De la conversion de Constantin à la chute de l’empire romain : l’impact d’un astéroïde ?

Lire : Révisionnisme récentiste : le patriarcat, une histoire récente inventée par les Jésuites ?

Est-il possible qu’une météorite, se crashant dans le centre de l’Italie en l’an 312, ait pu profité à l’église chrétienne ? Dans l’antiquité, les chutes de météorites étaient déjà divinisées par le culte des bétyles. Une équipe de géologues suédois le pense, selon un reportage de la BBC.

Une météorite a-t-elle sauvé le christianisme?

En 312, l’empereur romain Constantin Ier affronte Maxence, son principal adversaire, au pont Milvius. Une légende raconte que l’empereur aurait vu une croix dans le ciel, ainsi que les mots « Tu vaincras par ce signe » avant la confrontation. Il gagna la bataille et se convertit au christianisme peu avant sa mort. Une équipe de géologues pense qu’une météorite qui s’est écrasée en Italie au IVème siècle serait à l’origine de la légende. D’après les chercheurs, le choc a du être très violent, l’équivalent d’une petite bombe nucléaire. L’impact a creusé un cratère de la taille d’un terrain de football. Si cette météorite est bien à l’origine de la légende, il est probable que la décision de l’empereur de mettre fin aux persécutions des chrétiens l’année suivante y soit liée.

Une météorite tombe, un empire s’écroule…

Au cœur des Abruzzes, dans le centre de l’Italie, une équipe internationale de scientifiques, conduite par Jens Ormo (un géologue suédois), vient de découvrir ce qui apparaît bien être un cratère d’impact (le premier à être identifié en Italie).

De la taille d’un terrain de football, occupé par un petit lac, et de forme circulaire aux bords relevés, ce cratère du Sirente (du nom du Parc Naturel Régional dans lequel il est situé) présente toutes les caractéristiques des cratères formés par des impacts de météorites.

La découverte, tout autour, de cratères secondaires plus petits dus à l’éjection des débris de l’objet principal, renforce cette attribution. D’après les scientifiques, l’impact a certainement été équivalent à l’explosion d’une bombe nucléaire d’une puissance voisine de la kilotonne.

Par ce signe tu vaincras

Une histoire presque banale donc, si ce n’est que certains historiens ont établi un curieux rapprochement: les datations effectuées par radiocarbone donnent en effet pour l’impact une date qui pourrait parfaitement coïncider avec la fameuse « vision céleste » de l’empereur Constantin (la croix qui apparaît dans les airs… « In Hoc Signo vinces » – Par ce signe tu vaincras…), vision qui devait décider de sa victoire sur Maxence au Pont Milvius (au nord de Rome) en octobre 312, et donc de sa conversion au christianisme, et au moins accélérer le déclin de la civilisation romaine et l’expansion de la religion chrétienne. L’événement serait donc commémoré par le sigle IHS de l’ordre Jésuite (In Hoc Signo – Par ce signe), accompagné d’une lune mariale (Isis ?) et de deux étoiles qui représenteraient des saints (Horus et Osiris ?).

Lire Le complot jésuite ? La réécriture de l’Histoire de l’Humanité pour un Nouvel Empire Romain Chrétien

Le christianisme aurait-il existé sans cet impact ?

Mais que serait-il arrivé si cet événement chanceux, peut-être aussi rare qu’une fois tous les quelques milliers d’années, n’avait pas eu lieu en Italie à cette époque ? Maxence aurait gagné la bataille. L’histoire romaine aurait été différente, et les chrétiens en difficulté n’auraient pas reçu patronage de l’État. L’histoire du christianisme et de l’établissement des papes à Rome auraient pu être très différente…

Mort de la puissante Déesse, à la Sainte Vierge à l’Enfant

Lire Les Mystères d’Isis, source de Vie : religion matricienne et inversion judéo-chrétienne ?

A cette période, le territoire faisait partie du municipe romain de Superaequum. Un village romain local, appartenant à Superaequum, est connu pour avoir été soudainement abandonné, peut-être en conséquence à un terrible incendie lors de ce 4ème siècle. Les catacombes datant de la même période révèlent des corps qui ont été empilés sur place à la hâte, d’une manière indiquant une situation catastrophique.

Une histoire tirée des traditions orales des Abruzzes, concernant la conversion religieuse de la région du paganisme au christianisme, pourrait enregistrer l’événement de l’impact, au 5ème siècle de notre ère.

C’était dans l’après-midi … un tumulte frappa la montagne, et écartela les chênes géants, annonçant l’arrivée violente de la Déesse. Une chaleur soudaine et intense, accabla le peuple, et un cri raisonna tout autour, fendant l’air avec son cortège de violence […]

Les étoiles faibles disparurent, ciel bleu revint lentement, et le mont Sirente devint une montagne d’or dans les premiers rayons du nouveau soleil. On aurait dit que la vallée était pleine de roses. Nouvellement éveillés, les hommes écoutèrent attentivement le râle de la Déesse, au pied du bois; puis ils virent la statue de la Vierge, avec l’Enfant Jésus dans ses bras, qui était assise sur un trône de lumière, et entourée de lumière.

