste, mais le viol. Georges Vigarello a écrit un ouvrage qui fait référence sur ce sujet : L’histoire du viol.

L’imprescriptibilité et la peine de mort pour les pères incestueux

Les parents incestueux sont condamnés pour viol avec circonstance aggravante comme personne ayant autorité. En tant que crime, il y a prescription 20 ans après les faits. Du fait du temps nécessaire pour prendre conscience de la réalité des faits, et ce d’autant plus qu’ils ont été subit jeune, et, grâce aux interventions des associations de victimes, il a ensuite été porté à 20 ans après la majorité de la victime, alors que dans certains pays occidentaux, comme la Grande-Bretagne et la Suisse, il est imprescriptible. C’est évidement la ligne politique des matriciens, et nous nous étonnons que les militants de la patrilinéarité, de la paternité et du mariage, qui veulent donc inclure les pères dans la famille de ‘leurs’ enfants génétiques n’aient pas été les premiers, mais au contraire plutôt les derniers, à exiger l’imprescriptibilité et la peine de mort pour les pères incestueux.

L’Honneur pour cacher la marchandisation de la femme

Dans le patriarcat, la femme est une marchandise. Pour camoufler cet état de fait, il sur-compense symboliquement l’image de la femme en la drapant des oriflammes de l’Honneur. La Femme doit savoir préserver son Honneur et celui de son Clan… en restant chaste ou fidèle à son mari. La raison profonde est bien entendu, comme nous l’avons souvent déjà souvent démontré, la nécessité de pouvoir garantir que la descendance réelle soit bien du prétendant officiel… Maman sûre, papa peut-être…

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La virginité, une valeur sûre du patriarcat

Le viol d’une jeune vierge devient une catastrophe économique pour sa famille car elle perd immédiatement sa valeur commerciale. Encore aujourd’hui, sur internet, un dépucelage se négocie aux alentours de 30 000$. Evidemment  on ne présentera pas les choses aussi crûment. On dira simplement qu’une femme non-vierge aura plus de mal à trouver, à se marier, et ce, même si elle a été violée et donc non-‘fautive.

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Le viol, un déshonneur, une honte

Au-delà de sa souffrance et de son sentiment de dégoût personnel, une femme violée restera avant tout une femme déshonorée aux yeux des autres. Cette honte n’aidant pas les victimes à oser porter plainte, car le doute aux yeux du public subsistera toujours : était-elle réellement non-consentante ? Car dans la mesure où elle l’aurait été, elle serait à ranger parmi ces femmes de mauvaise réputation telles les libertines, prostituées, ou encore pire : les mères célibataires.

Le devoir conjugal, un viol légitime ?

  • 1832 – Jusque là délit, le viol est désormais un crime, mais c’est le père ou le mari qui est considéré comme lésé.
  • 1910 – Le « devoir conjugal » est une obligation, il n’existe pas de viol entre époux.
  • 1990 – Arrêt de la Cour de cassation condamnant le viol entre époux.

Pourtant, toutes les femmes ont vécu des viols consentis, qui n’existent qu’à l’intérieur du couple, où il était plus simple, pour éviter de se prendre une baffe ou pour avoir la paix, un soir où monsieur est rentré un peu trop alcoolisé d’une fête entre copains, d’écarter les cuisses. Là, il n’y aurait pas déshonneur ? A ce titre, si le viol coûte vraiment 20 ans de prison, il faudrait mettre les ¾ de la population masculine derrière les barreaux… C’est absurde, et pourtant il y a une unanimité populaire à la répression du viol. Mais que punit-on au juste ?

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Les abus du statut de victime

On a jamais mis en prison une femme qui venait de gifler un homme parce qu’il venait de lui mettre la main aux fesses. Qui est le plus bête dans une telle situation ? La femme ou l’homme giflé ? C’est pourquoi faire une loi contre le harcèlement sexuel pour punir les mains au cul a été une bien mauvaise idée. De la même façon, on a jamais mis une femme en prison pour avoir mis un coup de genou dans les roustons à un homme qui, après une main aux fesses revient à la charge. Criminaliser le viol, ça signifie que la femme doit dire non, puis doit se laisser faire, pour endosser pleinement le statut de victime. Tout comme pour pouvoir bénéficier du statut de victime de coups et blessures, elle doit se laisser faire, sinon c’est une bagarre entre deux partis. Cette posture est évidement intenable, et de fait, selon la jurisprudence, aucun « non » exprimé n’a jamais été en pratique suffisant pour signifier un non-consentement, encore moins si ensuite madame écarte les cuisses pour éviter de se prendre une baffe, ou demande à son agresseur de mettre une capote pour éviter d’attraper des MST.

Des preuves scientifiques, de violences, oui, de viol, non

C’est qu’il y a un problème de philosophie juridique derrière cette question. De faire du viol un crime amène à un problème technique insurmontable : l’évaluation du consentement de la présumée victime. La différence entre la monarchie et la république, c’est que dans cette dernière, pour ce qui est du domaine judiciaire, la justice s’est alignée sur la méthode scientifique. La justice républicaine ne juge (devrait juger) donc que sur les faits objectifs et objectivables. C’est pourquoi la « manipulation mentale » que l' »inquisition » a voulu reprocher aux sectes ne peut pas (n’aurait pas dû) être pénalisée. Il en est de même pour le consentement : on ne peut pas l’objectiver. Sauf si il y a eu bagarre, auquel cas la loi contre le viol fait redondance avec celle contre les coups et blessures, ou tentative de meurtre. Or si il y a redondance, la loi de criminalisation du viol est inutile. Le viol sans violence est évidement condamnable, mais à quel prix ? Il y a une différence entre viol sans violence et viol couplé à une agression physique d’intensité variable. Le prix à payer pour un viol sans violence, ce n’est certainement pas 20 ans de prison. C’est celui d’une passe. A évaluer…

Repenser notre philosophie répressive & apprendre les arts martiaux ?

C’est donc bien toute notre philosophie répressive qu’il faut repenser : au sommet de l’arsenal, l’interdit de l’inceste, imprescriptible et passible de la peine maximale. La répression du viol devient inutile car il devient puni au titre d’agression physique, avec circonstance aggravante si il y a un différentiel de force physique flagrant. Evidemment  je conseille à toutes les femmes de faire du self-défense, mais on en est tous là ! De toute façon mesdames, ne vous leurrer pas. Dire non à votre agresseur n’a jamais été suffisant. La loi de criminalisation du viol est de fait inapplicable et inappliquée. Inappliquée parce que inapplicable, et philosophiquement anticonstitutionnelle. Il vous appartient, aujourd’hui, comme depuis toujours, de prouver physiquement votre non-consentement. Donc, bonnes études martiales ! (ndlr : Et pourquoi pas restaurer et restructurer des réseaux de solidarité et de protection ? Familles, clans, tribus… devoir de vendetta).

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