L’âge d’or médiéval isiaque : les peintres initiés de la Renaissance, disciples matriciens d’Isis

A la Renaissance, les artistes et intellectuels se passionnent pour la déesse Isis antique, pourtant remplacée par la Vierge Marie, depuis plus de « 1000 ans d’âge d’or médiéval chrétien ». Simple passion intellectuelle ? Ou message secret réservé aux initiés ? Sachant que toute hérésie et tout retour aux cultes isiaques signifiait à cette époque la condamnation aux bûchers de l’Inquisition… Cet âge d’or médiéval fut-il réellement chrétien, s’il a existé ?

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Temples isiaques antiques ou églises mariales médiévales ?

On dit que Saint-Germain-des-Près et Notre-Dame-de-Paris furent bâtis sur d’anciens temples d’Isis antiques, qui auraient aujourd’hui disparu, pourtant toujours indiqués sur les cartes du 18e siècle. Les moines de Saint-Germain-des-Près reconnaissent que la Vierge Noire qu’aurait rapporté Saint Louis des Croisades est une représentation d’Isis. Quel message initiatique secret nous révèle cette femme-serpent du jardin d’Eden, plus amie que tentatrice de l’humanité première ?

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La déesse-serpent, amie de l’humanité première

Lucas Cranach l’Ancien est un peintre de la Renaissance qui a laissé de nombreuses œuvres énigmatiques, relatives aux âges de l’humanité, et aux divinités primordiales. Le serpent de la Tentation, responsable du Péché Originel, et de la Chute des premiers humains, apparaît comme un personnage sympathique et bienveillant, en opposition à un Dieu patriarche qui punit violemment tout écart à l’ordre paternel.

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La femme-serpent, une divinité pré-chrétienne ?

Gwenc’hlan Le Scouëzec dans son Dictionnaire de la Tradition Bretonne parle de la Grande déesse adorée sous forme de femme serpente ou anguille. En Armorique ce culte a été important, à Sizun (Finistère) par exemple, 5 sculptures au total sont dans l’enclos paroissial (église et ossuaire), ce qui fait peut-être de Sizun un sanctuaire important de cette déesse serpente ou poisson.

Dans la Rome antique, Angita (ou Angitia) était la déesse de la guérison et de la sorcellerie. Angitia était une déesse serpent. Du fait que les serpents étaient souvent associés avec les arts de la guérison dans l’ancienne mythologie romaine (même aujourd’hui, cf: signe des pharmacies), on pense donc qu’Angitia était principalement une déesse de la guérison. Elle avait des pouvoirs de sorcellerie et était maîtresse dans l’art des guérisons miraculeuses et herbales, en particulier lorsqu’il s’agissait de morsures de serpents. On lui attribuait aussi une grande variété de pouvoirs sur les serpents, en y incluant le pouvoir de tuer les serpents avec un seul toucher. Elle était toute particulièrement vénérée par les Marses, un peuple du centre de l’Italie. Ils sont réputés pour leurs charmes et leur sorcellerie. Vaincus par les Romains à la fin du ive siècle av. J.-C., ils se latinisent ensuite.

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La dégradation de l’ère primordiale

L’âge d’or est un mythe qui apparaît principalement dans la mythologie grecque puis la mythologie romaine (qui s’y réfère sous le nom de « règne de Saturne »). L’âge d’or fait partie du mythe des âges de l’humanité, avec l’âge d’argent, l’âge d’airain et l’âge de fer.

L’ère matricienne des titans

L’âge d’or est celui qui suit immédiatement la création de l’homme alors que Saturne (ou Cronos pour les Grecs) règne dans le ciel : c’est un temps d’innocence, de justice, d’abondance et de bonheur ; la Terre jouit d’un printemps perpétuel, les champs produisent sans culture, les hommes vivent presque éternellement et meurent sans souffrance, s’endormant pour toujours.

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L’âge d’or, une société matriarcale ?

Cette peinture décrit une humanité heureuse, où hommes et femmes nus mélangés, s’aiment librement sans les contraintes du mariage. Ils dansent autour de l’arbre de vie, le pouvoir de procréation, dont les fruits seront ensuite défendus par le Dieu-Père. Ce paradis terrestre est irrigué par une source qui coule d’une caverne sacrée, l’utérus de la Terre-Mère.

