Systèmes d’Echanges Locaux, monnaies alternatives et Société Confédérale Segmentaire

Déméter, "la semeuse", déesse-mère de l'agriculture

Définition d’un marché : Un marché est une association de producteurs qui échangent leurs produits par le troc, ou par l’intermédiaire d’une monnaie commune, crée et régulée par une autorité propre à ce marché.

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Principe originel de la monnaie & Mort naturelle du capitalisme : Démystification de l’argent-dette et de la monnaie-or. Comment créer facilement un système monétaire viable, sans or? ————————————————————————————————————————

Le collectivisme dans le libéralisme

Le libéralisme est l’ingérence minimale de l’Etat dans la sphère économique, et donc une économie souple et efficace. Mais l’inconvénient, c’est que les travailleurs se retrouvent sans la protection de l’Etat. Le libéralisme est sain, à condition que les travailleurs aient le droit de s’associer en organisations efficaces pour défendre leurs intérêts : les producteurs doivent s’organiser en collectivités protectrices (entreprises familiales associatives & marchés locaux), qu’ils doivent protéger (protectionnisme). Exemple : le marché national.

Troc & SEL

Dans une Société Confédérale Segmentaire, les échanges économiques sont naturellement privilégiés entre membres d’un même segment : famille, clan, tribu, nation… La propriété collective d’un segment associatif facilite les échanges de biens et de services, entre ses membres. Ainsi, chaque niveau confédéral (famille, clan, tribu, nation…) constitue un marché local, dont les produits sont échangés par le troc, ou par la création d’une monnaie locale. C’est le principe du SEL (Système d’Échanges Locaux) appliqué dans le cadre d’une Société Confédérale Segmentaire (SCS).

Économie du don : le potlatch

Chez les peuples qui ne connaissent pas l’économie monétaire, les réseaux économiques sont organisés en systèmes de dons rituels, appelés Potlatch chez les amérindiens d’Alaska. Les membres des communautés (familles, clans, tribus, ou nations) se réunissent sur un terrain commun neutre. Là, devant les témoins que constituent l’assemblée communautaire, ils s’offrent mutuellement des richesses (biens et services) aux yeux du publique, afin que dons et contre dons soient garantis par le sens de l’honneur et de la fierté, ainsi que par le risque d’expulsion ou de conflit en cas de plainte devant les conseils tribaux. Quand une communauté donne à une autre communauté, celle-ci doit contre-donner au moins autant que ce qu’elle a reçu, sur le moment même, ou à une échéance fixée publiquement. La valeur est laissée à l’appréciation subjective de l’assemblée. Il n’y a pas de marché des valeurs (économie boursière). Mais il ne faut pas contre-donner beaucoup plus, au risque d’offenser le donneur.

Cérémonie du Potlatch (dons rituels) dans une maison noble Tsimshian

Lire Matriarcat Tsimshian, Kwakiutl et Gitksans (Canada) : guerrière, chamanique et matrilinéaire

Originellement, la culture du potlatch était pratiquée autant dans les tribus du monde amérindien (les Amériques) que dans de nombreuses ethnies de l’océan Pacifique, jusqu’aux Indes. C’est pourquoi les premiers colons européens ont pu considérablement spolier les indigènes qui pratiquaient le potlatch, car ils échangeaient de l’or contre de la bimbeloterie ; les Indiens croyant à la valeur « potlatch » de ces échanges pensaient que ces trocs étaient équilibrés.

Monnaies communautaires confédérales

On obtient donc autant de marchés locaux, et autant de monnaies locales, que de cellules collectivistes, qui coexistent tous, imbriqués les uns dans les autres en pyramides confédérales.

La monnaie est un moyen d’échanges entre les membres d’une même cellule confédérale :

  • marché national / monnaie nationale

    • le franc est la monnaie d’échange sur le marché français

  • marché européen / monnaie européenne

    • l’euro est la monnaie d’échange sur le marché européen

  • marché mondial / monnaie mondiale

    • le bancor est la monnaie d’échange sur le marché mondial

Monnaie commune contre monnaie unique

Une monnaie globalisante peut être bénéfique à condition :

  • qu’elle soit gérée démocratiquement,
  • qu’elle soit confédérale,
  • et donc qu’elle respecte le principe de subsidiarité : souveraineté des membres des échelons inférieurs, et coexistence avec les monnaies locales…

Video : Finance & Matriarcat – conférence de l’économiste Bernard Lietaer « Au cœur de la monnaie »

L’ÉCONOMIE SOLIDAIRE ET LA RENAISSANCE D’UNE SOCIÉTÉ HUMAINE « MATRISTIQUE » – Marcos Arruda