Source : Santilli, R.; Ormö, Jens; Pio Rossi, Angelo; Komatsu, Goro; A catastrophe remembered: a meteorite impact of the fifth century AD in the Abruzzo, central Italy. Antiquity, 2003, VOL 77; PART 296, pages 313–320 (Link to abstract)

Les terres noires, un cataclysme du 5e au 9e siècle ?

En archéologie, le terme de terres noires, usité depuis les années 1980, désigne une strate d’une épaisseur variant de 0,6 m à 2 m, succédant directement aux derniers dépôts antiques. Caractéristiques de nombreuses zones urbanisées dans l’Europe nord-occidentale de la fin de l’époque tardo-antique, les terres noires ont une origine complexe ; leur interprétation commence seulement à être appréhendée. La strate sous-jacente est souvent datée entre le iie siècle et le ve siècle, et la couche supérieure, comme dans la Cité de Londres par exemple, du ixe siècle.

Le début de l’Âge Sombre des civilisations

Selon une hypothèse popularisée par le documentaire anglais L’incroyable Catastrophe de Gary Johnstone, David Wright et Jeremy Freesto basée sur les recherches du correspondant en archéologie pour le quotidien britannique The Independent, David Keys, le 18 février 535 aurait vu la création du détroit de la Sonde entre les Îles de Java et de Sumatra par l’explosion titanesque du Krakatoa, entendue à des milliers de kilomètres à la ronde. Son tsunami aurait frappé quantité de populations côtières. Cette explosion serait consignée dans des documents écrits, en particulier chinois et est transmise dans la plupart des « mythes » des cultures orales comme l’obscurcissement durable du soleil (provoqué par les rejets de particules du volcan en question). Elle plonge la terre dans une sorte d’hiver nucléaire durant plusieurs années, entraînant famines, pandémies et l’effondrement de plusieurs civilisations. Considérée comme le début des âges sombres. L’importance de l’éruption serait confirmée par les archives de l’empereur chinois Yuan Baoju (Wandi) et les manuscrits de l’historien byzantin Évagre le Scolastique. Ces descriptions peuvent aussi renvoyer à une éruption volcanique de moindre ampleur ayant eu lieu ailleurs, plusieurs savants liant les événements des années 530 à une éruption du Rabaul (Papouasie). L’hypothèse d’une collision avec un chapelet de météorites a aussi été énoncée, entre autres par le sociologue et psychiatre russe Immanuel Velikovsky dans son livre « Mondes en Collision ».

Un changement climatique mondial

Explosion du volcan Krakatoa dans le Pararaton, ou Livre des Rois, manuscrit javanais des XVeXVIe siècles, en l’année 338 de l’ère Saka, soit 416 du calendrier grégorien. Elle serait à l’origine du changement climatique de 535-536, constaté par le byzantin Procope de Césarée et avéré par la dendrochronologie. La date de la première éruption historiquement documentée pour le Krakatau est débattue. Elle est en général datée de 416, mais la date de 535 est parfois proposée.

Un hiver volcanique planétaire

La perturbation atmosphérique résultant de cette éruption expliquerait les anomalies climatiques bien attestées dans plusieurs endroits de la planète vers 535. Selon Keys, les retombées de l’éruption auraient obscurci la totalité de la Terre durant au moins deux ans à partir de cette date. Cette éruption aurait rejeté une telle quantité de poussière, d’eau, de soufre et de gaz dans la stratosphère qu’un hiver volcanique aurait régné sur notre planète pendant plusieurs années. Le fait est que les sources anciennes, ainsi que les mesures dendrochronologiques attestent de perturbations météorologiques et climatiques, qui peuvent correspondre aux effets d’une puissante éruption volcanique. Ce nuage volcanique aurait bloqué les rayons du soleil, détruisant les récoltes et conduisant à la famine. Elle aurait entraîné, selon certaines théories, des exodes massifs et des invasions en Eurasie, en particulier celles des Avars depuis la Mongolie jusqu’à Constantinople affaiblie, ainsi que des épidémies et des changements politiques, religieux et sociaux…

Lire : La Nouvelle Chronologie Matricienne (récentisme) : l’âge d’or chrétien médiéval contre la Rome isiaque

La comète de Halley responsable du refroidissement climatique de 536 ?

Un fragment de la célèbre comète de Halley pourrait être à l’origine de l’important refroidissement climatique qui sévit principalement dans l’hémisphère nord autour de l’an 536, selon une nouvelle étude de carottes de glace de cette période menée par Dallas Abbott. Ses propos ont été recueillis par le site LiveScience après la présentation de ses recherches aux rencontres de l’Union américaine de géophysique.

