La Bible daterait-elle du XVe siècle ? Faux manuscrits antiques et brouillons incomplets

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Les brouillons tardifs de la Bible

Le canon actuel est très récent, la composition était très différente même au XVIIème siècle, voir contenu du « Kormchaia » prétendu de 1282, en particulier le Nouveau Testament possédait plus de livres que l’Ancien. Il y avait dans le Nouveau un « Josué », des Paralipomènes, des livres de Généalogie, et « Jésus Sémiramide », « Palée » (?), une Deuxième apocalypse, etc.

Interdiction de lire une bible non terminée

Interdiction de lire la Bible dans l’église catholique, formellement depuis la bulle de Grégoire IX en 1231, officiellement jusqu’au concile Vatican II. Concile de Béziers (1246 de la chronologie scaligérienne) : les laïcs ne doivent pas posséder la Bible en latin. En langue vulgaire, les laïcs pas plus que les clercs ne doivent y avoir accès. Dans un édit de Charles IV (fin du 14e) : « Les laïcs des deux sexes ne doivent pas avoir accès aux Écritures, de peur que des incompréhensions les mènent à l’hérésie et à l’égarement ». Le Concile de Trente (16e) interdit aux laïcs de lire les traductions « hérétiques » du Nouveau Testament, et la lecture de l’Ancien seulement sous la surveillance de l’évêque. Donc aux 16e – 17e il était facile pour les religieux catholiques de changer le canon, et ce jusqu’aux premières éditions imprimées.

La Bible n’existait pas au 16e siècle

Il s’est passé la même chose pour le judaïsme orthodoxe ; les juifs ne pouvaient pas avoir accès à la Bible mais seulement au Talmud. Dans l’église orthodoxe idem, en 1723 il y avait interdiction, surtout concernant les « simples gens » ; cette interdiction concernait l’Ancien Testament.

Selon nous cette interdiction vient du fait que la Bible n’était pas encore terminée d’écrire. Elle le fut aux 16e et 17e, par les papes et empereurs médiévaux. Jusqu’à la fin du 16e la Bible n’existait pas, que ce soit en Orient ou en Occident. L’historien des religions A.V. Kartachov écrit que le premier manuscrit de la Bible en Orient apparaît en 1490, établit pas l’archevêque de Novgorod Gennadi. L’intérêt de posséder une bible complète remonte au 15e siècle.

Manuscrits authentiques de la Bible ?

Références dans cette partie à l’historien des religions et des églises I.A.Kryveleva, citation de son livre « Fouilles dans les pays bibliques »

Manuscrits grecs

Les 3 manuscrits complets les plus anciens sont ceux d’Alexandrie, du Vatican, et du Sinaï. Les trois sont datés (paléographiquement, i.e. par le style d’écriture) de la seconde moitié du 4è siècle. ; de langue grecque. Chacun a son histoire, dont on connait plus ou moins de choses :

  • Celui dont on sait le moins de choses est celui du Vatican, on ne sait pas comment et d’où il y a atterri vers 1475.
  • Sur celui d’Alexandrie on sait qu’en 1628 le patriarche Cyrille Likarisse l’a offert au roi anglais Charles 1er.
  • Celui du Sinaï a été découvert au 19è seulement par le fameux théologien protestant allemand K. Tishendorff.

Quid du carbone 14 ?

Les trois plus anciens manuscrits ont donc fait leur apparition après le 15ème et même après le 17ème. Leur réputation d’ancienneté a été établie par l’autorité de K. Tishendorff (au 19e !) et suivant une évaluation graphologique. Cette méthode est subjective.

Le manuscrit ayant le plus longtemps été en possession de l’église serait celui du Vatican, mais son histoire est peu documentée. Selon notre analyse c’est l’existence même du Vatican qui est peu documentée avant le 16e – 17e siècles.

Il est parfois fait mention du manuscrit-palimpseste de Ephrem le Syrien, conservé à la bibliothèque de Paris. On le dit du 5e siècle, mais il fut découvert au 17e. Une partie a été effacée pour réécrire par-dessus une œuvre attribuée à Ephrem le Syrien. Une grande partie est illisible ou hiéroglyphique, mais l’expertise de Tishendorff en est venu à bout, le document a été publié, avec des pertes mineures, en 1843 à Leipzig. Il est très incomplet : l’Ancien Testament est fragmentaire, et il manque un tiers du Nouveau Testament.

Papier neuf et manuscrits incomplets

Citation de Morozov qui a pu examiner le manuscrit du Sinaï. Il relève que les feuilles sont en assez bon état, surprenant pour leur âge supposé. Le manuscrit d’Alexandrie est incomplet, ce qui est compatible avec notre théorie selon laquelle à cette date la Bible n’était pas terminée. Autre exemple, la seconde prophétie de Daniel était absente du canon d’alors. C’est compréhensible car nous avons montré que cette prophétie traite de faits et noms géographiques ou ethniques du Moyen-Age. Le manuscrit du Sinaï est un faux fabriqué par Tishendorff avec l’aide de moines.

Les copies douteuses de la septante

Il est dit que la première traduction en grec depuis l’hébreu a été faite par 72 traducteurs au 3è siècle avant JC. en Egypte sous Ptolémée de Philadelphie. On lui donne ne nom de « septante » en référence aux 70 ou 72 traducteurs. Mais cette traduction ne nous est jamais parvenue. On a simplement attribué trois manuscrits « ressemblants », en grec (cf plus haut Alexandrie/Sinaï/Vatican), comme étant des copies de cette fameuse traduction, et, encore une fois, suivant la datation douteuse de Tishendorff. De fait, l’on pense à la « Septante » comme à une bible en grec traduite sous Ptolémée, mais il n’en est rien.

Les manuscrits de la Mer Morte, une datation qui se mord la queue

En 1992, une datation au C14 de dix échantillons provenant de dix manuscrits a été effectuée, parallèlement à quatre datations d’étalonnage sur des documents supposés authentiques. Ces comparaisons sont indispensables car l’estimation théorique n’est jamais une datation absolue. A cause de possibles enrichissements parasites en C14 (pollution par des poussières, des pollens, etc.), en pratique, la datation au C14 n’est vraiment fiable que grâce aux comparaisons.

Ces dernières avaient montré que la date estimée se situait toujours du côté le plus récent du calibrage, voire même au-delà. Le seul manuscrit récent soumis à cet examen, celui des Hymnes d’Action de Grâces, présentait comme estimation la plus récente : l’an 61 – la date de ce manuscrit tournerait donc autour de 61 (cf. Dossiers d’archéologie, n° 240, 1999, p. 34).

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