Pédérastie / pédophilie : quand les femmes sont inaccessibles hors mariage (patriarcat)

«Pourquoi Zeus nous oblige à passer par les femmes pour avoir des fils? […] Quel besoin a-t-on des femmes, quand l’esclave est là pour les travaux ménagers, et l’adolescent désirable pour les ébats amoureux ?» – Eschyle, poète antique grec

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants non reconnus par leur géniteur, donc, des bâtards illégitime. C’est pourquoi dans toute société patriarcale traditionnelle, les relations hétérosexuelles extra-conjugales sont strictement interdites (sauf avec les prostituées), et punies dans le sang.

Dans les sociétés les plus patriciennes (ex : Rome), où les femmes sont rabaissées à un rang inférieur aux esclaves, et où les hommes rêvent d’avoir des fils sans le ventre des femmes (idéal olympien), une institution universelle au patriarcat s’est développée : l’amour sodomite des petits garçons qui se substituent aux femmes. Les femmes étant donc interdites hors mariage (payer une dot), hors prostitution (payer une prestation sexuelle), la dernière solution est d’avoir des rapports sexuels avec ce qui y ressemble le plus : un garçon pré-pubère, imberbe…

Cela dit, le Talmud (livre du judaïsme) permet les relations sexuelles avec les petites filles qui n’ont pas encore leurs règles, c’est-à-dire non fertiles. L’institution traditionnelle de la pédérastie se retrouve non seulement à Rome, mais aussi à Athènes, en Afghanistan, au Japon, chez les Mayas, et chez les Celtes fraîchement rentrés dans le patriarcat…

Bacha Bazi, une tradition pédophile afghane

Étymologie : Bacha Bazi (en persan: بچه بازی, littéralement «jouer avec les enfants» en dialecte iranien, et « jouer avec les garçons » en dialecte afghan), aussi connu comme baccha (de la Bacheh Persique بچه «enfant, jeune homme, veau») ou Bacha bereesh (garçon imberbe). En Asie centrale, les Bacha Bazi sont de jeunes garçons travestis en filles, qui dansent et chantent lors de soirées festives réservées aux hommes. Ces garçons sont souvent prostitués et violés.

C’est une forme d’esclavage sexuel de garçons pré-pubères et d’adolescents, qui sont vendus à des hommes riches ou puissants, pour leur divertissement et leurs activités sexuelles. Cette entreprise est prospère en Afghanistan, où de nombreux hommes y voient un symbole de prestige social. Les autorités essayent de réprimer la pratique, mais beaucoup doutent que cela soit efficace, car la plupart des hommes impliqués sont puissants et bien armés. Beaucoup sont d’anciens chefs de guerre qui ont lutté avec l’OTAN contre les Talibans. Sous les talibans, le bacha bazi était interdit.

Le Représentant spécial de l’ONU du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés a indiqué, en 2009, « Il est temps d’affronter ouvertement cette pratique et de mettre un terme à cela. Les chefs religieux en Afghanistan font appel à moi pour les aider dans la lutte contre ces activités. Des lois doivent être adoptées, des campagnes doivent être menées, et les responsables doivent être punis. Les garçons ainsi que les filles, doivent être protégés pour qu’ils puissent profiter d’une enfance sans exploitation ».

Le journaliste afghan Najibullah Quraishi a réalisé et publié un documentaire sur cette pratique intitulé  »Les garçons danseurs d’Afghanistan ». Il a été diffusé sur PBS Frontline aux Etats-Unis, et True Stories au Royaume-Uni le 20 avril 2010. Le débat a été soutenu par RAWA, (Association Révolutionnaire des Femmes d’Afghanistan). Les soldats de l’OTAN en patrouille, observant souvent des hommes âgés marchant main dans la main avec des garçons très jeunes, le Département américain de la Défense a engagé la sociologue Anna Maria Cardinalli pour enquêter sur le phénomène.

La pratique du bacha bazi est une forme de pédérastie (du grec ancien παις- / paid- « enfant » et ἐραστής / erastès « amant »). La pratique est répandue en Asie centrale depuis des temps très anciens, et semble-t-il, depuis les anciens grecs (empire Séleucide d’Asie, descendants d’Alexandre le grand…). Dans une société pratiquant une ségrégation sévère entre hommes et femmes, où celles-ci cloîtrées au foyer sont absentes de la société, où les hommes n’ont le droit de voir que le visage des femmes de leur famille (mère, sœurs, épouse), la tentation de la pédérastie est grande. Ces coutumes d’apartheid sont pratiquées depuis les assyriens et les hébreux, les grecs et les romains, les indiens et les perses… et semblent produire les mêmes conséquences : si les grecs et les romains sont célèbres pour leur pédérastie institutionnalisée, le Japon médiéval n’est pas en reste (samouraïs et bonzes des monastères), ni les civilisations mésoaméricaines (Maya, Aztèques…).