La sonde spatiale Giotto a approché la célèbre comète de Halley lors de son dernier passage près de la Terre en 1986. Composé de glace et de roches, son noyau mesure environ 15 kilomètres de long. Les poussières que la comète laisse dans son sillage produisent chaque année les essaims météoritiques des êta-Aquarides (avril-mai) et des Orionides (en octobre). © Halley Multicolor Camera Team, Giotto Project, EsaLa sonde spatiale Giotto a approché la célèbre comète de Halley lors de son dernier passage près de la Terre en 1986. Composé de glace et de roches, son noyau mesure environ 15 kilomètres de long. Les poussières que la comète laisse dans son sillage produisent chaque année les essaims météoritiques des êta-Aquarides (avril-mai) et des Orionides (en octobre). © Halley Multicolor Camera Team, Giotto Project, Esa

D’après le compte-rendu du site LiveScience d’une étude présentée par Dallas Abbott lors des rencontres 2013 de l’Union américaine de géophysique, ou American Geophysical Union (AGU), qui se sont déroulées entre le 9 et le 13 décembre à San Francisco, l’important refroidissement climatique qui sévit vers l’an 536 de notre ère dans l’hémisphère nord pourrait avoir été causé par un fragment de la comète de Halley.

Comme en témoignent les cernes de croissance de plusieurs arbres âgés de plus de 1.500 ans ainsi que les nombreuses chroniques couvrant la période, de l’Europe jusqu’en Extrême-Orient, l’ensemble des populations vivant dans l’hémisphère nord souffrirent de maigres récoltes et de grandes famines occasionnées par des étés anormalement froids conjugués à de longues sécheresses. Pour les climatologues, il s’agirait du plus important refroidissement climatique de ces deux derniers millénaires, alors responsable d’une baisse de 3 °C de la température moyenne.

Au VIème siècle, la Terre a été plongée dans le noir pendant 18 mois

Quelque part durant l’an 535 de notre ère, une sorte de voile gris recouvre l’Europe. Ce phénomène entraine le plus grand refroidissement des 2000 dernières années et plonge l’Humanité dans une crise sans précédent.

« Pendant cette période, une faramineuse quantité de cendres enveloppait la planète. Elle a privé de lumière les cultures qui poussaient dans les champs. Elle a tué les cultures sur pieds et provoqué une grande famine car elle a empêché les civilisations existant à l’époque de produire de quoi se nourrir. » – Martin MORGAN, historien

« Nous savons, grâce à des données historiques, qu’au début de l’an 536, l’ensoleillement était très faible. En Mésopotamie, cela a duré 18 mois et on affirmait à cette période que le soleil n’apparaissait que 4 heures par jour. » – Dallas ABBOT, géologue

La trace de cette période sans soleil existe encore de nos jours. Les anneaux de croissance d’arbres d’Irlande et de Californie montrent les signes manifestes d’un dramatique refroidissement global.

« Les anneaux de croissance montrent clairement qu’il y a eu une période au VIème siècle où les nutriments qui rendent les arbres robustes et qui leur assurent une croissance rapide, ont chuté à un niveau très faible et donc les anneaux de croissance sont extrêmement rapprochés. » – Martin MORGAN, historien

La théorie acceptée met en cause une éruption volcanique massive et un nuage de cendres enveloppant la planète. Mais Dallas ABBOT, membre du groupe Holocène, propose un autre coupable. Cela commence par une preuve reposant sur les chevrons, les dunes de sable en forme de V qui pour certains indiquent un méga-tsunami.

Lire Archéologie – 5 tsunamis à Constantinople au 6e siècle. La cause de la fin de l’empire romain ?

Sur la piste des débris de la comète de Halley

Les carottes de glace prélevées dans les régions polaires montrent d’importants dépôts de poussières dans les couches de cette période. En suspension dans l’atmosphère, elles auraient ainsi voilé durablement le Soleil et provoqué un enchaînement de désastres climatiques qui frappèrent plusieurs régions dans le monde. D’abord attribuée à un épisode volcanique, leur présence pourrait en réalité avoir une origine extraterrestre de type météoritique, comme le suggèrent de récentes recherches.

Extrait de la Tapisserie de Bayeux où est représentée la comète de Halley, en haut à droite. Pour les Anglais, elle annonce la mort de leur souverain Harold II, tandis que les Français y voient la victoire aux côtés de Guillaume le Conquérant. On peut lire Isti mirant stella, qui se traduit par « ceux-ci regardent l'étoile avec étonnement ».Extrait de la Tapisserie de Bayeux où est représentée la comète de Halley, en haut à droite. Pour les Anglais, elle annonce la mort de leur souverain Harold II, tandis que les Français y voient la victoire aux côtés de Guillaume le Conquérant. On peut lire Isti mirant stella, qui se traduit par « ceux-ci regardent l’étoile avec étonnement ». © Myrabella, Wikimedia Commons, DP

Aussi, pour mener leur enquête, Dallas Abbott et son équipe se sont-ils rendus au Groenland pour effectuer de nouveaux prélèvements dans les couches de glace couvrant la période 533-540. Entre autres éléments, l’abondance d’étain qu’ils ont constatée dans les dépôts de poussières leur est apparue comme un signe tangible d’une parenté cométaire. Fait très intéressant, ces accumulations sont concomitantes avec les êta-Aquarides, une petite pluie d’étoiles filantes qui se produit chaque année entre le 19 avril et le 28 mai. Rappelons par ailleurs que cet essaim météoritique, qui a son radiant en direction de la constellation du Verseau (Aquarius), doit son activité annuelle aux débris laissés dans le sillage de la comète de Halley, laquelle nous rend visite tous les 76 ans. Très célèbre, elle a de nombreuses fois marqué l’histoire — et l’histoire de l’art avec la Tapisserie de Bayeux, les œuvres de Giotto, etc. — depuis l’Antiquité et les premiers témoignages consignés.