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L’ère patricienne des olympiens

L’âge d’argent commença lorsque Cronos, chassé du ciel, vint chercher un refuge sur la Terre, et que Zeus lui eut succédé : les hommes commencèrent à déchoir de leur première innocence et à perdre une partie de leur bonheur. L’âge d’argent finit lorsque Cronos n’ayant point trouvé refuge sur Terre, la quitta puis l’âge d’airain commença. Cette époque mythique appelée également « règne de Zeus » (Cronos a été chassé du ciel) est donc le second âge de la création.

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L’âge d’argent, l’avènement du patriarcat ?

Cette seconde peinture décrit la jalousie, où les hommes se battent désormais entre eux pour posséder les femmes, afin d’avoir une descendance légitime. C’est le père, et non plus la mère, qui est source de la Vie. Après la Chute du Péché originel, la sexualité n’est plus innocente. Elle doit désormais être encadrée par les liens sacrés du mariage, afin que le Dieu-Père confère à l’homme le pouvoir exclusif de la procréation. La femme n’est plus que le terreau qui reçoit la graine du père.

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La nostalgie d’un monde disparu

Sur cette peinture, on peut voir la déesse Artémis nue, allongée près d’une source. Elle est armée d’un arc et d’un bouclier Scythe, car elle est la déesse anti-mariage des Amazones. Lors de l’avènement du patriarcat olympien, elle échappa à la tutelle d’un mari, et fut donc qualifiée de Reine et Vierge. Elle garde la source de vie, pouvoir de procréation, qui coule d’une caverne utérine s’ouvrant sur un autre monde caché et oublié, l’ère primordiale du matriarcat, sans père ni mari, où Dieu était une femme.

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Le jardin des délices, par delà le Bien et le Mal

Le Jardin des délices est un triptyque du peintre néerlandais Jérôme Bosch datant de 1503 ou 1504. Cette œuvre complexe est sans doute la peinture la plus célèbre de l’artiste, mais elle reste encore aujourd’hui assez énigmatique. Le panneau de gauche représente Adam et Ève en compagnie de Dieu dans le paradis terrestre, le panneau central, un jardin délicieux dont la signification n’est pas forcément claire, et le panneau de droite montre les tourments de l’enfer.

La Joconde est la déesse Isis

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Isis, ou la théosophie archaïque de la déesse-mère

Certains pensent, que la peinture de Jérome Bosch, Le Jardin des délices, pourrait être une représentation de la mythologie adamite, car la secte des Frères du Libre-Esprit, suivant ses principes se développaient à, Bois-le-Duc, la ville où il résidait. Les adeptes furent souvent affublés du sobriquet de turlupins. Le Jardin des Délices, ou « La fête des métamorphoses », plante le décor naturel de cette théosophie archaïque de la déesse-mère.

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Isis, la lignée des reines

Au XVIe siècle, les attributs d’Isis-Cléopâtre se retrouvent dans certaines toiles représentant Elisabeth Ire d’Angleterre (1533 – 1603). Celle que l’on nommait la « Reine Vierge » car elle ne se maria jamais, ni ne conçut d’enfants, mais eu une vie amoureuse, semble-t-il, des plus actives, régna sur l’Angleterre avec autorité et énergie pendant 45 ans, de 1558 à sa mort en 1603. Cette période de l’histoire est marquée par l’essor culturel, artistique, économique et financier de l’Angleterre.

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Le Saint Graal de la papesse

La papesse Jeanne serait un personnage légendaire qui, au ixe siècle, aurait accédé à la papauté en dissimulant son sexe féminin. Le franciscain Guillaume d’Ockham dénonce une intervention diabolique en la personne de Jeanne. De son côté, Luther témoigne avoir vu en 1510 un monument en l’honneur de la papesse, la représentant en habits pontificaux, un enfant à la main. Dans l’apocalypse de Saint Jean, le monstre matriarcal reviendra sous l’allégorie de la grande prostituée de Babylone, chevauchant sa bête immonde, tenant le Saint Graal Utérin, vénérée par toutes les nations, et qui sera terrassée par le retour du Christ et de sa mère, la sainte vierge Marie mère de Dieu…

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