Au paradis d’Allah

LE SAINT CORAN, traduction en langue française du sens de ses versets et transcription en caractères latins . Ouvrage réalisé par l’Atelier Graphique Albouraq 2007. Impression achevée en mars 2007 sur les presses de Dar Albouraq Beyrouth-Liban.

. à la Sourate 76, l’Homme (El-Insan) – verset 19:  » Et là circuleront autour d’eux des enfants à l’éternelle jeunesse; quand tu les verras, tu penseras que ce sont des perles défilées. « 

. à la Sourate 56, l’Evènement (El-Waqi’ah) – verset 17:  » Autour d’eux des éphèbes toujours jeunes. « 

Ibn Kathir nous dit que  » les garçons sont toujours les mêmes. Préservés du vieillissement, ils ne changent jamais. Ils sont immortels et jeunes pour l’éternité. « 

. Le cheikh Mohammed Gala keshk dit encore:  » les garçons au paradis sont destinés à la jouissance sexuelle des élus, ils sont  » les perles défilées « , tandis que les Houris sont  » les perles préservées « . Aussi sont-ils de même nature puisque serviteurs les uns et les autres des joies du sexe «  (9).

. M. Ibrahim Mahmoud nous apprend que le cheikh Mohammed Galal keshk est un éminent universitaire, diplômé de l’Université Al-Azhar. Ce dernier affirme donc que ces garçons éternellement jeunes sont voués aux joies du sexe. (10)

Ainsi l’homme qui sera resté chaste sur la terre aura le droit, au paradis, de se livrer à la sexualité à laquelle il aura résisté au long de sa vie terrestre. Ainsi les Houris sont-elles les récompenses promises pour ne pas avoir commis l’adultère sur terre, et cela par crainte de Dieu. Et les jolis garçons seront la récompense de ceux qui ont désiré avoir des relations sexuelles avec des adolescents, sans oser le faire, pour garder leur chasteté sur cette terre.

Cette déclaration de Mahmoud est en accord avec celle d’Ibn Quaim El-Jozyyiah:  » celui qui se privera de la débauche parce qu’elle est pas permise sur la terre l’aura en récompense de sa chasteté au paradis, et au plus haut degré – notamment en compagnie de jeunes éphèbes « . (11)

Au pays des samouraïs pédophiles

Le shudō (衆道) est la tradition japonaise d’une homosexualité de type pédérastique pratiquée au sein des samouraïs de l’époque médiévale jusqu’à la fin du XIXe siècle. Le terme est en fait l’abréviation de wakashudō (若衆道), « la voie des jeunes hommes » (jeune (若, waka) et homme (衆, shu)). Le terme (道, voie, chemin) est apparenté au mot chinois tao, chemin menant à l’éveil. Aucune source ne nous renseigne sur l’existence éventuelle de pratiques homosexuelles dans le Japon de l’Antiquité. Entre la fin du XIe siècle et la première moitié du XIVe siècle, si sont bien relatées les amours de quelques empereurs avec de beaux garçons, celles-ci n’ont donné naissance au Japon à aucune tradition homosexuelle, à la différence de ce qui avait eu lieu en Chine dès l’Antiquité.

Les bonzes sodomites

Bien que ce soit en 1485 qu’apparaisse pour la première fois le terme shudō, la tradition homosexuelle au Japon lui est nettement antérieure, avec les relations amoureuses entre les moines bouddhistes et leurs novices (chigo). La légende veut que ce soit le bonze Kūkai (également connu sous le nom de Kōbō Daishi), fondateur de l’école bouddhique de Shingon, qui ait importé de Chine l’amour mâle et ses enseignements. Le nom du Mont Kōya (où subsiste encore aujourd’hui le monastère fondé par Kōbō Daishi) était souvent utilisé pour désigner les relations de type pédérastique jusqu’à la fin de l’époque pré-moderne.