Un fragment de la comète de Halley comme possible coupable idéal

Cependant, même si elles ont pu provoquer un petit refroidissement en 533, les êta-Aquarides ne suffisent pas à expliquer celui de 536, plus intense. Pour Dallas Abbott, « il y a bien eu un petit effet volcanique [indices d’une éruption toutefois insuffisante pour affecter significativement leclimat, NDLR], mais je pense que le principal responsable est quelque chose qui a frappé l’océan ». Pour soutenir cette hypothèse, l’équipe de chercheurs s’appuie sur les fossiles de phytoplancton vivant exclusivement sous des latitudes plus basses (notamment diatomées et silicoflagellés) qui ont été retrouvés dans les carottes de glace. Bien sûr, seul un impact dans l’océan peut être capable d’éjecter sur d’aussi grandes distances ces minuscules formes de vie. Pour eux, le coupable idéal ne serait autre qu’un fragment de la grande comète de Halley, car son passage de l’an 530 fut singulièrement lumineux. « Des deux apparitions les plus brillantes de la comète de Halley, l’une d’elles a eu lieu en 530 », rappelle la professeure à l’observatoire terrestre Lamont-Doherty de l’université Columbia. Elle ajoute que « les comètes sont normalement des « boules de neige sale », mais lorsqu’elles se brisent ou dispersent beaucoup de débris, elles perdent leurs couches supérieures couvertes de matériaux sombres, et deviennent plus brillantes ».

Pour l’instant, nul ne sait où le morceau aurait percuté la Terre, mais pour avoir une idée de sa taille, l’équipe mentionne une précédente étude publiée en 2004, qui l’évaluait alors à environ 600 mètres. Un beau fragment de comète, certes, susceptible aussi d’avoir explosé dans le ciel et dispersé de grandes quantités de poussières à travers le monde, comme cela a été en partie observé lors de la chute mémorable de la météorite de Tcheliabinsk (de taille beaucoup plus modeste).

Si l’hypothèse se confirme qu’un fragment de la comète de Halley fut à l’origine des grands froids du VIe siècle et a été indirectement responsable de la première peste noire — appelée aussi peste de Justinien — qui a touché une Europe affaiblie en 541-542, il est tentant de voir alors, à l’instar de nos ancêtres, les comètes comme des signes de mauvais augure. Toutefois, même si les Anglais qui perdirent la bataille de Hastings en 1066 ont interprété le passage de la comète de Halley comme une annonciation de leur défaite, pour les Français, ce fut bien sûr tout le contraire.

Une énigme cosmique révélée par des cèdres du Japon du VIIIe siècle

Le 06/06/2012 à 13:26 – Par Laurent Sacco, Futura-Sciences

De 774 à 775 après J.-C., le flux de rayons cosmiques frappant la Terre a changé, produisant une augmentation spectaculaire du taux de carbone 14 dans l’atmosphère terrestre. C’est ce que révèlent les cernes de croissance de cèdres du Japon… mais personne ne comprend pourquoi car aucun événement cosmique ne semble fournir d’explication satisfaisante.

Le graphique montrant la brusque augmentation du carbone 14 (de -30 à 0 ‰) dans l’atmosphère de la Terre à la fin du VIIIe siècle (entre 765 et 800 après J.-C.). © Fusa Miyake, Kentaro Nagaya, Kimiaki Masuda & Toshio Nakamura

Le taux de C14 atmosphérique n’est pas constant

On sait depuis bien longtemps que le taux de carbone 14 dans l’atmosphère de la Terre varie de façon cyclique en fonction de l’activité du Soleil. Le phénomène est facilement compréhensible car notre étoile produit un flux intense de protons fonçant vers notre planète, constituant une part importante des rayons cosmiques frappant la Terre. Ces rayons génèrent indirectement un flux de neutrons qui entrent en collision avec les noyaux d’azote de la haute atmosphère, lesquels se transforment alors en cet isotope radioactif du carbone. La magnétosphère de la Terre stoppe une partie des rayons cosmiques et comme elle peut elle-même varier dans le temps, elle influe sur le taux de rayons cosmiques atteignant l’atmosphère.

La datation C14 est imprécise

On sait donc que la méthode de datation développée par Willard Libby en 1949 souffre d’une imprécision liée à la quantité moyenne de carbone 14 dans l’atmosphère produite par les rayons cosmiques. Mais on sait tenir compte des cycles du Soleil, et même des variations du champ magnétique de la Terre, pour obtenir de bonnes datations.

Lire Carbone 14 et Chrono-typologie : datations non fiables fondées sur des préjugés historiques

Une supernova, une superéruption solaire ou… ?

Or, comme il est expliqué dans un article de Nature, un groupe de chercheurs japonais vient de trouver dans des cernes de croissance de cèdres du Japon une augmentation spectaculaire du taux de carbone 14 de 774 à 775 après J.-C. Bien que de 1,2 %, elle est 20 fois supérieure à celle que l’on attend lors d’une modulation cyclique du Soleil.

Cette augmentation est également bien trop importante pour résulter d’une éruption solaire, en tout cas de celles que l’on connaît. Des études récentes tendent de plus à prouver que le Soleil ne peut pas être le lieu des superéruptions solaires que l’on observe sur certaines de ses cousines. Reste la possibilité d’une explosion de supernovae proche du Soleil mais il n’existe aucun document attestant d’un tel événement dans l’hémisphère nord en 775, alors que les civilisations chinoises et japonaises avaient bien noté la fameuse supernova à l’origine du pulsar du Crabe en 1054.

Un mini trou noir ?

Quel événement cosmique pourrait donc expliquer cette brusque augmentation du taux de carbone 14 ? Pour le moment, on n’en sait rien et on ne peut que se perdre en spéculations douteuses, comme celle de l’arrivée d’un mini trou noir en train de s’évaporer dans le voisinage du Soleil.

Peste noire ou cataclysme planétaire ?

Selon François de Sarre (lire Où est passé le Moyen Âge ?), la peste de Justinien (550) et la grande Peste Noire (1350) seraient un seul et même événement, dédoublés dans le temps, pour masquer un cataclysme planétaire d’origine cosmique (passage trop proche d’une comète) à l’origine de la chute de Rome.

Au VIe siècle, l’humanité vacille

La chute de Constantinople serait, selon les historiens, causée par les troupes ottomanes conduites par Mehmet II le 29 mai 1453. Pourtant, Gonzales de Clavijo, écrivain espagnol, décédé en 1412, s’étonnait déjà au début du XV° siècle qu’une ville aussi immense pût comporter autant de ruines et Bertrandon de La Broquière qui était à Constantinople en 1433, soit 20 ans avant les ottomans, est consterné de la trouver déserte. La maigre escorte qui accompagnait l’impératrice Marie le peinât également. Il observait véritablement un spectre dans une ambiance surréaliste de fin du monde. La ville semble donc en réalité être en ruine depuis plusieurs décennies et ne compte plus que quelques milliers d’habitants. Lorsque les musulmans pénètrent dans la ville en 1453, l’issue du combat ne peut faire aucun doute : 700 soldats à Constantinople contre 300 000 soldats du Croissant. Ils pénètrent donc dans une cité totalement dévastée.

Au Moyen-Orient, la majestueuse cité portuaire de Césarée en Palestine, bâtie par Hérode le Grand est ravagée entre 500 et 600 par un gigantesque tsunami dont on a retrouvé les traces. L’ancien ordre antique sera détruit par ces troubles climatiques. L’Empire Perse s’écroulera et laissera place à une nouvelle religion : l’Islam.

Lire Archéologie – 5 tsunamis à Constantinople au 6e siècle. La cause de la fin de l’empire romain ?

En Asie, « il pleut de la poudre jaune comme de la neige » écrit l’auteur de l’Histoire des dynasties du Sud, (Li Yanshou), des grandes chroniques chinoises du VI° siècle, et qui raconte le début d’un enchaînement fatal d’évènements survenus dans les années 530 de notre chronologie. En septembre 536 une terrible famine ravage les provinces du Nord. L’année suivant il fait si froid qu’il neige en août dans le Guizhou, région située à la latitude de l’Italie du Sud. La crise alimentaire dure des années. Des populations entières fuient de la Corée vers le Japon. La religion bouddhiste va y influencer le shintoïsme originel japonais, débutant une période de profonde mutation de la civilisation japonaise.

L’Empire du Milieu, la Chine, connait une suite de catastrophes naturelles durant tout le XIV° siècle, et tout particulièrement dans les années 1340 dans une suite d’inondations de de sécheresses catastrophiques. Déjà en 1290, un énorme tremblement de terre avait provoqué la mort de 100 00 personnes à Chihli dans la province d’Hebei. En 1303, année du grand séisme de Crête en Europe, la terre tremble aussi à Shanxi causant 200 000 morts. Aux environs de 1340 la Chine du Nord est affamée et sans secours après plusieurs défluviations catastrophiques du Fleuve Jaune. Ces bouleversements climatiques amenèrent l’avènement de la civilisation Ming en 1368. Une renaissance culturelle et matérielle va alors avoir lieu. Au début du XV° siècle, l’Etat se reconstitue. Pékin devient la nouvelle capitale et la Grande Muraille est reconstruite. Début d’une ère de prospérité qui amena les marins chinois a partir à la conquête du monde avec une flotte de près de 200 vaisseaux et 30 000 hommes, grâce à son invention : la boussole ! D’après l’auteur Gavin Menzie, de l’ouvrage 1421, the year China discovered the world, ancien commandant de sous-marin dans la Navy, les chinois auraient fait le tour du monde et auraient notamment débarqué en Amérique. Elle était à deux doigts de la domination mondiale. Mais soudainement, l’Empire du Milieu saborda sa flotte (la plus grande du monde à l’époque) et en 1433 se replia sur lui-même pour 6 siècles !