Les premiers Européens à visiter le sol japonais furent frappés par la fréquence et la publicité des relations de type pédérastique. Ainsi le jésuite portugais Alessandro Valegnani observait-il en 1591 : « Les jeunes garçons et leurs partenaires, ne considérant pas la chose comme grave, ne la cachent pas. En fait, ils y voient honneur et en parlent ouvertement. Non seulement la doctrine des bonzes ne la tient pas pour un mal mais eux-mêmes pratiquent cette coutume, la tenant pour absolument naturelle et même vertueuse. »

L’amour pour les femmes féminise les hommes

Par ses aspects pédagogiques, militaires et aristocratiques, le shudōs’apparente fortement à la pédérastie grecque. La pratique en était tenue en haute estime et se voyait encouragée au sein du groupe des samouraïs. On la considérait comme bénéfique pour le garçon, en ce qu’elle lui enseignait vertu, honnêteté et sens du beau. Lui était opposé l’amour pour les femmes, accusé de féminiser les hommes.

Les acteurs prostituées

Avec l’ascension de la classe marchande, certains aspects du shūdō sont adoptées par les classes moyennes et l’homosexualité au Japon commence à être davantage associée aux acteurs de kabuki itinérants, les tobi-ko, qui bien souvent font aussi office de prostitués. Durant l’ère Edo (1600-1868) les onnagata, acteurs de kabuki adultes interprétant des rôles féminins travaillaient également souvent comme prostitués. Les kagema étaient des garçons prostitués œuvrant dans des maisons closes spécialisées appelées kagemajaya (陰間茶屋, maison de thé des kagema). Tant les kagema que les onnagata étaient très prisés des gens raffinés de l’époque, souvent adeptes du danshoku/nanshoku (男色) ou amour mâle.

Le mauvais exemple de Rome et des papes

La contre-réforme, organisée par le concile de Trente (1545 – 1553) institue l’inquisition et l’Ordre des Jésuites, fondé par Ignace de Loyola, chargé de l’éducation de la jeunesse, de la conversion des infidèles, du maintien du catholicisme face aux progrès du protestantisme. A Rome, Daniel Volterra, un disciple de Michelange, fut chargé de peindre des cache-sexes sur les nus de son Maître. On le surnomma  » il braghettone « . A Paris, on recommença à brûler les sodomites. Mais là encore, le pouvoir tolère chez les grands, ce qu’il interdit au peuple (Henri III, roi en 1574 ou Jacques 1er, roi d’Ecosse en 1567, puis roi d’Angleterre en 1603). Dès le début de la Renaissance, la lutte contre l’homosexualité se relâche un peu ; non parce que l’église a renoncé à la réprimer, mais parce que le « mauvais exemple » vient aussi bien de Rome et de ses papes que des familles royales et princières. Ce sont les écrivains, les poètes qui, dans le silence des puissants, s’érigent en procureurs.

Le « vice italien » de l’aristocratie européenne

Ronsard, du Bellay, d’Aubigné, se déchainent contre le  » vice italien  » d’Henri III et de sa cour. L’homosexualité est toujours étrangère ; en Italie, c’est le  » vice allemand  » ; en Allemagne et en Espagne, c’est  » le vice français  » !!! Si les goûts d’Edouard II, mort en 1327, semblaient mal acceptés par le peuple anglais, ceux de Jacques 1er, mort en 1625, ne paraissent pas inquiéter ses sujets. Ses liaisons successives avec son cousin français d’Aubigny, puis avec Lennox et Robert Carr, sont notoires.

Les rois s’exhibent avec leurs ravissants éphèbes

L’opinion publique accepte l’homosexualité du roi, comme elle avait accepté celle de la reine Élisabeth. Jacques 1er et ses proches ne craignent donc pas de s’afficher avec de ravissants éphèbes qui se permettent toutes les familiarités. Le roi connaît cependant les limites de cette tolérance : Francis Bacon en est un exemple (1561 -1626), savant et philosophe, conseiller privé, puis garde des sceaux, il vit son homosexualité avec discrétion. En 1621, lorsque Bacon sera accusé de sodomie, Jacques 1er ne se hasardera pas publiquement à défendre leurs penchants communs. Pour la forme, Bacon sera emprisonné quelques-jours à la tour de Londres, puis définitivement banni de la cour. Si le peuple anglais avait accepté les goûts de son roi, c’est peut-être parce qu’il avait rempli sa mission en se mariant et en donnant un héritier au trône. Henri III ne sut pas faire de même et le peuple ne lui pardonnera pas. Il sera assassiné par un moine fanatique, Jacques Clément.

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