En Amérique du Sud. De 540 à 570 une longue période de sécheresse s’abat sur les civilisations de la plaine. A la même époque, naît le Premier Empire pan-Péruvien, les Huari, qui développent un système de cultures en terrasses, tracent peut-être le large réseau routier qu’utiliseront ensuite les Incas. Les régions côtières, en déclin, passent sous la coupe des Huaris, en même temps qu’en Amérique centrale on assiste à l’effondrement de la cité Etat de Teotihuacan ou la chute de Tikal, grande cité maya.

L’ancienne « civilisation du Mississipi » a connu son apogée entre 1200 et 1400. A partir de la fin du XIV° siècle, durant la période qui correspond à la peste noire en Europe, les populations mississippiennes déclinent brusquement, et selon les trouvailles archéologiques, les constructions seraient devenues défensives. Les spécialistes mettent en cause les gigantesques inondations du XIII° siècle. Au milieu du XIV° siècle, lors de la peste noire en Europe, la capitale Cahokia est quasiment désertée. Coïncidence ?

Lire Matriarcat Natchez-Chitimacha (Mississippi) : pyramides de la mère-soleil du roi-serpent

En Indonésie, le volcan géant Krakatoa explose en 535, d’après les scientifiques qui ont tenté de calquer l’évènement sur notre chronologie chrétienne, provoquant un véritable hiver nucléaire de plusieurs années. Un texte javanais, Le Pararaton (livre des rois) en relate l’éruption….. Ce texte aurait été écrit….. au … XVème siècle… ce qui accrédite encore une fois la thèse de la réunion des « deux » pestes de 540 et de 1340.

La peste et ses mystères

Etude scientifique comparative des deux grandes pestes

Source : L’histoire démystifiée

L’ humanité a du connaître depuis longtemps un grand nombre d’épidémies, par son contact avec des animaux domestiqués ou non, ou pour d’autres raisons, dans tous les cas il sera difficile de les identifier. Mais il existe cependant deux grandes épidémies historiques très connues pour leur mortalité, pour leur rapidité de diffusion, et bien sur parce qu’elles sont un petit peu documentées, il s’agit de la peste de Justinien qui a frappé le bassin méditerranéen de 541 à 767 et de la Peste Noire qui a touché l’ Europe, l’ Afrique du Nord, et le Makrech entre 1347 et 1352.

Pour vérifier si les correspondances entre la datation « Anno Domini » et « Ab Urbe Condita » sont pertinentes ou non (voir l’article précédent) nous allons observer les points communs et les différences entre ces deux événements, ainsi que d’autres pistes qui puissent nous aider.

Points communs entre la peste de Justinien et la Peste Noire

Symptômes:

Même si les symptômes décrits par les témoins de la peste de Justinien et de la Peste Noire dépassent parfois le champ de ceux l’on connaît de la peste moderne, toutes deux décrivent des symptômes propres à cette maladie, et surtout, coïncident, comme le décrivent Procope de Césarée témoin en 542 et Boccace en 1349.

Taux de mortalité hors du commun:

Ces deux épidémies auraient a elles seules décimé entre 30% et 50% de la population touchée. Il existe de part le monde, de nombreux foyers de peste moderne faisant toujours des victimes, cependant les taux de mortalité sont incomparablement plus faibles que les deux fléaux historiques.

Vitesse de propagation hors du commun:

En 664, on a rapporté  que la peste de Justinien s’est répandue de 385 km en 91 jours, la Peste Noire s’est étendue à raison d’ 1,5 km par jour à travers la France, alors que la peste moderne se répand à raison de 12-15 km par an. Ainsi, la vitesse de propagation surpasse de très loin la vitesse de propagation de la peste moderne qui est pourtant aidée par les transports modernes.

La même source d’inspiration de certains témoignages:

Le témoin de la peste de Justinien à Constantinople, Procope de Césarée, ainsi que le témoin de la Peste Noire dans la même ville, Kantakouzènos, ont le trait commun de s’être inspiré du même texte pour faire leur description des deux épidémies. Tous deux ont tirés leur proses de Thucydide qui décrivait la « peste » d’ Athènes, en fait vraisemblablement touchée par le typhus. Seuls les symptômes différèrent dans leur textes aux mêmes procédés littéraires que Thucydide (1).

(1) http://hal-ephe.archives-ouvertes.fr/docs/00/65/06/46/PDF/peste_CP_reI_dac.pdf

Différences entre la peste de Justinien et la Peste Noire

Origines géographiques:

La peste de Justinien aurait pour origine selon Procope de Césarée, l’ Egypte pour se diffuser à Constantinople et se répandre en Europe et sur les bords de la Méditerranée, tandis que la Peste Noire aurait été d’abord été identifiée à Caffa, sur les bords de la Mer Noire, ville génoise assiégée par des troupes infectées de la Horde d’ Or, la fuite des génois ont ensuite transmis l’épidémie à Constantinople, l’ Egypte et dans le bassin méditerranéen. Malgré tout, il reste quelques incohérences chronologiques sur la peste de Justinien qui a supposément débuté en 542 en Egypte alors que le premier contact des arabes avec ce fléau , nommé dans ces sources la « peste d’Emmaus », est quand le calife Omar entre en Palestine en 639.

Durée du fléau:

L’ épidémie a duré 226 ans pour la peste de Justinien et 20 ans pour la Peste Noire. Cette différence peut être reconsidérée si on constate que la peste, a continué à ravager l’ Europe 376 ans après la Peste Noire, qui était elle bien plus mortelle.

Expansion du fléau:

Pour la France, dont Grégoire de Tours offre le principal témoignage de l’ époque de la peste de Justinien, nous avons de petites différences sur les modalités d’ expansion sur ce territoire. La peste de Justinien aurait d’abord touché Arles et Clermont, selon ce témoin, avant qu’un navire en provenance d’ Espagne ne contamine Marseille, ce qui fait une différence avec la Peste Noire et ses navires génois qui entrent à Marseille pour ce répandre dans l’ hexagone. Cependant, Grégoire de Tours ne semble pas dater ses écrits, et l’ anno Domini est apparu plus tard, ce qui rend ses datations incertaines. C’est donc une autre différence nuancée.

La recherche sur l’origine épidémiologique de la Mort Noire

Malgré la présence de documents historiques de témoins oculaires directs, ces deux épidémies gardent leur mystères quand à savoir s’il s’agissait de la peste bubonique et/ou pulmonaire, ou une autre infection, pour la bonne raison qu’il existe de grandes différences entre ces épidémies historiques et les pestes que nous connaissons. Certains chercheurs ont même évoqué plutôt un virus de type Ebola (1). C’est dans cette incertitude que des fouilles sur des restes de victimes des pestes ont été faites, en prélevant les dents des squelettes, qui sont les pièces qui conservent le mieux les traces éventuelles de peste.

Des preuves génétiques ?

Tout a commencé en 2000 quand Eric Raoult et son équipe ont déclaré avoir des preuves génétiques de présence d’ Y Pestis dans le tissu pulpaire de restes d’un cimetière du XIV ème siècle à Montpellier. (2) Cependant, en 2003, Susan Scott de l’ Université de Liverpool, faisait valoir dans The New Scientist (3), qu’ il n’était pas prouvé que les restes utilisés par Didier Raoult provenaient de charniers de la Peste Noire. D’autant plus, qu’ auparavant, durant la même année, Alan Cooper, de l’Université d’ Oxford avait testé suivant la même méthode 121 dents provenant de squelettes trouvés dans des fosses communes du XIV ème siècle -comme à Angers, Verdun ou Copenhague, y compris des lieux où le cumulage de victime de la « Mort Noire » est documenté, comme East Smithfield et Spitalfields à Londres- et le résultat s’ est avéré négatif. (4)(5)

Des résultats discutables

Quatre ans plus tard, en 2007, Didier Raoult rééditait une autre étude avec la même méthode génétique, sur des dents de plusieurs centaines de squelettes de divers anciens charniers en France, dont deux connus pour être des fosses communes de victimes de la peste vers 1720, à Marseille et à Martigues.(6) Cette étude comprenait aussi des lieux de victimes « probables » de la Peste de Justinien du VI ème siècle, dans la Vienne. Le résultat s’est avéré positif mais le bilan reste discutable, sur 12 squelettes dans la Vienne, 18 dents de 5 squelettes avaient des traces d’ Y Pestis, sur 205 squelettes à Martigues, 13 dents de 5 squelettes avaient ces traces, et sur 216 squelettes à Marseille, 5 dents de 3 squelettes ont donné positif. Si l’on ajoute le manque de certitude que le site choisis dans la Vienne soit bien celui de victimes de la Peste de Justinien (« démontré » par le carbone 14 dont nous reviendrons sur son « calibrage » et sa fiabilité), malgré tout, Didier Raoult tirait la conclusion que l’ Y Pestis de type Orientalis est la cause des « 3 pestes historiques ».
Toutefois, en 2010, une autre étude (7), d’une équipe internationale, viendra confirmer ce point de vue, malgré de larges contradictions avec les travaux de Didier Raoult. Cette étude ambitieuse s’étendait sur 5 sites, « pouvant » être des lieux de fosses communes de victimes de la Mort Noire, durant les années de son apparition vers 1350: à Parme en Italie, Augsbourg en Allemagne, Saint Laurent de la Cabrerisse en France, Hereford en Angleterre, et à Bergen op Zoom aux Pays Bas.

Des souches qui ne correspondent pas

Sur un total de 76 squelettes découverts dans ces sites, 10 restes provenant de France, d’ Angleterre et des Pays Bas ont démontré des traces d’ Y Pestis. 1 cas positif sur 6 squelettes testés en France, 2 cas positifs sur 12 squelettes testés en Angleterre, et 7 cas positifs sur 43 squelettes trouvés aux Pays Bas. Il s’avère que son type de peste identifié est différent de celui observé par Didier Raoult, et qu’il s’agit d’un type ancestral différent des pestes modernes connues Orientalis et Medievalis, et ils en ont identifiés deux souches distinctes sur ces sites, une différente aux Pays Bas.

La grand-mère de toutes les pestes modernes

En 2011, une équipe de chercheurs composés d’ Hendrik Poinar et Johannes Krause analysaient (8) ce type de restes de la période de la Peste Noire et concluaient que l’ Y Pestis trouvés dans ces dents était de nature distincte des formes modernes d’ Y Pestis, et que sa proximité avec l’ origine en faisait l’ ancêtre le plus ancien des souches modernes, et estimaient que la peste de Justinien ne pouvait relever que d’un autre agent pathogène que l’ Y Pestis, et affirmait: « la Mort Noire est la grand-mère de toutes les pestes modernes » (9).

Une datation non fiable

Cependant la même année, Mark Achtman un autre expert en la matière applaudissait mais contestait ce détail se souvenant sans doutes des fouilles sur des restes d’un site supposé être de victimes de la peste de Justinien par Eric Raoult en 2007 avec des traces d’ Y Pestis orientalis, c’est à dire une des trois souches modernes de la peste, qui est vraisemblablement la fouille la plus ancienne concernant l’ analyse d’ Y Pestis. Cette donnée aurait été écartée par l’ équipe de Krause, jugée non fiable: les seuls arguments présentés pour dater ce site dans la Vienne, étaient une pièce estimée du V ème siècle trouvée dans les lieux et la datation par carbone 14.(10)

Un arbre généalogique de la peste

Atchman réalisait plus tard un « arbre généalogique » de la peste (11), en tenant compte de ces deux souches antiques trouvées dans les fouilles de la Mort Noire, les plus anciennes jamais trouvées dans le monde, et en tenant compte des variations génétiques des ces anciennes souches avec les souches modernes. Voici cet arbre, critiqué, simplifié, légèrement revu et corrigé à partir de données supplémentaires, dans cet excellent et très sérieux site sur les épidémies historiques. (12)

Une peste venue de Chine ?

Atchman ne peut dire quelle souche antique a pu provoquer la Peste de Justinien, mais ses observations sur les séquences génétiques, suggèrent la Chine comme berceau géographique de ce fléau, et propose que le passage de la peste d’ Asie jusqu’à l’ Afrique se soit faite par les expéditions chinoises de Zheng He au début du XV ème siècle. Le site « Contagions » admet qu’il est « un peu optimiste » avec les dates, ainsi que les taux de fréquences de l’ horloge de mutation des ces souches, qui ne corroborent pas avec ceux observés sur de plus courtes périodes, ces derniers bien plus rapides. D’autant que son identification « sans équivoque » de la Chine comme origine n’ est pas démontrée par la présence concrète d’ Y Pestis antique, comme ça l’est en Europe, mais par la comparaison avec des pestes epizootiques de foyers aujourd’hui naturels en Chine, ou en Angola, des maladies inofensives pour de grands mammifères comme nous. Ce scientifique semble plus inquiet de corroborer avec notre chronologie que d’ offrir une conclusion rationnelle et indépendante de ses recherches, mais il faut bien manger comme tout le monde. Le site « Contagion » n’a pas tord de considérer « l’explication » des expéditions de Zheng He comme moyen de transmission en Afrique, tirée par les cheveux. D’autant plus que bien des siècles auparavant, la peste était vraisemblablement déjà présente en Egypte, prête à tuer la moitié de la population européenne sous Justinien…et serait déjà identifiée sur le papyrus d’ Ebers datée en l’an -1534…alors que penser? Si un spécialiste en génétique ancienne comme Poinar – qui a en plus la présence d’esprit et l’ impartialité de ne pas faire confiance au carbone 14 dans un contexte historique-,  affirme que les souches de peste antique trouvées dans des charniers médiévaux sont si « archaïques » qu’elles n’ont pas pu exister longtemps auparavant  mais qu’un historien lui répond que c’est impossible parce que son livre lui dit que la peste était présente sous Justinien, que c’est d’abord apparu en Chine ou que des égyptologues ont datés un document décrivant des symptômes de peste sous l’ Ancienne Egypte, que faut il faire?

Qui faut il croire? Le généticien ou l’ historien?

Qui a raison? Hendrik Poinar ou Mark Atchman? Quoi qu’il en soit, les deux pestes historiques gardent tous leur mystères. On ne peut être certain d’en localiser l’origine géographique, ou encore d’ expliquer les grandes différences symptomatologiques décrites par les témoignages historiques et la peste moderne; avec la grande proximité génétique, quoique distincte, entre les deux pestes antiques et les souches modernes. Les analyses sur la question n’ont pas relevé de grandes différences avec les pestes modernes. Ce qui pousse certains chercheurs comme Poinar, et d’autres, à supposer la présence, durant l’époque de la Mort Noire, d’ autres maladies que la peste, qui ont agis en parallèle pour provoquer un tel massacre et se répandre aussi rapidement. Il est peu probable que l’ Y Pestis antique identifié en Europe en soit le seul responsable, bien que Poinar suggère que l’ absence de tout véritable médicament à l’époque puisse rendre la peste si mortelle.

Pourtant une autre découverte scientifique faite plusieurs années auparavant va apporter de nouvelles lumières sur les pestes historiques…